Conte de Noël: « Le père Noël », par Sylvain Tesson.

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Extrait de: Tesson, Sylvain. « S’abandonner à vivre. » Ceci encore pour vous inciter à vous faire ce cadeau, ou l’offrir…

À 18 heures, il gagna l’Hôtel d’Angleterre, près de la cathédrale. Il gelait, les rues étaient vides, les Lettons s’apprêtaient à la fête. Il avait réservé une chambre : s’il réussissait à convaincre Olga d’y passer la nuit, il aurait son cadeau de Noël. Devant la glace de l’armoire, il essaya son costume rouge avec bonnet à pompon et fausse barbe, acheté à la Bastille. Il avait des jouets pour les petits, du parfum pour la mère, du vin de bordeaux pour le père. Et, pour Olga, une édition de l’entre-deux-guerres de dessins de Mucha. En la feuilletant avant de l’emballer, il se dit que les cheveux d’Olga ressemblaient aux boucles spaghettis des filles du peintre tchèque. Le concierge lui expliqua comment gagner le port. À pied, il fallait une demi-heure. Il chercha longtemps l’immeuble, monta l’escalier de béton. Sur le palier, il se changea en Père Noël et sonna. Une dame en bigoudis ouvrit la porte. L’odeur de chou lui rappela le ferry-boat. L’appartement était plongé dans le noir. Le plafonnier de la cuisine éclairait une table de formica où un monsieur en pyjama lisait le journal. Deux enfants assez gras regardaient l’apparition, bouche ouverte  au-dessus de leur soupe. « Olga ? » dit la dame. Elle est à Tallinn cette semaine, elle revient pour Noël, le 7 janvier. » Il se souvint alors de la lettre du mois d’août où elle lui avait vaguement parlé d’origines russes et de calendrier orthodoxe.

 

Le silence n’est donné qu’à l’homme…

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De mon ami blogueur « Le lorgnon mélancolique », un extrait d’une de ses chroniques:

…. Dans Monplaisir …en littérature, relu récemment, j’avais oublié un texte étrange de Paul Morand qui se donne comme une réflexion sur le silence en littérature et qui devait sans doute servir de prologue à Tais-toi. Texte magnifique, toujours actuel (il suffit de remplacer « dictaphone » par « smartphone »…) …

Chronique de Narbonne, et d’ailleurs. Petit hommage en la mémoire de Pierre Dumayet…

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Pierre Dumayet est mort un jeudi, le 17 novembre 2011. Il y a 4 ans. Il avait 88 ans. Avec  sa femme Françoise, ils vivaient pendant les longs mois du printemps et de l’été dans une maison dominant l’étang de Bages. Cet homme, à l’époque où la télévision se réduisait à une seule chaîne, a « produit »  de grandes émissions qui ont marqué durablement les hommes et les femmes de ma génération: « Cinq colonnes à la Une », « Lecture pour tous »… C’était aussi un écrivain. « Un écrivain du soleil, de la sieste railleuse et de l’apéritif rieur… », comme l’écrit joliment Serge Bonnery.

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