Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte.

Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte. Celui des ondes, des médias. Je m’absente comme on ferme un livre qu’on n’a plus envie de lire.

Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte. Celui des ondes, des médias. Je m’absente comme on ferme un livre qu’on n’a plus envie de lire.

C’était dans les années 2000. À Moux, dans les Corbières. Là que j’ai rencontré Serge Griggio. Dans son atelier : l’ancienne épicerie du village. Aux murs, une série de toiles : « Dyptique Griggio Pirotte ». Pirotte ! Pirotte admiré. Ici, lu, commenté. En plein cœur des Corbières. Ma surprise fut grande.

Ma 5.8.2025 (21h 13)
De ma terrasse, en plein cœur de ville, l’image d’un bombardement.
Pas un bruit, pas d’explosion. Juste un ciel zébré d’étranges nuées. Un immense amas de fumée noire, qui monte lentement. Comme un monstre.

Me 23.07.2025
Il passe tous les jours devant ma cabane. Vers quinze heures.
Trente ans peut-être. Blond. Le visage doux.
Il dit « Bonjour » sans insister. Toujours avec la même jeune fille. Discrète. Ils se ressemblent.
Il tire une petite remorque. Parasols, chaises, serviettes.
Et tout ce qu’il faut pour pêcher.
Sur la plage, ils s’installent un peu à l’écart.
Ils se baignent. Moins que les autres.
Lui, il prend un masque et un tuba. Il part loin, chercher des appâts.
Elle l’attend.
Puis lui caresse les cheveux.
Il rêve.
Quand la plage se vide, il plante ses cannes dans le sable. Lentement.
Seul.
Parfois il prend deux dorades. Trois, rarement plus.
Ce soir-là, le ciel était rose, lavé de bleu.
Benjamin ne bougeait presque pas.
Ses gestes épousaient le murmure des vagues.
Il respirait avec la mer.
C’était le dernier souffle du jour.

Le pin avait pris ce pli étrange pour résister au vent.
Il s’était tordu sans rompre.
Le tronc courbé, les épaules basses,
comme un homme qui revient de loin,
mais qui marche encore.