Contre-Regards

par Michel SANTO

L’année politique 2012 en quatre lignes !

 

 

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Au bilan politique de l’année 2012, retenons l’élection à la Présidence de la République d’un ancien et mol secrétaire du PS, par ses camarades moqué, et la défaite prématurée, à cette même élection en 2017, de l’actuel et fol Président de l’U.M.P, par ses compagnons tué. Si le talent suffisait pour faire d’un politicien un homme d’Etat confirmé, cela, depuis longtemps, se saurait. 

Je suis discriminé!

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Madame Dominique Bertinotti est un (ou une !) membre (membreuse!) du gouvernement de la République que personne ne connaît. Voulant sans doute être (enfin!) remarquée, elle a prononcé, il est vrai à propos du mariage gay, à l’Assemblée nationale, le 18 décembre 2012, cette phrase qui vaut définition irréfutable et définitive de la différence et de la discrimination réunies : “Quand une différence fait qu’on ne peut avoir les mêmes droits, j’appelle cela une discrimination”. Seraient ainsi discriminés ma voisine de 85 ans, cardiaque, à qui l’on interdirait la pratique intensive du Fitness, ma petite fille d’un an, que j’ai privée de foie gras à Noël, le voleur de vieilles dames, qu’on a privé pour un temps de liberté et mon ami Jérôme de ne pouvoir faire du ski sur les pentes caillouteuses de la Clape. Quand les mots perdent leurs sens, la pensée devient folle! La réciproque est tout aussi vraie…

Chronique du Comté de Narbonne.

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Mercredi 19 décembre de l’an 2012

Bonjour mon oncle !

En avril  ( ce n’était pas le premier ! ) , c’est un patelin père Noël que les Français choisirent pour gouverner ce pays ; ils découvrent en décembre ( ce n’est pas encore le 25 !) un papelardesque Père Fouettard. De Gouda voulait faussement réenchanter leurs rêves pour bourrer réellement les urnes, il leur serre désormais la ceinture pour emplir hardiment ses caisses . La fin du monde « bienheureux et sans efforts pour tous » qu’il promettait , a bien eu lieu, mon oncle ! La prédiction des Mayas est donc  confirmée et de facétieux gazetiers annoncent déjà, à Bugarach, de François, la prochaine arrivée. Y seraient officiellement célébrer le vote du pacte budgétaire Tarkoly-Tankel, l’instauration de taxes prétendument  sociales, la poursuite de l’éradication de bidonvilles Roms, la fermeture des fours de Florange… et autres diverses « catastrophes » que son prédécesseur « ordonnait et que la meute médiatique stipendiait. Cette façon de faire le contraire de ce qui avait été promis, à la manière de l’antique sieur du Mollet, ne pourrait être glorifiée ailleurs que dans ces Terres d’Aude où vivent pépèrement d’innombrables « têtes plates » surabondamment administrées, si j’en crois les nouvellistes autorisés. Nous serions en effet les champions du royaume quant au nombre de fonctionnaires par sujet, mon oncle ! des fonctionnaires de surcroît majoritairement rosiens, alors que nous détenons le record du nombre d’habitants dispensés de capitations pourtant nécessaires à leur entretien. Mais comment donc est ce possible ? Une étrange situation qui n’est d’ailleurs pas sans me rappeler celle que me décrivit tantôt ton ami sicilien Fanfani. Ici aussi, en effet, les comtes et les marquis ont pour spécialité d’aller chercher des subsides dans d’autres bourses et de recruter une pléthorique domesticité. Des gardiens de château aux aides de camp, nombre de familles et de clans en présentent, qui savent, le moment venu, en remercier leurs généreux commanditaires. Bugarach, te disais-je, est donc assiégé par des armées gazetières pour, à la fin du monde, la vraie, assister : et ce au désespoir de son premier consul qui, aujourd’hui, parle  « d’insupportable utopie ». Il regrette que la presse jamais n’évoque les merveilles de son microscopique comté en citant pêle-mêle ses orchidées et son « petit batracien exceptionnel qui vit ici grâce à l’excellente qualité de son eau ». Comme notre roi de Gouda, après une intense campagne de mystification, le voilà revenu à de triviales préoccupations domestiques dans un environnement tout aussi fragile pour sa grenouille, qu’il l’est pour l’ensemble du royaume, ses fabriques et ses sujets. Mais pour divertir le bon peuple, l’enfumer et lui faire oublier toutes les promesses prodiguées, on tente de fixer ses idées sur le mariage pour tous, quelle que soit sa sexualité. Cette affaire serait ainsi le marqueur du parti du progrès et de l’humanité !!! Mais je ne suis pas sur que ce soit suffisant pour anesthésier ce qui reste de bon sens dans les villes et les comtés.

Je ne commenterai pas tes remarques sur Couillon et Flippé, mon oncle. Comme toi je les trouve pathétiques et ridicules, et crains fort qu’ils ne soient définitivement « cramés », comme subtilement le chante Gainot. Encore que l’époque brûle vite le temps et la mémoire. Dans deux ans, qui se souviendra de cette pitoyable tartarinade ? Ah! ceci aussi pour satisfaire ta curiosité sur la vie dans ton cher Comté de Narbonne. Hier, le Tirelire en  faisait sa une! Une dame, qui travaillait à la communication  du sieur Lemonyais, relate, dans une longue lettre reproduite par cette gazette, comment, par le sieur Labatout, elle a été licenciée. Sa lettre est précise et argumentée quant aux moyens qui auraient été utilisés. On ne peut que se désoler, mon oncle, qu’on puisse arriver à ce genre d’extrémités. En toute situation, il convient de sauvegarder la dignité des personnes ; et l’élégance et la courtoisie devraient toujours présider aux relations humaines, surtout quand un conflit vient en perturber le cours. Que cela soit difficile, j’en conviens ! Il m’arrive, sans doute, malgré l’extrême attention que j’apporte aux mots, de manquer moi aussi à ce devoir que j’exige d’autrui. Voilà pourquoi je ne m’offusque jamais des précieuses, et parfois blessantes, observations qui me sont faites à ce sujet. Pour le jour de Noël, mon ami Jacques a préparé un joli conte dédié à ses petits enfants. Loin de ce monde, c’est de sa vérité dont il parle, point de sa fin. Je te l’enverrai par le prochain courrier. Il est tard à présent! Je t’embrasse, mon oncle ! 

Chronique du Comté de Narbonne.

Hôtel de Ville de Narbonne

Hôtel de Ville de Narbonne

Jeudi 13 décembre de l’an 2012

J’entends des binious et des tambours, mon oncle ! ne manquent que des cornemuses pour parfaire cette celte ambiance dans laquelle est processionnée une énorme grenouille d’un vert approximativement marécageux, ainsi que l’exotique chameau égyptien de nos voisins bitterois au demeurant d’un format curieusement minuscule; des messieurs chenus, colorés à la façon clownesque des confréries vineuses, les suivent, l’air bête (si je puis dire) et le pas hésitant (il fait froid et le sol est glissant). Tandis qu’une petite et maigre troupe de badauds fait escorte à cette drolatique ménagerie, des passants stupéfaits se pincent à la façon des ânes qui braient : « c’est Carnaval ? » s’étranglent-ils. Carnaval, à Noël, serait adoré, et l’enfant Dieu, le Mardi Gras, brûlé ?  Certains même, à Bugarach, voudraient dare-dare aller s’abriter, cette inversion saugrenue du calendrier présageant d’une fin du monde, par le peuple Maya annoncée. C’était mardi dernier, mon oncle ! et c’était de la  fête de Saint Paul-Serge , le saint patron du Comté, dont il s’agissait, en ce 11 décembre de cette année. Comme tu le sais, une des trois légendes prétend qu’à Narbonne, de Bages, il se rendit, après qu’une nacelle par une grenouille conduite l’ait déposé sur le rivage de la Nautique. Je n’ai rien contre ce vénérable apôtre et sa grenouille, mais naïvement je pensais que le 22 mars était la date où on devait l’honorer. Une date conforme aux mœurs de notre emblématique batracien qui, l’hiver, se vautre, au chaud, dans une visqueuse et voluptueuse vase. Qui donc a eu cette cruelle idée de la faire ainsi sortir de son léthargique sommeil en ce mois de décembre venteux et glacé ? Que nos édiles n’accordent aucune bienveillance symbolique, à défaut de charité chrétienne, à notre paisible bestiole passe l’entendement zoologique, mon oncle ! Ce qui après tout ne saurait m’étonner de la part de magistrats à la culture étriquée et bassement commerciale. Mais remplacer les rois Mages par Saint Paul, un de sept apôtres des Gaules, pour annoncer la naissance de l’enfant-Dieu ! Jusqu’où ira-t-on, mon oncle, pour amuser les chalands et bedonner les boutiquiers ? Oui, je le sais, mon indignation à des accents outranciers, l’époque et ses marchands n’ont que faire d’une fête qui, au cœur de la nuit hivernale, célèbre dans la plus grande simplicité d’une étable  la naissance d’une lumineuse Parole ; ou, pour d’autres, l’allongement des jours et la course du soleil vers celui de sa flambloyante apothéose. Quand la bêtise de nos édiles et la crédulité de nos contemporains se conjuguent dans le culte du festif permanent, l’absurde et la bouffonnerie sont de la noce. Qui tendent vers l’infini… Ainsi, ce matin, ai je reçu un poulet commercial d’une auberge au nom historiquement évocateur : « Le Cathare ». Pour le dîner de Noël, son propriétaire, à l’humour inconsciemment sinistre, me propose, entre autres charitables douceurs, de l’agneau grillé à l’authentique feu de bois et des bûches à la crème de marron. Oui, mon oncle ! le Cathare, de surcroît idéalement situé au pied de Montségur, fait des grillades !!! Les Parfaits se retournent dans leurs tombes (si à nouveau je puis dire ; j’espère qu’on me pardonnera !) ; ils en meurent une seconde fois. De rire ! Si on ne peut pas rire au Paradis, à quoi bon en effet y séjourner…

Affectueusement tien, cher parent !

 

Chronique du Comté de Narbonne.

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Jeudi 22 novembre de l’an 2012

Quelle chienlit chez les oupséistes, mon oncle ! Lundi, leur cocoeheh ( !!! ) carillonnait dans un cahot d’ horions et de louanges mêlés la déroute du sieur Couillon et le triomphe du sieur Flipé , quand ce jour même j’apprends, en lisant les dépêches du soir, le déni du premier et sa volée  de copieuses et hargneuses hostilités envers l’abominé Flipé. La confusion des esprits est à son comble et abondamment étalée dans ce qui n’est plus qu’une lamentable et pathétique farce, mon oncle ! Des troupes sans autres chefs que leurs casques errent hébétées dans ce brouet politicien concocté par de sots personnages animés par leurs seuls intérêts . Quel spectacle ! Quelle vulgarité dans ce déballage de rage et de fureur. La civilisation est un fin vernis sous lequel bouillent de noires passions , me disais tu au temps de mon apprentissage. Et tous les matins que Dieu donne, je m’étonne encore de pouvoir toujours en chérir l’ éclat et sa beauté. Un miracle quotidien parfois terni par des paroles entendues à  la table d’un estaminet mais aussitôt effacées par la beauté d’un geste et la grâce d’une bienveillante civilité. A cette aune, mon oncle, celles ouïes depuis hier entre affidés de Couillon et Flipé ont des accents d’égoutiers. Comment demain alors incarner je ne sais quelle destinée pour un royaume et des sujets qui se savent en danger ? Il est vrai cependant, me diras tu, que les rosiens furent à Reims eux aussi sur le point d’exploser après qu’avec Gospin le pouvoir de l’Etat leur fut de quelques temps confisqué par le mol Chiraton  ; et l’un des leurs, en Gouda fleurdelysé, n’ habite-t-il point désormais le palais de l’Elysée, ses amis de la Cour en tenant fermement toutes les clés ? Dans cette engeance, l’amitié et la fraternité sont servies en échange d’annuités et de charges grassement rémunérées. Aussi attendons nous, mon oncle, à un sursaut de  fausse dignité qui cependant ne réglera rien des vraies raisons de cet assourdissant tumulte. Sans chef et surtout sans idées clairement partagées, que faire en effet dirait un maître sibérien à ces soldats perdus à l’âme fracassée ? Ah, mon oncle, de cette histoire, du tragique ou de la comédie on ne sait ce qu’il faut en retenir. Sinon cette éternelle loi, qu’en politique, gouverner un parti ou un Etat c’est dissimuler ; mais qu’il est, dans ce domaine comme dans la vie en général, des accidents imprévisibles où se dévoilent la vérité de leur être tendue vers le désordre et la mort. Loin de vomir d’hypocrite manière cet art de la dissimulation , il faut aussi savoir l’aimer . J’attache ainsi, comme toi, du prix aux bonnes manières et aux élégantes vêtures ; les civilités sont de saines apparences et concourent au bien vivre en nos violentes sociétés. Il suffit de passer une heure tous les matins auprès d’un parent en fin de vie pour s’en convaincre. Hier, en pleine crise, c’est d’un mouchoir humide que je lavais son visage crispé par la douleur. Dans sa détresse, muet, c’est de sa seule dignité dont il se souciait… Je te quitte mon oncle, et termine ce matin cette lettre commencée hier soir. Vers onze heures, j’irai au plus près de cette existence qui désespérément s’accroche à la vie: son unique espérance dans laquelle il peut s’asseoir et reposer…