Le Cours Mirabeau a ses matins de tumulte. Ça crie, ça s’agite, ça s’interpelle. Trois marchands de fruits et légumes, postés comme des coqs sur leur tréteau, rivalisent à coups de décibels. « Pas chers, pas chers ! »… « Deux euros la tomate ! » Leurs voix traversent l’esplanade, saturent le quartier, s’engouffrent jusque sur la terrasse du bistrot où je noie mon regard dans un café noir.
Condamner un ancien président de la République à de la prison ferme c’est historique. On aurait pu s’attendre à un verdict imparable fondé sur des preuves évidentes et une démonstration irréfutable de sa culpabilité. Or, ce que Patrick Cohen relève avec justesse, dans son édito (très bon !) consacré à ce jugement, c’est qu’il ne brille pas par sa clarté.
Madame H va mieux. Il y a quelques jours encore, on la relevait du carrelage froid, on l’aidait à retrouver son souffle, on mesurait sa fièvre. Aujourd’hui, elle est assise à sa table, un bouquet de fleurs devant elle. Elle observe, respire, sourit.
Trois jours après ce 18 septembre censé paralyser et bloquer le pays ; et le chahut médiatique et politique qui l’a précédé, rien, finalement, n’a vraiment changé. Les trains roulent. Les voitures aussi. L’eau sort toujours des robinets. L’essence coule à la pompe. Les médecins soignent. Les enseignants enseignent. Les hôpitaux ne ferment pas. Le pain sort chaud du four. Les cafés se servent sur les terrasses. Les Halles de ma ville bruissent de touristes. Ses monuments s’emplissent de gens émerveillés.
Alors on se dit que ce pays, qu’on dit en faillite et gouverné par des acteurs qu’on déteste, tient encore debout. Qu’il fonctionne, presque malgré eux. À condition, peut-être, de les oublier.
𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐝𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧. Marc Sztulman claque la porte de la liste conduite par François Briançon. Motif : la fusion avec La France insoumise de François Piquemal. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]