La première fois que je l’ai rencontré, il y a bien longtemps, je devais avoir une vingtaine d’années, c’était en compagnie de Simone, et c’était à Épinay sur Seine – ville dans laquelle, alors, nous habitions. Je me souviens aussi très précisément en quelle circonstance. Ce devait être un samedi matin, et il était assis, seul devant un verre de vin, à la terrasse du café-PMU de la Cité d’Orgemont.
7 heures ! Comme hier, il est à la même place, tout près d’une fontaine publique récemment installée. Il attend qu’on vienne le chercher. Il fume une cigarette en faisant quelques pas. Je l’imagine dans de lointaines pensées : celles du travail à venir ont encore du temps devant elles. Je sais que dans une heure environ il sera sur un chantier.
Hier matin, assis à la terrasse étendue d’un café sur la promenade des Barques, je goûtais le plaisir d’une vie sociale en partie retrouvée. Il y avait du monde autour de tables très animées ; sur de rares bancs des oisifs dans mon genre se tenaient serrés et sur la rampe du déambulatoire de petits groupes de jeunes gens campaient : ils riaient. L’air était doux sous les platanes du cours. Des promeneurs paresseusemment le montait ou en descendait. D’un détail, d’une apparence, j’en tirais des histoires, j’imaginais des vies. Un spectacle qui ne lasse jamais. Rien du bruit du monde alors ne venait le troubler. Seul comptait ce mirage.
Mardi 2 juin : deuxième phase du déconfinement, titrent les journaux. Il est 8 heures ; devant ma fenêtre grande ouverte, je jette un coup d’oeil vers un ciel lourdement chargé : le vent marin y pousse de sombres nuages gris.
Famille d’ouvriers agricoles en habits du dimanche.
Dans le monde d’avant celui-ci – bien avant –, dans le monde de mon enfance, précisémen, « sortir » de chez soi le dimanche était un évènement, pour ne pas dire une « fête ». Le matin ou l’après midi et quelles qu’en fussent les raisons, domestiques, privées ou sociales, nous « sortions », en effet ; mais nous ne sortions pas de n’importe quelle manière.
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