Trois notes d’humeur sur la « vie » narbonnaise – et d’ailleurs !

Rue du Pont des Marchands.

Samedi matin, entre Halles et rue du Pont des Marchand. Le ciel est encore gris de hauts nuages. Un léger vent marin les pousse vers l’intérieur des terres. Au-dessus de ma tête, des goélands tournoient en altitude. Ils crient, raillent – pleurent ? On dirait des vautours réclamant leur pitance. Et l’image de l’un de cette espèce, lors d’une de mes balades sur l’ancien chemin de halage bordant la Robine, à peu près au même endroit, fondant sur une  bergeronnette pour la massacrer à coups de bec redoublés, féroces, s’impose brutalement à mon esprit. Plus tard, revenant sur mes pas, elle gisait là, au même endroit, le reste de ses entrailles exposées au soleil…

Samedi après-midi, 16 heures, place de l’hôtel de ville. Un ciel sans nuages ! À la terrasse d’un café, je goûte un beau soleil et observe les passants… qui passent. Trois ou quatre véhicules de la gendarmerie se garent sous le passage de l’Ancre. En descendent des hommes casqués et « armés ». Coups de trompes, cris … l’espace est envahi par des Gilets Jaunes. Trois drapeaux : un Occitan, un de la catalogne indépendante, un tricolore. Et puis, comme  un seul homme, un groupe compact au pied de la mairie s’écrie : « Aux armes ! », « Aux armes ! ». Et moi, en écho, de murmurer : « Quels cons ! ». Les mots n’ont plus de sens. Gazage, gueules cassées, dictature, violences policières, aux armes : ce champ sémantique colonise  les réseaux sociaux et certains secteurs médiatiques. Il déforme ainsi la perception de la réalité : c’est le procédé habituel utilisé par tous les démagogues, les « enfumeurs ». 16 heures 30, la place de l’hôtel de ville a retrouvé ses airs d’Italie… Il fait un peu plus frais !

Ai pêché cet aphorisme d’Oscar Wilde : « L’opinion publique est celle de ceux qui n’ont pas d’idées ».

Un maire et vice-président d’une communauté d’agglomération. Socialiste tendance révolutionnaire (c’est-à-dire hollandien !), il publie en rafale sur les réseaux sociaux. Il y pêche aussi tout ce qui peut nuire au Président de la République (c’est son droit !). Les eaux troubles l’attirent ! D’où il extirpe une comparaison entre l’Europe des 26 et l’Europe nazie. Ou se laisse aller à des commentaires du style « Pauvre type …Nous avons réellement à faire à un petit tout petit président… ». Un petit troupeau d’adorateurs le suit. Trop occupé dit-il : « je répond ou je post au feeling » (je laisse ses fautes d’orthographe). Que devrait-on dire alors de cette petite, toute petite et basse  image qu’il donne de sa fonction, de ses mandats et de ses responsabilités ?

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Commentaires (5)

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    Violeta Martinez Auriol

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    Merci pour ces billets qui ne sont pas que d ‘humeur . Ils m ‘apportent l ‘air du « pays  » qui m’a accueillie et tout ce qui fait l ‘ »air du temps  » aujourd’hui . Les mots n ‘ont plus de sens…et les gens non plus . Si vous venez au Festival de l ‘Histoire de l ‘art à Fontainebleau , vous pourrez écouter une table-ronde proposée par l ‘APHG sur  » Peuple/peuples/populisme » avec Bernard Gainot , grand spécialiste de la Révolution .

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      Michel Santo

      |

      Il m’arrive de monter à Paris ! Peut être donc ! Je ne connaissais pas Bernard Gainot ! Je vais voir sa bio. Merci ! Bonne fin de soirée !

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    Martinez

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    Cher Michel merci pour ce billet . Juste une petite remarque , il n’a jamais été inscrit dans la constitution qu’un élu devait être intelligent. …Ça se saurait.

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    Edelin

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    En cette période usante on manque beaucoup d' »images » prises, comme ici, avec un peu de recul: elle sont beaucoup plus vraies et justes que celles sur facebook.
    Merci!

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