Nous vivons une véritable révolution démocratique !

   
 

Les Français ont parfaitement intégré l’idée, depuis l’instauration du quinquennat, que la seule élection qui comptait était l’élection présidentielle. Et ils en tirent deux conséquences. La première est de donner au Président nouvellement élu, aux législatives suivantes, une majorité conséquente ou absolue à l’Assemblée. La seconde, pour une grande partie des électeurs, surtout ceux des partis perdants, à ces mêmes législatives, une forte abstention.

Le bing bang politique de dimanche ne sera pas le résultat d’un complot, d’une macromania ou de l’inculture des « masses »…

Un de mes lecteurs me faisait récemment le procès d’un parti pris idéologique et politique en faveur d’Emmanuel Macron et des candidats de la République En Marche. Notamment parce que j’invoquais, dans un de mes derniers billets, « l’intelligence collective des électeurs », pour anticiper, comme l’indiquent tous les sondages publiés récemment, une majorité écrasante des candidats de la majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale.

Je regarde souvent la rue où je vais comme si…

 

Je regarde souvent la rue où je vais comme si

J’avais depuis longtemps quitté l’émouvante surface

Du monde pour l’autre côté sans fond qui nous efface

Un jour ou l’autre sans retour mais libres de souci.

Je m’applique assez bien à ce délicat exercice

Pour que très vite mon regard cesse d’appartenir

A l’amas nuageux d’espérance et de souvenir

Auquel j’aurai donné mon nom…

Jacques Réda : « La course : Nouvelles poésies itinérantes et familières 1993-1998 ». Éditions Gallimard, 1999. Page 11 « Un citadin »…

Illustration     :  Photo prise dans une rue de Gruissan  avec mon Iphone 6S .

À part les journalistes, l’affaire Ferrand n’intéresse personne… et fait pschitt !

La corporation des journalistes – de certains, soyons précis – semble faire la gueule. La mayonnaise de « l’affaire » Ferrand ne monte pas ! L’opinion publique est en effet indifférente ; son impact politique, selon les sondages, semble nul, les ventes au numéro restent stables et le buzz fait pschitt… Tout se passe comme si le cas en question n’intéressait que les journalistes. Des journaliste – pas tous fort heureusement ! – qui, il est vrai, on souvent tendance à confondre les faits avec leur jugement sur les faits, quand ils ne les colorent pas de leur propre opinion.

Narbonne ! Le château tend la main aux chaumières…

Nous venons de vivre, dans ma petite ville qui se veut grande, une séquence politique hallucinante. Son maire en avait écrit le scénario, choisi les acteurs, assuré la mise en scène, retenu le lieu de sa présentation aux médias et exposé son  script dans sa lettre adressée aux candidats aux législatives. Lettre dans laquelle il leur demandait de se prononcer sur l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance et la réalisation d’une salle multimodale ainsi que les actions qu’ils entendaient conduire pour aller chercher des subventions auprès de l’État et des collectivités locales. Ainsi a-t-on vu défiler au château, reçus par son locataire en présence de représentants de la presse locale, des députés virtuels censés représenter la Nation  tout entière et participer à l’élaboration de la loi commune, se comporter, de fait, et symboliquement à tout le moins, comme de « vulgaires » sous-traitants  du premier magistrat de la plus importante commune de la circonscription . Et pour lui dire quoi, au fait ? « Qu’on soutiendra tout dossier qui sera consensuel », comme vient de le proclamer l’un des candidats députés (en l’occurrence une candidate !). Comme si un député avait à se prononcer sur le financement d’équipements municipaux en se proposant d’en négocier les montants auprès d’autres collectivités. Bref ! ce cérémonial était d’une affligeante bêtise politique ; et révélateur pour ceux qui l’ont organisé et y ont participé d’une conception clientéliste du rôle et de l’action  d’un député de la République. De la vieille politique orchestrée par le maire de Narbonne qui finalement a imposé son tempo afin, en se plaçant au centre du jeu, d’en tirer le maximum de bénéfices politiques. De ce point de vue, son film est une réussite, mais pour la clarté du rôle des uns et des autres et la dignité des acteurs en présence, je pensais plutôt à une nouvelle de Maupassant. On y voit souvent en effet « le château tendre la main aux chaumières »…

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