Griggio dresse ses totems comme on réveille une mémoire endormie.
Serge Griggio n’embellit pas, il révèle. Ses totems, dressés près de l’ancien lavoir, redonnent vie à un lieu qu’on croyait perdu.
Serge Griggio n’embellit pas, il révèle. Ses totems, dressés près de l’ancien lavoir, redonnent vie à un lieu qu’on croyait perdu.

4h45 du matin. Devant ma cabane. Rien ne bouge. Le vent est tombé. Le monde dort.La tasse est chaude dans ma main. Je crois être immobile. Comme les étoiles. Mais c’est faux.

On croit que l’intelligence protège de la bêtise. C’est faux. Elle la décuple. Elle la fait briller. Elle lui donne des allures de vérité.

Il était dans un coin de ma cabane. Parmi d’autres livres attendant d’être lus. L’inondation est un très court roman, moins de soixante pages, de Evgueni Zamiatine. Son dernier texte publié – en 1929 – avant l’exil.

Ah, l’acétamipride… Cette molécule a au moins un mérite : elle fait pousser les indignations comme du chiendent. Dernière récolte en date : le Conseil constitutionnel serait sorti de son rôle, se prenant pour une académie des sciences, et confisquant la voix du peuple. Excusez du peu : ce n’est plus le gouvernement des juges, mais leur impérialisme !

Je me méfie toujours des livres fraîchement parus, ces œuvres que la rumeur critique, souvent complaisante, encense ou démolit sans recul. Trop de bruit, trop d’échos parasites. J’attends que le temps fasse son œuvre, qu’il trie, qu’il efface ou qu’il consacre.

Et comme à chaque catastrophe de cette ampleur, surgissent, sur les plateaux, les réseaux et les tribunes, les experts autoproclamés du « il n’y a qu’à… », sûrs de leurs certitudes, prompts à transformer la complexité en slogans.

Le feu au loin.
De ma terrasse, en plein cœur de ville, l’image d’un bombardement.
Pas un bruit, pas d’explosion. Juste un ciel zébré d’étranges nuées. Un immense amas de fumée noire, qui monte lentement. Comme un monstre.

Sa 2.08.2025
Humeur : Mots mitraillettes.
Il suffit d’un mot. Un seul. Lâché comme un crachat.
Raciste. Fasciste. Génocideur. Affameur. Apartheid. Ghetto…
Chaque jour, les mêmes salves. Les mêmes rafales. Tir groupé.

Lucien Fabre.
Un nom qu’on croit inventé. Et pourtant.
Goncourté, publié chez Gallimard, ami de Valéry, en délicatesse avec Einstein, flingué par Gide, haï par Aragon, courtisé par Blum, puis… effacé. Rayé des mémoires. Un de ces météores de la IIIe République qui brillent dans tous les sens avant de se consumer sans bruit.

Soudé à la paume des ados. Il vibre, clignote, alerte. Il est tout. Sauf un téléphone.

Ve 25 .07.2025 Il y a chez Renard une phrase : « Le papillon : une fleur qui vole de fleur en fleur. » On lit ça. On s’arrête. On relève les yeux. Le monde est un peu plus léger.…