Hollande fait une politique de droite, et alors !
J’ironise sur François Hollande, il est vrai, mais les esprits subtils auront quand même relevé que je ne cesse de noter son orientation libérale et européenne. Pour le dire de manière encore plus nette, il entraîne ses troupes et ses alliés sur des chemins de réformes que la droite au pouvoir n’auraient pu prendre par peur d’une explosion sociale et installe, dans la conscience sociale et politique de ses électeurs, un ensemble de thèmes et de pratiques considérés jusqu’ici comme appartenant au seul patrimoine de la » réaction » . Je n’en ferai pas ici la liste, mais, du pacte budgétaire à la limitation des déficits publics, la liste est impressionnante. Et puis souvenons nous que le PS défilait avec tous les syndicats pour s’opposer à toute réforme du système des retraites, après avoir contesté celle des régimes spéciaux… et qu’ Hollande aujourd’hui affirme qu’il la menera à son terme; et ce dans la suite logique de son prédécesseur à quelques petites variantes près. Sa dernière conférence de presse, inaugurale de l’an II, confirme cette orientation tout entière marquée du sceau de l’orthodoxie delorienne ( une tradition de centre-gauche penchant tout de même du côté droit! ) Sa majorité tangue et ses électeurs se rebiffent, mais la première n’a pas d’autres choix que de suivre son chef, et les seconds d’attendre les municipales pour éventuellement manifester leur mauvaise humeur. Plus crument encore, Hollande fait le sale boulot et la droite fait semblant de s’opposer. C’est de bonne guerre: elle est dans son rôle ! mais la véritable opposition est incontestablement du côté de Mélenchon! Au final, l’intérêt de l’UMP et de ses alliés ( et du pays…) est que la ligne Hollandienne soit consolidée; elle en tirerait de substantiels bénéfices si, par hypothèse, elle accédait au pouvoir dans trois ans…






