Contre-Regards

par Michel SANTO

Le syndrome des écrouelles.

Henri_IV_touche_les_escrouelles


À Montpellier, il fallait attendre deux heures pour recevoir la bise de Madame la mairesse. Deux heures! Et combien de bises? Ses lèvres doivent être en feux! Quel métier! Se coltiner des «mal-rasés», des barbus aux poils durs et des imberbes boutonneux: il y en a forcément dans ces longues et interminables cohortes de pèlerins.

Quel calvaire! Et les odeurs!… Sans compter le risque d’attraper une sale maladie. Pas comme nos monarques qui, eux, depuis Louis X le Hutin étaient sous haute protection divine. Ils pouvaient toucher les écrouelles, grâce à la Sainte Ampoule, sans craindre le pire. Il leur suffisait d’y aller d’un : “Le roi te touche, Dieu te guérisse.” Et, hop! affaire classée. En un seul jour, le 22 Mars 1701, Louis XIV s’en est «payé» 2400. Combien de guérisons pour H. Mandroux ? Combien de sujets enfin comblés pour avoir été vus et touchés par la reine de Montpellier? Ou le duc de Chaminadour. Peu importe! Le pouvoir, quelque soit son lieu d’exercice ou sa nature: politique, économique, culturelle… sécrète et soulage ce désir de reconnaissance maladif de ceux qui le subissent. C’est «le syndrome des écrouelles»…


Ilustration: Henri IV touche les écrouelles    

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