Contre-Regards

par Michel SANTO

Alarme sur les finances des collectivités locales…

Depenses_recettes_Fotolia

La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme sur les finances des collectivités locales dans son troisième rapport annuel sur le sujet publié mardi. La diminution de 10,75 milliards de la dotation globale de fonctionnement (DGF) allouée par l’Etat de 2015 à 2017 s’annonce difficilement absorbable. En tout cas si elle est poursuivie selon la logique actuelle, c’est-à-dire au prorata des recettes respectives des communes, départements et régions, avertissent les magistrats de la Rue de Cambon.

L’État justifie l’ampleur de l’effort demandé aux collectivités locales par leur poids dans la dépense publique, soit 20 % du total. Elles doivent donc assumer à peu près 20 % du plan d’économies de 50 milliards, dont 3,7 milliards par an en 2016 et en 2017.

Mais si les collectivités locales n’ont pas le droit de s’endetter pour financer leurs dépenses de fonctionnement, elles ont une nouvelle fois été obligées de puiser dans leur épargne (excédent) pour équilibrer leurs comptes en 2014. La faute à des dépenses qui ont augmenté plus vite (+ 2,2 %) que leurs recettes (+ 1,3 %) pour la troisième année consécutive. Les dépenses de rémunérations des fonctionnaires, notamment, ont bondi de 4 %, encore plus rapidement qu’en 2012 et en 2013. Résultat, les collectivités peuvent moins compter sur leur épargne pour emprunter et financer ainsi leurs dépenses d’investissement. Celles-ci ont reculé de 9,8 % l’année dernière.

Le gouvernement fait, de son côté, valoir que le mauvais chiffre de l’investissement est lié au “cycle électoral” : juste après les élections municipales, les maires ont sans surprise gelé leurs projets d’investissement.

Selon les magistrats, l’objectif d’évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités fixé par l’État (2,2 % en 2016 et 1,9 % en 2017) pourrait, en effet, se révéler très difficile à tenir. Depuis 2011, ces dépenses ont, en effet, augmenté de 2,8 % en moyenne… Si ce rythme devait se poursuivre de 2015 à 2017, les collectivités seraient obligées de tailler dans leur investissement à hauteur de 7,6 % en 2015, de 1,9 % en 2016 et de 1,6 % en 2017 pour réduire leurs dépenses, alors que l’État mise sur une reprise de l’investissement pour soutenir la croissance, surtout à partir de 2016 ! L’examen des budgets des villes de plus de 100 000 habitants réalisé par les magistrats de la Rue de Cambon montre qu’elles actionnent effectivement ce levier : au moins 20 d’entre elles ont prévu de réduire leur investissement de 15 % cette année !

La Cour des comptes rappelle donc aux collectivités locales leur devoir de maîtriser leurs dépenses de fonctionnement. Elles doivent, en premier lieu, agir sur leur masse salariale, qui représente 35 % des dépenses de fonctionnement et jusqu’à 50 % dans le bloc communalPour cela, les magistrats leur recommandent de s’attaquer aux durées de travail effectives inférieures à 35 heures, à l’absentéisme ou au “recours excessif aux heures supplémentaires”. Ils jugent aussi incontournable le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Elles doivent aussi accélérer les mutualisations (par exemple pour effectuer des achats publics). Enfin, la Cour des comptes leur demande de se montrer plus sélectives dans leurs choix d’investissement. Comme je ne cesse de l’écrire dans mes billets relatifs aux politiques fiscales des collectivités locales et intercommunalités de ma région, notamment. (lien)

 

Mots-clefs : , , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

Narbonne ! Municipales 2020 : Quelques remarques sur la polémique entre Bertrand Malquier et Nicolas Sainte Cluque

Narbonne ! Municipales 2020 : Quelques remarques sur la polémique entre Bertrand Malquier et Nicolas

  Narbonne. Hôtel de ville.  Bertrand Malquier accuse Nicolas Sainte Cluque de plagiat, le second prétendant le contraire. Le sujet de la polémique étant « l’aménagement des berges de la Ro[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales 2020 : Transferts politiques croisés et brouillages idéologiques…

Narbonne ! Municipales 2020 : Transferts politiques croisés et brouillages idéologiques…

  Narbonne. Hôtel de ville.  Nous n’aurons jamais vu autant de « transferts » politiques croisés que dans cette dernière « campagne » des municipales. Impossible ici d’en dresser la liste c[Lire la suite]
Quelques notes prises  au fil des jours…

Quelques notes prises au fil des jours…

    Ai noté ceci : Le 4 février : Toujours du grand Jules Renard, dans son journal : «Il y a des gens qui, toute leur vie, se contentent de dire : « Évidemment ! Parfaitement ! C'est ho[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

        L’on ne saurait reprocher aux communistes narbonnais de la constance dans l’expression publique de leur stratégie politique. Pour eux, l’apolitisme – le terme apa[Lire la suite]
Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond sentiment d’hostilité envers mes semblables…

Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond se

            Il est 10 heures 30, ce matin. À travers la grande baie de mon bureau surplombant les toits, la place et les rues qui font ma géographie quoti[Lire la suite]
Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire ?

Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire

    Ce qu’a fait Monsieur Griveaux, alors qu’il occupait les fonctions de porte-parole du gouvernement, rattaché au Premier ministre : réaliser une vidéo révélant ses parties intimes à un[Lire la suite]
  
2006-2020 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio