𝐅𝐢𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐩𝐞𝐫𝐭𝐬 : 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐚𝐮 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞.

Quel spectacle magnifique. Toute la presse nationale, régionale, en ligne, en papier, en push, en story, en bandeau urgent s’est soudain souvenue de l’existence d’un phénomène politique inédit : Patrick Sébastien.

La Montagne, Marianne, La Voix du Nord, Sud Ouest, La Dépêche… À ce rythme, même La Revue des Orchidées de La Clape va nous sortir un dossier spécial : Patrick, l’homme qui représentait les Français comme personne.

On ne sait plus où donner de l’œil :

Patrick sur scène.

Patrick en chemise hawaïenne.

Patrick en veste bleu électrique.

Patrick au micro.

Patrick avec des lasers derrière lui, façon meeting intergalactique.

Patrick en mode : Je ne veux pas me présenter, je veux vous représenter. Un slogan qui fera date.

Et les médias, ravis, foncent tête baissée.

Faut dire que ça change des éditos trop compliqués, ça ne nécessite pas d’enquête, et ça garantit des clics : une vraie opération surf-médiatique.

L’important, ce n’est pas ce qu’il dit, mais qu’il parle. Et qu’une photo sympa illustre l’article, si possible avec un projecteur jaune derrière et un bras levé.

Bref : bravo aux rédactions.

Vous avez su discerner ce que d’autres, trop snobs ou trop occupés à lire, avaient manqué : le génie politique à l’état sauvage. Non poli. Non filtré. Authentique, comme une fête de village ou une blague de vestiaire.

On respire mieux, maintenant. La République aussi, sans doute.

Les prédateurs du Midi.

Midi Libre n’a jamais été un journal tranquille. Il est né dans l’après-guerre, dans la poussière des imprimeries que l’on secoue comme on secoue une démocratie neuve. Il portait haut les couleurs d’un Sud qui croyait encore au courage des hommes et aux mots simples. Puis le temps a passé. Et les prédateurs sont arrivés.

𝐋𝐞 𝐦𝐢𝐫𝐨𝐢𝐫 𝐜𝐡𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧.

Étrange silence. Le Chili vote, un candidat d’extrême droite frôle la première place au premier tour de cette présidentielle et chez nous… rien. Quelques lignes à peine dans mon journal régional. Comme si ce qui se passe là-bas ne nous concernait pas.

Pourtant, le Chili raconte exactement ce que nous vivons : peur, colère, lassitude du politique. Là-bas, deux mots dominent la campagne : criminalité et immigration. Ici aussi.

José Antonio Kast semble donc pouvoir l’emporter contre la candidate de gauche Jeannette Jara. D’autant, qu’en parallèle, de ce premier tour, hier, la droite a remporté la majorité au Parlement et au Sénat chilien. Et nous lisons ça comme une note de service. Comme si l’extrême droite au pouvoir n’était plus un choc mais une option de menu.

On se croit immunisés, protégés par l’histoire. Illusion. L’Amérique latine nous ressemble trop pour qu’on la regarde sans frisson. Quand la démocratie ne répond plus à l’angoisse quotidienne, le reste suit.

Le Chili vote. L’Europe détourne les yeux. Mais derrière ce scrutin, c’est notre futur qui se reflète. En plus lointain, à peine déformé.

La question n’est pas de savoir ce que feront les Chiliens le 14 décembre. La question est : combien de temps avant que la même scène se joue chez nous.

En pleine lumière, sans que personne ne feigne la surprise ?

𝐀̀ 𝐁𝐞́𝐳𝐢𝐞𝐫𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐠𝐧𝐞𝐫𝐨𝐧𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐞𝐥 !

Cinq mille viticulteurs descendent sur Béziers aujourd’hui. Ils veulent sauver la viticulture. Ils réclament des primes pour arracher, des subventions pour distiller, des aides à la reconversion, des reports de dettes, des ristournes sur l’électricité, des compensations sur le gazole.

La liste est longue. Trop longue.

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