Contre-Regards

par Michel SANTO

Vivre avec le vent – estival, notamment – : un art de vivre ! |Contre-regard.com

olivier-moreno

Poste de surveillance de Port la Nouvelle.


Samedi ! Enfin une journée de répit. Du soleil, comme toujours ou presque, et une légère brise marine, comme jamais depuis des semaines. Des journées entières à subir un vent du Nord Ouest soufflant par rafales à 70/80 km/h. Et des plages du littoral audois ordinairement bondées transformées en champs de sable désertiques, la douce Méditerranée en glaciale mer Arctique, les bistrots de la côte en «cabines de protections», les touristes – désespérés ! – en zombies décoiffés, les autochtones – rigolards ! – en moines cloîtrés, le massif de la Clape – et d’ailleurs – en parc verrouillé, les églises et chapelles en havres de fraîcheur, les centres-villes en “chaudrons” orientaux, les marchands de glaces en vendeurs de « soupes » crémées… Un vent pourtant récemment présenté à grand tambour comme une chance pour l’économie locale – les éoliennes tournent à grande vitesse, il est vrai, et les surfeurs glissent, en effet, toute l’année ! –, mais aux conséquences dévastatrices pour le tourisme, l’été. Une chance peu goûtée par des résidents occasionnels venus en masse sur nos côtes ensoleillées, d’abord – pour ne pas dire seulement – pour s’allonger sous leurs parasols, non pour les voir s’envoler vers un horizon proche ou embrocher certains voisins inattentifs. Car on a beau vanter, dans nos cercles politiques, le vent comme une source généreuse et gratuite de revenus, cet été – jusqu’à la mi-août en tout cas –, il fut au contraire un véritable fléau à assécher des bourses, déjà pauvrement garnies. Et de me dire, à l’ombre bienheureuse d’une terrasse rafraîchie par un divin “marin”, que le meilleur marketing du monde ne pourra jamais que sublimer – au mieux – un fatalisme natif qui nous commande de savoir vivre avec les vents souvent impétueux, propres à nos contrées languedociennes. Tout un art – difficile !


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Commentaires (3)

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    Le Maître G.

    |

    Bien résumé le climat languedocien et surtout particulièrement le Narbonnais, reflet de cette région si attachante mais si dure, qui n’existe que grâce à la célèbre Tramontane parmi tous ses vents qui la font vivre, sans çette Tramontane elle ne serait pas, elle n’aurait pas ce caractère si particulier et ses paysages si exceptionnels comme ses produits du terroir et notemment ses multiples appellations vinicoles qui ne doivent leur renommée que grâce à ce climat si particulier justement.
    Peut être aussi que son histoire romaine si riche est aussi le fruit de ce climat unique.

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    VIALLE Jean-Pierre

    |

    Je ne suis pas certain que le thème “Vent” soit un thème attractif et commercialement valorisant pour notre territoire
    Les touristes chargés de famille et d’enfants été écartés à la fois de la plage et des randos à pied ou à vélo, des pique-niques dans nos massifs boisés par cette Tramontane. Et bien peu d’alternatives durables s’offrent à ces familles et surtout aux enfants et sont présentés sur nos dépliants touristiques. Il est difficile de passionner les gamins de 8-10 ans voire moins avec des visites de musées, d’abbayes ou de châteaux…Surtout quand cette recherche d’alternatives intéressant ces petits devient durable et quotidienne pour les parents…La communication des institutions parle peu ou pas de ces loisirs non culturels recherchés par les familles avec enfants, souvent se sacrifiant pour une semaine de congés…le coût d’entrée des piscines peut être un frein, quelles pistes cyclables pouvons nous proposer…J’ai malheureusement entendu des parents dire : on ne reviendra plus..
    Alors bien sûr le vent attire des passionnés de Kite, de planches à voile…tiens on en voit de moins en moins! Un loisir disparu…Mais qu’avons nous à leur proposer ? Des étangs, une plage de Vieille Nouvelle dorénavant interdite et les sites de Leucate..
    Aucune entreprise de fabrication de ces Planches ou Kite ne s’est installée…elles sont toutes à ce jour sur la côte atlantique, et les rares entreprises de fabrication de bateaux que j’ai eu l’occasion d’accompagner dans ma vie professionnelle ont toutes été emportées par les vents concurrence, manque de fonds propres, manque de résultat, problèmes récurrents de trésorerie….
    Qu’avons sous comme emplacements disponibles sur les zones portuaires pour accueillir une entreprise? Bien peu de place, à moins que mes souvenirs soient anciens
    Et qu’attendre de ces passionnés de Kite et autres sports, nombreux sont ceux qui baba-cools ou cadres se déplacent le plus souvent en camping-car, de spots en spot, quelques jours par ci, quelques jours par là. Oui, ils consomment, dans nos grands surfaces, mais ils ont besoin en retour d’équipement d’accueils, d’aires pour leurs véhicules, d’investissements publics.
    Alors en conclusion, il faut présenter, organiser et animer ces espaces alternatifs permettant aux familles, partie importante de notre clientèle touristique, de s’occuper malgré le vent.. Et ce malgré est important, tout le monde n’aime pas le vent, ce “vent repoussoir” .
    Et communiquer sur le “vent plaisir” uniquement sur les supports intéressant ces passionnés
    Il faut plutôt avoir une stratégie durable à la fois commerciale, d’animation et d’investissement tenant compte de cet atout et de cet handicap -selon nos visiteurs- qu’est le vent. Le “malgré” est important !

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