Contre-Regards

par Michel SANTO

Noir ou Rouge…

Tout le monde s’en prend à Marcel Raynaud, notre président cathare. Il accorderait des faveurs à ses proches amis politiques. Ce que faisaient aussi certains papes, et que la langue a consacré par le substantif : népotisme. Pour le premier des cathares audois, se faire ainsi admonester au motif d’abus quasi papal au profit de membres de sa famille politique a dû le crucifier. En l’espèce, le procès en inquisition qu’on lui fait est injuste. Où a-t-on vu, en effet, un sénateur recruter une assistante parlementaire par concours et qui, de surcroît, serait une adversaire politique ? Dans les « guignols de l’info », peut-être ! La démagogie à ce niveau de mauvaise foi se rapproche dangereusement du journalisme « people ». Non, plus sérieux me semble le reproche, qui lui est aussi adressé, de cumuler les mandats de  sénateur et de président du Conseil Général. Il est vrai qu’avant, Marcel, en bon progressiste, était contre. Et qu’aujourd’hui, en nouveau conservateur, il est pour. Danger ! C’est avec ce genre de comportement que l’on donne à nos concitoyens l’idée que la politique n’est qu’un théâtre d’illusions. Une farce… Et que pourraient leur venir à l’esprit d’envoyer tout ça “cul par dessus tête ” en plongeant dans le vide abstentionniste.Pour le plus grand profit des partis de l’extrême. Noir ou Rouge…

C’est la rentrée!

C’est la rentrée scolaire et j’apprends que selon le Top 50 IFOP-Journal du dimanche  Zinédine Zidane serait la personnalité préférée des Français. Il raflerait, dopé par son peu glorieux «  coup de boule », 66 % des suffrages chez les 15-24 ans.

Mais comment  vais-je donc expliquer à mes petits-enfants qu’il s’est comporté, pendant  cette finale de la coupe du monde, comment un élève de cours élémentaire très mal élevé. Et ce, après que celui qui devrait incarner les plus hautes valeurs morales et civiques de ce pays,Jacques Chirac, ait évoqué une réaction "compréhensible » et que la prétendante à sa succession , Ségolène Royal, ait salué "sa capacité à défendre farouchement les valeurs auxquelles il tient profondément, en particulier le respect dû (…) à sa soeur".

 

Dur ! Je plains nos enseignants, coincés entre la légitimité apportés par nos hommes et femmes politiques,  les médias et les grandes marques de la mode et du sport à ce qui s’apparente à un code d’honneur et leur devoir d’enseigner des principes moraux fondés sur le respect dû à l’être humain, quel qu’il soit.

Quant  à moi, tant pis, je vais devoir assumer encore une fois le rôle du vieux ringard ! Me le pardonneront-ils? Drôle d’époque…

 

 

 

 

 

 

La marée du soir

Comme je le fais souvent le matin,j’ouvre, au hasard, le premier livre qui me vient sous la main.Je lis ceci,page 97,dans l’édition de 1972,chez Gallimard,des carnets (1968-1971)d’Henry de Montherlant:"Cette année 1970,féconde en morts d’hommes publics,a été féconde en oraisons funèbres dithyrambiques,dont les auteurs,dans leurs outrances,perdaient de vue complètement la réalité,et oubliaient aussi qu’ils y disaient tout le contraire de ce qu’ils disaient très peu d’années auparavant:la confusion d’esprit est de tous temps mais surtout du nôtre,et par ailleurs la palinodie est tellement entrée dans nos moeurs qu’elle est inaperçue non seulement du public mais de celui qui l’accomplit." Et, un peu plus loin:"Roule,torrent de la futilité."Tout est dit.Rideau!

Le vol des hirondelles

banniereC’était un matin du moi de juin. Je venais de quitter mon marchand de journaux de la rue du Pont et me dirigeais, plutôt content, vers la place de l’hôtel de ville. Mais, par malheur, je tombai, au sens propre comme au sens figuré, sur le nouvel occupant d’un magasin autrefois spécialisé dans la friandise. Et qui, sans l’habituelle transition météorologique narbonnaise, m’entreprît sur le dur métier de « commerçant de centre ville ». Blindé, je m’apprêtais à encaisser le lot habituel de critiques sur les conséquences néfastes de la piétonisation et du plan de déplacement urbain. L’esprit déjà ailleurs pour en sauvegarder le peu  de considération qui me reste encore envers cette pourtant fort honorable corporation. C’est son regard attristé dirigé vers le ciel qui m’a mis la puce à l’oreille. Les voitures et les piétons ne volant pas encore, je m’inquiétais qu’un pot de fleurs ne nous tombât sur le crâne. En  fait de fleurs, c’est de la fiente des hirondelles dont se désolait notre commerçant. Elles souillaient son auvent de toile récemment installé. Et de me demander tout de go si la mairie  ne pouvait pas faire quelque chose? Abasourdi, je lui fis remarquer que c’était une espèce protégée ( les hirondelles, pas la mairie…), et qu’on ne pouvait pas en demander l’élimination. A sa tête de carpillon privé d’air, j’ai tout de suite compris que ma réponse ne l’avez pas convaincu. Je décidai donc de le planter devant sa boutique pour aller m’installer à la terrasse du « Petit Moka » en la compagnie ironique d’un ballet aérien mêlant joyeusement hirondelles et martinets . Un moment de pur bonheur…

 

                               

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