« Et au milieu coule une rivière. » Hier soir sur Arte. Une voix off, grave, douce, mélancolique. Celle du fils aîné. Elle rythme le récit comme l’eau qui passe. L’histoire est simple. Deux frères. Un père pasteur. Le Montana des années vingt. La pêche à la mouche. Et derrière tout cela, la vie qui file.
Out of Africa. Le film a vieilli. Mais il tient. La lumière du Kenya. Le vent dans les herbes. Deux silhouettes dans l’infini : Meryl Streep, grave. Robert Redford, solaire. Il ne joue pas. Il est. Aviateur. Amant.
Un mois et demi au moins que les médias ne parlaient que de ça. Et que LFI misait sur la prise de l’Élysée. Finalement, le 10 septembre, rien n’a été bloqué. Ou si peu. Et vite dégagé.
Géraldine m’attendait. On aurait dit une adolescente. Menue. Jolie. Ses yeux brillaient comme si elle partait en vacances. Elle est chirurgienne.
Elle m’attendait pour m’arracher une dent de sagesse. « Énorme ! » m’a-t-elle dit, ravie, en la désignant. Comme si c’était un caillou trouvé sur la plage.
Puis vint la chaise. La position allongée. Le projecteur. La lumière aveuglante. Le métal froid des instruments.
Le bruit sec des os qui craquent. Comme un marteau-piqueur dans la bouche. Une heure à transpirer, les poings serrés.
Chez moi, deux heures plus tard. Dans le noir. La douleur montait malgré les cachets. Elle était dans la chair, dans le temps qui ne passe pas.
Le front pesait lourd. J’ai fermé les yeux. Pour rien.
Le soir, la douleur s’est arrêtée. Immobile. Comme un chien couché. Les médicaments faisaient effet. La tête cognait encore, un tambour sourd.
La nuit passa sans sommeil. Les heures lentes, interminables. Le corps voulait sombrer. Les yeux restaient ouverts.
À l’aube, tout s’est arrêté. La douleur s’était enfuie. Restait la fatigue. Lourde. Comme un sac de pierres.
J’ai bu un café. Il était tiède. Mauvais. Mais c’était un café. La journée commençait.
La salle est blanche, clinique. Elle est assise, une bulle de plastique et d’ondes sur les oreilles. Quinze ans, peut-être. Son pouce balaie l’écran du téléphone. Le monde s’arrête […]
𝐋’𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐜𝐚𝐧𝐨-𝐢𝐬𝐫𝐚𝐞́𝐥𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐭𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞. Sur le fil de BFM TV, je lis ceci, signé Jean-Noël Barrot :« L’intervention décidée unilatéralement par Israël et les États-Unis […]