𝐋’𝐢𝐧𝐭𝐫𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐦𝐞𝐬.

Quatre-vingt-quatorze minutes de vide. Une salle pleine, une rangée sans issue et une montre qui clignote dans le noir. Parfois, le cinéma « Art et Essai » ressemble à une condamnation.

Quatre-vingt-quatorze minutes de vide. Une salle pleine, une rangée sans issue et une montre qui clignote dans le noir. Parfois, le cinéma « Art et Essai » ressemble à une condamnation.

À Montpellier, Paris ou Avignon, des cadres écologistes quittent les rangs. Ils rejoignent La France insoumise. Ce n'est plus une anecdote, c'est une hémorragie.

Da Empoli poursuit son inventaire. Après le chaos et le mage, voici les prédateurs.

Au procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty, un avocat a parlé. Il n’a pas défendu. Il a sali. Dans le prétoire, lieu de droit et de mesure, l'infâme a trouvé une voix.

Les rayons craquent. Ce n’est plus de la littérature, c’est une offensive. En France, la librairie est devenue un champ de tir.
Davos n’a pas fait « reculer » Donald Trump. Il a simplement rappelé que l’Europe parle quand l’Amérique décide.
L’Union européenne reste structurellement dépendante. Militairement d’abord. Sans les États-Unis, l’Ukraine ne tient pas. Les faits sont là : Zelenski négocie aujourd’hui un cessez-le-feu à Abou Dhabi avec Washington et Moscou, pas avec Bruxelles.

L'Europe s'efface derrière ses dossiers. Un document vient de paraître, préparé en vue d'un sommet informel de l'UE en février. Berlin et Rome y parlent d'une seule voix. C'est un constat sur nos propres murs.

Dans un journal local. Une ville parmi d’autres. Le candidat de la gauche unie parle. On lit sa déclaration. On n’y trouve que des vieux mots. Accuser le maire de gouverner pour un « carré d’amis » appartient au décor usé. Ces phrases font du bruit, mais ne décrivent rien.

L’Union européenne n’est pas lente. Elle hésite. Roberta Metsola, présidente du Parlement, réclame le classement des Gardiens de la révolution parmi les terroristes. Elle est seule. Aucun chef d’État ne porte sa voix. Ce n'est pas de l'audace. C'est un aveu de solitude.

L’article est dans L’Indépendant. La décision de Sophie Courrière-Calmon ne m'étonne pas. Nous nous sommes croisés en ville. À ses mots, à ses silences, on devinait sa route. Pas une rupture. Un glissement.

Borges rappelle une chose que notre époque pressée feint d’avoir oubliée : lire un livre ancien, ce n’est pas consulter un objet daté, c’est traverser le temps. C’est mesurer, phrase après phrase, la distance qui nous sépare de celui qui a écrit et découvrir, parfois avec stupeur, qu’elle n’est pas si grande.

Sur les plateaux, les intellectuels ajustent leurs cravates. Sur Facebook, les amis postent leurs colères. Le sujet est fixe : Trump.