𝐋’𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐞𝐥.

Les affiches fleurissent.
Les candidats promettent.

Les affiches fleurissent.
Les candidats promettent.

Ils augmenteront le pouvoir d’achat, réduiront la dette, fermeront les frontières ou les ouvriront davantage. Ils rétabliront l’ordre. Refonderont la République.

À les écouter, tout semble simple.
Il suffirait d’élire le bon candidat.

Puis vient le lendemain.

Le président est élu. Les caméras se détournent. Les commentateurs cherchent déjà les gagnants et les perdants.
Le réel, lui, attend.

Une majorité à construire. Des alliés à convaincre. Des adversaires à ménager. Des députés à compter.

Car les promesses rencontrent les finances publiques. Les slogans rencontrent les traités. Les certitudes rencontrent l’Assemblée.

Puis viennent le Sénat, le Conseil constitutionnel, les administrations, les procédures.

Les institutions ne s’effacent pas devant un discours de victoire.
Alors les promesses rétrécissent.
Les compromis s’accumulent.
Et la déception s’installe.

Certains parlent de trahison. D’autres d’impuissance.

C’est souvent autre chose : la découverte tardive que le pouvoir n’est jamais celui d’un seul homme ni d’un seul parti.

Une campagne raconte ce qui pourrait être.
Le gouvernement découvre ce qui est.

Les discours gagnent les élections.
Les majorités gouvernent.

On l’oublie à chaque campagne.