Contre-Regards

par Michel SANTO

Ténébreuses réserves !

 

 

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Réserve ! comme parlementaire . D’un montant de 90 millions d’euros par an, à l’assemblée, cette somme est discrètement « répartie » entre les députés pour leur permettre de financer des projets développés par des associations et des  collectivités locales. Soyons précis, pas d’enveloppes remplies d’euros à distribuer aux amis politiques ou à des clientèles électorales, mais le pouvoir de les cultiver en les faisant arroser  par les Ministères intéressés. Foin de fantasmes donc, mais un clientélisme en catimini institutionnalisé. Ajoutons que cette obscure distribution n’est soumise à aucune obligation de publicité par les parlementaires et on aura une idée de leur « bonne foi » toujours  avancée contre les mauvais procès qui leur seraient intentés. Comme s’il était scandaleux et attentatoire à la démocratie de leur demander que la lumière soit faite dans leurs ténébreuses réserves. S’agissant d’argent public, Il n’y a pas de bons et de petits secrets dans l’exercice d’un mandat, surtout quand son titulaire est au service d’une majorité soutenant un gouvernement imposant ( c’est le mot! ) aux français de lourds sacrifices financiers. Dans l’Aude et le narbonnais, nos parlementaires ( à l’exception de Jean Claude Perez qui expose sa réserve ! ), de ce vertueux député socialiste de l’Allier, un nommé Chambefort, devraient s’inspirer. Et notre maire, qui dans le temps tint réserve , plutôt que de  batailler comme  chiffonnier par « cabinet » interposé, gagnerait en crédibilité à la publier. On apprécierait aussi que sa discrète et mesurée remplaçante, que je crois à cet égard bien disposée, en sorte, elle, d’un pas ferme et décidé. Et de son contenu, enfin, nous éclairer…

 

 

Le leurre Chavez !

 

 

 

 

 

 

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Les ministres des Finances européens ont donné leur feu vert mardi au “two pack”, un paquet législatif qui renforce les pouvoirs de la Commission européenne en matière de contrôle sur les budgets nationaux des pays de la zone euro. Cette info a peu d’écho dans une presse titrant d’une seule plume sur la mort d’Ugo. Pourtant des deux, la première est de grande importance pour l’avenir de l’Europe et le présent des Français ; la disparition de Chavez, n’en ayant aucune, sinon celle de nous distraire de notre douloureuse actualité. Cela dit, qu’il repose en paix et que son peuple trouve le chemin de toutes les libertés. On lui souhaite aussi de s’éloigner de l’Iran, de la Chine et la Russie, des modèles et de leurs chefs que leur défunt Commandant ne cessait de louer. Pour en revenir à ce trivial, quelle affreuse expression ! « paquet législatif » exposé en tête de ce billet, il convient de préciser qu’il sera sans doute approuvé la semaine prochaine en session plénière du Parlement européen, pour entrer en vigueur peu de temps après. Concrètement, tous les pays de la zone euro devront ainsi soumettre leurs projets de budget pour l’année suivante à la Commission et à l’Eurogroupe, avant la mi-octobre. Et si le projet ne respecte pas les exigences du pacte de stabilité, qui interdit les déficits supérieurs à 3 %, la Commission pourra exiger des changements. Une petite révolution qui prépare à terme la communautarisation des politiques budgétaires. Une bonne chose car c’est par plus d’Europe que l’on sortira d’une crise de structure et non de conjoncture comme le prétendent encore des esprits peu ou mal éclairés. Comme le dirait le bon vieux Marx : il faut adapter nos vieilles « superstructures » aux nouvelles formes de l’activité économique (marché unique, monnaie commune, mondialisation, révolution technologique etc.). On comprend, qu’avec cette nouvelle « contrainte » européenne, le désarroi, pour ne pas dire la panique, s’empare de l’actuelle majorité. Mettre en œuvre une politique d’austérité, n’est pas dans ses gènes, en effet. Qu’un Henri Emmanuelli, figure de la gauche du PS en vienne lui même à défendre la nécessité de reculer l’âge du départ à la retraite en dit long sur les mutations forcées en cours au sein de la gauche de gouvernement. Mais l’incompréhension et la déception sont tels dans son électorat qu’on ne peut exclure une déflagration sociale accompagnée d’ une montée des partis extrêmistes. Les boucs émissaires sont tout trouvés : l’Europe et l’Allemagne réunies dans un même paquet. « Une guerre » qui ne dit pas son nom et politiquement, de Marine à  Mélenchon, souhaitée. Une situation  explosive dont nos gouvernants portent l’entière responsabilité : celle d’avoir laisser croire qu’ils pouvaient changer la vie et réenchanter les rêves des français. La défausse sur Sarkozy, comme le « mariage pour tous » ne peuvent plus maintenant nous leurrer sur cette réalité grosse de menaces. L’orage gronde et l’heure est au courage politique. Il n’est plus temps d’attendre…Qu’on laisse donc Chavez en paix!

 

Big Brother, à Narbonne, protège !

 

 

 

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Alors dans l’opposition, Jacques Bascou, à présent maire de Narbonne et Président du Grand Narbonne, s’opposait véhémentement à la vidéosurveillance: elle menaçait nos libertés ! La face hideuse du fascisme pointait son nez, et nos villes, en goulags numériques, allaient être transformées (j’exagère à peine !), s’indignaient par voie de tracts nos socialistes narbonnais. Aujourd’hui aux affaires, et confrontés au principe de réalité, notre homme et ses amis, toute bonne conscience gardée, affirment le contraire de ce que jadis ils stigmatisaient : « priorité est donnée à la protection des narbonnais! » Astucieuse variation sémantique qui couvre la surveillance (évidemment punitive !) du manteau de la protection (forcément bienveillante !). Il suffisait, pour installer des caméras, nous surveiller et bonne conscience garder, tout simplement de nom changer ! L’illustration locale du syndrome  du caméléon: au pouvoir, une coalition voit son « code » idéologique opérer une véritable mutation. A Narbonne, comme à l’Elysée ou Matignon…

 

 

Magali, Didier et Alain seront-ils pardonnés ?

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Le marché politique national obéit aux mêmes lois que les autres : les grandes marques ont la préférence des électeurs. C’est pour l’avoir ignoré aux dernières législatives que Didier Codorniou, soutenu par Magali Vergnes et Alain Péréa, en jouant contre leur Parti, ont été balayés. Sur ce terrain, il ne suffit pas en effet d’être une « icône » du rugby pour emporter des trophées. En 2015, ses chances de retrouver son poste à la Région (et leurs mairies et leurs vices-présidence au Grand Narbonne pour ses équipiers) l’oblige donc à demander le maillot et le label du PS, qu’il avait ostensiblement rejeté. Et pour ce faire passer par son adversaire le plus acharné : Eric Andrieu, le capitaine de sa toujours « ex-fédé ». On se souvient encore, comment, aux dernières régionales, George Frêche vivant a « utilisé » Codorniou contre Martine Aubry et les officiels du P.S emmenés  par Andrieu ; ce dernier est aujourd’hui député à Bruxelles et en région solidement installé. Une situation bien humiliante pour l’amour-propre de nos trois protagonistes que de les voir ainsi moyenner leur résipiscence et se mettre à la merci de leur futur « premier fédéral ». Le pardon leur sera sans nul doute donné. Un moindre mal, car il n’est point de plus haute vengeance que l’oubli. En politique surtout ! 

La gauche sur le chemin de Canossa.

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Il y a longtemps, un siècle à l’ horloge médiatique, «les choses» étaient simples.  Très simples ! À la Droite, le «sale boulot» : remplir les  caisses de l’Etat;  à la Gauche, le «bon job» : celui de les vider. Un paradigme obsolète depuis trente ans cependant, l’une et l’autre au pouvoir  finançant les dépenses publiques et sociales en empruntant.