Contre-Regards

par Michel SANTO

Une fin de journée d’été sur la plage, à Gruissan…

 

Hier en fin d’après midi, quand le soleil perd de sa superbe et les vacanciers  quittent la plage. À quelques jets de parasols, un homme et une femme face à la mer,  assis sur des fauteuils en toile plastifiée. Elle, plus haute perchée, à l’abri d’une visière à “l’américaine”, plongée dans ses “mots fléchés” ; lui, presque au ras du sol, la tête et le haut de son corps sous une serviette informe et décolorée. Son coude  droit seulement s’agitait : il tapotait son portable ! Plus tard, sans un mot, ni un regard vers le large, leurs sièges désaccordés précautionneusement pliés et leurs maigres affaires sagement rangées, ils ont quitté les lieux d’une démarche lente et lourde. Sans âge, ils paraissaient très vieux. La mer était  pourtant belle : poussées par une légère brise marine, ses vagues, en fin de course, faisaient entendre leurs derniers soupirs sur une grève mélancoliquement lêchée… Plus loin, une bande de très jeunes enfants jouaient, riaient. Ils se jetaient des boules de sable mouillé, malaxées et durcies entre leurs mains. Tapissés d’éclats de couleur brique, ils s’en débarrassaient en plongeant et criant dans une mer chaude et calme… À cette heure où le temps s’étire, à la limite des eaux de baignade fixée par une ligne de bouée jaunes largement espacées, devant l’une d’entre elles, comme d’habitude, deux goélands viendront doucement s’y poser… Ils attendront que la plage se vide pour l’occuper à leur tour et y glaner quelques restes de nourritures négligemment abandonnées. Plus tard aussi, une bande de ciel cuivrée couronnera le masse compacte et grise de la Clape… Il sera temps de rentrer !

 

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