De l’inconvenance morale et politique.

Afficher l'image en taille réelleComme le dit si bien Guillaume Goubert, dans son éditorial : « L’accession de Jean Sarkozy à la présidence du conseil d’administration de l’institution qui gère le plus important quartier d’affaires d’Europe n’aura rien d’un crime. Elle n’enfreindra aucune loi. Elle sera juste inconvenante. » Rien d’illégal, en effet, dans cette affaire qui sans doute fait l’objet de critiques excessives. Mais quand même, qui peut penser qu’à 23 ans le fils du Président aura la distance et le recul nécessaire à l’exercice de ce genre de responsabilités ? Personne. Sauf à objecter que dans les faits l’EPAD est géré par un Directeur Général (sans doute un polytechnicien ingénieur des Ponts) à la compétence avérée. Ce qui reviendrait à dire que cette Présidence n’est qu’un fauteuil de complaisance et un tremplin politique. Pour d’autres ambitions… Ce qui serait doublement inconvenant ! Mais ce que révèle cette affaire, après celle de Mitterrand-Polanski, c’est l’inaptitude mentale de certains de nos élus à prendre en considération la part du « symbolique » dans la gestion de la Cité. Comme si nos concitoyens ne « vivaient » qu’en fonction de l’évolution de la courbe du chômage ou du nombre de TGV mis en circulation. Comme si les « valeurs » (je sais, c’est un gros mot pour certains esprits…) étaient toutes relatives et nos élus des hommes comme tous les autres. Eh bien non ! A l’heure des bilans, ils auront aussi à rendre compte sur cette partie là, certes « immatérielle », de leur action. Dans un contexte économique et social, où les marges de manœuvres, pour toute coalition au pouvoir, sont quasi nulles, j’ai tendance à penser que les français se détermineront plus sur ces questions que sur des points de PIB. En Languedoc-Roussillon tout autant, où gouverne encore l’icône même de l’inconvenance morale et politique.  

« Touche pas à mon cumul! »

«Le non cumul des mandats, tout le monde en parle, tout le monde le réclame (plus de 70 % de votes favorables lors de la dernière consultation du PS début octobre et une proposition de loi à l’Assemblée déposée par l’UMP en juin), et pourtant personne n’en veut.» En Languedoc-Roussillon, comme partout en France où seuls 68 députés et 68 sénateurs n’ont qu’un seul mandat.

Un petit hommage à Gérard Bobillier.

bobillierLe directeur et fondateur des Editions Verdier, à Lagrasse, Gérard Bobillier, est mort, lundi. Je ne le connaissais pas et sa disparition me rend pourtant très triste. Je ne le connaissais pas mais ma bibliothèque est pleine de ses livres. Quand Gil Jouanard et Anne Potié, des amis chers, dirigeaient le Centre Régional des Lettres de Montpellier, je me rendais régulièrement dans leurs locaux pour me plonger dans les cartons remplis des nouvelles éditions que leur adressait Gérard Bobillier. Que d’heures passées à feuilleter et  lire, seul, dans cette grande pièce à l’odeur prégnante de papier…Et que d’auteurs découverts en ces occasions : Bergougnioux, Michon, Delibes, Llamazares… Erri de Luca et son « Une fois, un jour » que je ne quitte plus depuis et qui après quelques années de prison est devenu maçon pour gagner sa vie. Un maçon qui, tout au long de ses années de vie d’ouvrier, feuilletait « les Saintes Ecritures et leur hébreu ancien une heure avant de partir au travail. » (Première heure. Rivages poche page 7) «  en homme qui ne croit pas », sans être pour autant athée… Pour y constater que le métier de maçon y était même un titre honorifique, comme le prouve le prophète Isaïe lorsqu’il écrit à propos d’un homme juste : « Et je t’appellerai maçon de brèche, celui qui répare les chemins pour vivre. (Is 58,2) » (Page 18). Gérard Bobillier était lui aussi du métier, si je puis dire. Il lui en a fallu en effet du courage et de l’obstination pour construire, au cœur des Corbières, loin des bavardages mondains et médiatiques, une «  maison » qui «  refusait obstinément – et quoi qu’il lui en coûtât – la pénombre de la Caverne et le jeu des apparences trompeuses… pour s’approcher de la lumière des idées »

La mort du Département? Chiche!


 J’imagine que ce que je lis dans la presse locale , après chaque réunion de l’Assemblée Départementale de l’Aude (un compte rendu tout juste paraphrasé du dossier de presse remis par le service communication de ladite aux journalistes de corvée) ne doit pas être très différent en Corse et dans la Haute Vienne. En gros : « l’Etat ne fait et ne finance plus rien, il nous transfère des compétences sans les compenser ; et si on augmente les impôts ce n’est pas de notre faute mais de la sienne (CQFD) » Un grand classique de la politique politicienne : on s’attribue le positif et on s’exonère de ce qui fâche en l’attribuant à l’Autre, le malfaisant, l’ignoble, bref l’Etat, ce monstre froid et sans âme. Sauf que l’Etat n’est pour rien dans l’intervention des Départements, comme des Régions d’ailleurs, dans des domaines qui ne relèvent pas de leurs compétences règlementaires (la liste serait trop fastidieuse à établir …) comme il ne les oblige pas à augmenter de manière inconséquente les dotations qui leur alloue  en compensation de ses transferts. Ne parlons même pas des augmentations d’effectifs directs et indirects inversement proportionnelles aux diminutions de ceux de l’Etat.
Un des mérites de la crise des finances publiques et de mettre en évidence ces réalités longtemps occultés par l’idéologie de la «  bonne gouvernance démocratique de proximité ». La fin du mille-feuille administratif français devrait donc figurer à l’ordre du jour de tout gouvernement, l’actuel comme les futurs notre pays vivant en la matière largement au dessus de ses moyens.  Une situation qui fait dire à Marcel Raynaud, président du conseil général de l’Aude et sénateur de surcroît, que si les réformes gouvernementales concernant la fiscalité et les collectivités territoriales sont mises en application, la  » disparition du Département  » est assurée. Eh bien tant mieux et le plus vite sera encore le mieux !

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