Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne. Pourquoi donc le tourisme est-il en crise dans le département de l’Aude?

logocdt11

Le tourisme a connu, en 2014, dans notre département de l’Aude, une troisième année consécutive de baisse de la fréquentation. Un constat plus qu’alarmant fait lors de l’Assemblée Générale du 23 juin par Sébastien Pla, le président délégué de l’Agence Départementale du Tourisme. Et, dans cette tendance générale, des facteurs particuliers à tout le moins inquiétants: un fort recul de la clientèle européenne dans l’hôtellerie – une clientèle à pouvoir d’achat élevé -, avec, notamment, la baisse des Néerlandais (- 22 %), des Belges (-13,7 %) ou encore des Anglais (-9 %)… et une fréquentation du mois de juillet 2014, très en dessous de la moyenne de la décennie 2004-2014. Parmi les raisons de cette déprime, évidemment la concurrence des destinations lointaines avec le “low cost”, mais aussi, et surtout, pourquoi ne pas le dire clairement, un rapport qualité-prix des services offerts : location, restaurants etc… globalement des plus médiocres. Même si on peut faire état, dans des marchés de niche comme les chambres d’hôtes, ou dans l’hôtellerie de plein air, d’initiatives et de prestations qui tirent le secteur vers le haut, il n’empêche que le “ticket” présenté aux résidents temporaires reste élevé. La conséquence sans doute d’une “mentalité” propre aux acteurs de ce secteur, qui tirent le maximum d’une rente paysagère et climatique gratuite ( mer, soleil, environnement, patrimoine…) sans investir , ou si peu, sur la durée, en retour, pour moderniser et adapter leurs offres aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante. Compter sur la campagne de marketing 2015/2017, dont l’objectif est d’unifier durablement et visuellement toute la communication autour de la “destination Aude Pays Cathare”, pour inverser ces tendances négatives, c’est, en effet, se bercer d’illusions. Une campagne “marketing” qui, de surcroît, coïncide malheureusement avec un début de saison où prolifère à une vitesse inconcevable jusqu’ici, le pire fléau qui puisse faire fuir les touristes et “enterrer” les résidents permanents: le moustique…

   

Mots-clefs : , , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (8)

  • Avatar

    Jean Pierre

    |

    Une vérité qui pique là où ça fait mal

    Reply

  • Avatar

    Raynal

    |

    Entendu de mes oreilles, il y a peu de temps un soir ou nous allions manger une paella chez un ami d’ami proprietaire d’une paillotte sur la cote vermeille…..” Hein , elle est pas bonne ma paella….? Celle là c’est pas celle des touristes, hein….?,” , Et de rire grassement….Quand on considére ainsi ceux qui vous font vivre, il ne faut pas être surpris d’avoir ensuite a payer la note…..

    Reply

  • Avatar

    Yannick Bénézech

    |

    Développer le Tourisme est une nécessité pour notre région : des emplois non-délocalisables, des rentrées fiscales supplémentaires, une meilleure maîtrise du territoire, la mise en valeur de nos paysages. A l’évidence , ce développement ne pourra se faire que par une volonté visant (au moins) 3 domaines d’intervention : l’accueil, la formation, l’investissement.

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Nous sommes bien d’accord Yannick! . Exemple à suivre, pour l’accueil, et le rapport qualité-prix, de Puerto de la Selva à Tossa. Ma querencia est à Callela de Palafrugell.

      Reply

  • Avatar

    remy

    |

    EN terme de formation en emplois non délocalisables, le lycée professionnel Charles-Cros de Carcassonne avait reçu du rectorat un avis “prioritaire” pour l’implantation d’une filière BTS hotellerie-restauration, visant à prolonger le bac pro existant.

    L’intérêt du BTS est de former de futurs employeurs, qui seraient venus abonder les besoins locaux

    Par malheur pour l’Aude (et avec l’influence des puissants de l’époque), deux BTS hôtellerie ont été implantés à Montpellier et Argelès

    Encore une fois, notre département est passé à côté. Je ne sais pas si nos élus régionaux étaient au courant…

    Reply

  • Avatar

    daniel

    |

    Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration par leur façon de considérer le “touriste” se dirigent vers un suicide collectif. Il est vrai que les charges diverses, contraintes de normes, et impôts élevés n’arrangent pas le système mais n’expliquent pas tout.
    Bien que l’Espagne relève elle aussi ses prix de 20% pendant l’été, y compris dans les grandes surfaces, il n’en reste pas moins qu’à 2 heures de route de Montpellier , Béziers ou Narbonne la vie est en moyenne 30% moins chère avec des prestations supérieures. Ex: Dans le marché de Barcelone sur les Ramblas, une parillada de fruits de mer plus que copieuse avec… langouste, 50 Euros pour 2 personnes, la bouteille de vin 10 Euros ( Coef de 2%), le café , 1,2 Euro….Cherchez l’erreur, En France sur le vin on nous applique un coef de 4 à 6% sur le café de 10%!!!
    Quant à Callela , site superbe, vous pouvez déguster des sardines grillées accompagnées d’un litre de “tisana” ( sangria blanche) pour un prix …
    Voila pourquoi les touristes ne font que passer chez nous et que nous nous allions…en Espagne!

    Reply

  • Avatar

    JP

    |

    Bonjour,
    Il est de bonne augure professionnelle, quand on a envie de “vendre” quelquechose à quequ’un d’être en condition d’ampathie c’est à dire de se mettre, un tant soit peu, à la place de celui que l’on veut convaincre. Mettons-nous un peu à la place de celui/celle/ceux à qui nous voulons vendre notre beau département. Notre interloccuteur de toute évidence ne LE CONNAIT PAS : il ne situe pas géographiquement l’Aude, encore moins Carcassonne qu’il imagine soit dans le Sud Ouest (près de Périgueux) soit sur l’arrière pays niçois. Quand au pays Cathare il est certain que c’est un pays producteur de pétrole du Moyen Orient* ! ALORS QUAND ALLONS NOUS ARRETER DE NOUS PRENDRE POUR LE CENTRE DU MONDE ET DE CONTINUER A CAPITALISER EN TERME DE COMMUNICATION (ET DONC DE BUDGET) SUR DES VALEURs QUI NE SONT COMPREHENSIBLES PAR PERSONNE (SAUF NOUS BIEN SUR) ! En clair personne NE NOUS CONNAIT ! Alors présentons-nous (en commençant par dire “bonjour”) . Disons qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous avons d’irremplaçable et de merveilleux !
    * étude réalisée en 2001 auprès de 1000 personnes (France/nord/région parisienne/La Rochelle)dont les résultats sont malheureusement encore valables.

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Le régime de retraite de la SNCF et de la RATP pour tous ?!

Le régime de retraite de la SNCF et de la RATP pour tous ?!

      Dans la plupart des pays européens confrontés aux mêmes problèmes : diminution des actifs et augmentation de la population âgé, la réforme des « retraite » s’est faite sans[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : Des chiens et des hommes, rue du Pont Des Marchands…

Scène de la vie narbonnaise : Des chiens et des hommes, rue du Pont Des Marchands…

      C’était avant-hier soir dans la rue du Pont des Marchands. J’aurais pu ne pas les voir, mais les manifestations de joie d’une petite famille devant un homme assis à mêm[Lire la suite]
Quelques perles (et humeurs conséquentes) pêchées à la fin de la semaine dernière…

Quelques perles (et humeurs conséquentes) pêchées à la fin de la semaine dernière…

        Je lis ceci sur la page Facebook d'une professionnelle du Tourisme : "Idée de sortie pour ce WE : visite du concept innovant de " Lodge Boat" au port de Gruis[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise roulante…

Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise

      Dans ma petite ville, nous avons un marché de Noël, comme partout ailleurs dans ce pays. Avec les mêmes baraques blanchâtres, les mêmes têtes du Père Noël, les mêmes marchandis[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

        Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville où je m’étais installé pour y boire une tasse de café noir. Je l’observais, élégante et rêveuse, caress[Lire la suite]
Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

    Depuis des mois, je ne lis plus que des correspondances, carnets, journaux d’auteurs : Flaubert, Gide, Malaparte, Renard, les Goncourt … (dernier achat chez mon bouquiniste : Les car[Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :