Souvenir.

Tous les matins du monde, les premiers janvier, se ressemblent. Tristes. Pas un chat dans les rues. Repus, ils dorment. Devant les halles de Narbonne, une petite troupe de clochards. Ils se souhaitent une «  bonne année » en riant du peu de leurs dents. Chaque jour qui passe, j?aperçois une tête nouvelle. Le plus souvent, jeune. Sans être apprêtés ( !) ils sont correctement vêtus. Mais d’où viennent-ils ? Leurs yeux et leurs teints sont ceux de pays froids. L’emplacement que ces errants occupent rassemblait autrefois les espagnols de la ville, qui se préfèrent à présent dans le coeur des halles en la compagnie de marocains ou d’algériens, peut-être. J’ y retrouvais alors mon grand père Antonio, dit « el portillo », pour nous en aller ensuite, main dans la main , chez « Michèle ». Une fille de « Cox », elle aussi. Là il m’achetait un gros beignet safran à l’arôme de fleur d’oranger. Son grand sourire donnait chaud. Le bonheur ! J’ai su plus tard, bien plus tard, ce qu’il cachait de misères?

 

 

 

Les matins blêmes.

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Le jour de Noël, quatre condamnés à mort ont été exécutés. Au japon. Par pendaison.

La journaliste de Radio Classique qui nous donne cette information oublie,  sous le coup de l’émotion, de nous signaler que l’immense majorité des japonais ignore tout de la Nativité et de sa puissante charge symbolique.

L’appel du temps.

Tous les matins que ce monde fait, je lis la presse quotidienne. En commençant par la " régionale "et son lot habituel de grotesques imbécillités abondamment empaquetées, en cette période de fêtes de Noël, par les pages de pub de la grande distribution. Des chapons et du foie gras, pour fêter la nativité. Et du G. Frèche, pour nous annoncer la lumière (le Midi Libre de ce jour). L’exacte mesure d’un temps où l’appel au dépouillement et l’invitation au respect de la dignité des hommes se confondent avec un désir insatiable de goinfreries et une débauche de mépris envers ses semblables.

 

 

 

 

Orwell est arrivé!

Maryse est une amie d’enfance. Elle habite Bruxelles et me fait la gentillesse de compléter ma petite chronique: les objets ne sont pas neutres par l’envoi d’une information trouvée dans le " Canard enchaîné  " de la semaine dernière. Information selon laquelle : " A NewYork,moyennant un abonnement annuel de 50 dollars,on peut équiper la poussette de bébé d’une plaque d’immatriculation, portant l’adresse d’un site internet à alerter si on estime que la nounou se comporte mal avec le lardon.La fondatrice du site explique: " les policiers ont un badge, les soignants passent un test anti drogue, les professeurs sont inspectés.Pourquoi une nounou ne serait-elle pas surveillée? et même en cas d’excès de vitesse, photographiée par des radars? "

Et Maryse d’ajouter: " Dans ton cas , tu aurais pu faire un constat. N’est çe pas     formidable? "

Eh bien! je me le demande. Dans cette projection de l’avenir que préfigure ces  grandes avancées du progrès technologique et l’infantilisation ( des  esprits ) généralisée de notre société, je pense plutôt que le pilote et le passager  m’auraient tout simplement envoyé aux " urgences ". Et ce au motif d’entraver la libre et légitime circulation de nos jeunes et modernes barbares urbains.

Le constat implique en effet un échange d’arguments à partir d’une situation de   fait établie de concert. Elle suppose aussi la reconnaissance , à tout le moins  implicite , de la notion de responsabilité individuelle. Vieilleries que tout cela, n’est ce pas ! Place aux jeunes et vive le progrès ! Orwell est arrivé

 
 Bonnes fêtes Maryse!

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