Contre-Regards

par Michel SANTO

Le prince et la fève.

undefinedEntre le marron glacé et Noël, c’est une vieille histoire qu’on reprise à leur compte les occupants et les prétendants aux fauteuils de maire de l’agglomération narbonnaise lors de leur dernière réunion. Joyeux et formant des voeux les meilleurs pour eux mêmes et les leurs, ils se sont envoyés quelques paniers de ces délicieuses confiseries sur la tête.Mais,si j’en crois les gazettes locales, ravies de ce don du ciel commercial inattendu, la qualité n’était pas encore au rendez-vous.Trop sucrés et trop mous, les marrons! Je me demande cependant si le Petit Prince de l’Ovalie et maire de Gruissan, traversé par un élan mystique de saison mais totalement incontôlé fait sien ce jugement journalistique. A la réception de ses gâteries lui fut renvoyé en effet un petit lot de chataîgnes accompagné d’une canette de Pepsi, auquel ne manquait qu’une tarte aux pignons barberoussienne… A quelques jours de la fête des rois, la fève doit lui sembler un peu dure à avaler.

Langage d’élus.

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Deux phrases relevées dans ma revue de presse,ce matin. Celle de A.M Journet, conseillère socialiste sortante de Narbonne: » Je ne conçois pas que l’on puisse discuter du bout de gras (sic!) quand il est question d’aider les gens ».Celle de J.P Alduy,maire UMP de Perpignan: »L’ambition est l’ombre portée de nos rêves ». Et deux formes de mépris à l’égard des citoyens. La vulgarité compassionnelle pour Madame et le cynisme Kisch pour Monsieur.

Aux cafés du commerce…

A Narbonne, comme partout en France, dès qu’il y a un problème quotidien, que ce soit celui des crottes de chiens, de la fiente des étourneaux, des sacs poubelles baladeurs, des « incivilités » des jeunes, des défaites du RCNM, des embouteillages aux heures de pointes, du prix du  » petit noir « , du poids des cartables, de l’info baclée, des années qui  » filent  » et du vent qui « pèle », nos concitoyens se tournent invariablement vers leurs maires ou l’État. Comme si seule la responsabilité collective pouvait être impliquée. Et la presse quotidienne, bonne affaire!, de leur servir au petit matin ces rations de je m’enfoutisme généralisé. La République compassionnelle et victimaire ainsi mise en marche, la traque et la chasse aux boucs-émissaires peut commencer. Pour le plus grand profit des « cafés du commerce »…

Réflexion d’après match ( Narbonne-Béziers).

Il y a quelques années, quand je « poussais » à la coordination des politiques publiques sur le Narbonnais-Biterrois, nous nous sommes retrouvés Francis Sénégas, Barsalou ( le Président du Crédit Agricole ), Gérard Bézes ( Le Président de la CCI de Béziers ) et d’autres , lors d’une petite cérémonie à l’école hôtelière de Béziers ; et l’un des participants d’évoquer l’avenir du RCNM et de l’ASB. 

Junca Mercedes Ruiz!

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« Junca « . En patois jérezien : splendide, généreux nous précise le carton de présentation du spectacle que nous a offert hier soir Mercedes Ruiz. Authentique aussi, car à Jerez de la Frontera la beauté flamenca s’épanouit toujours aux sources gitanes du quartier de San Miguel. Celui qui a vu naître Manuel Torre,le Maître du canto puro,le Dieu du cante gitan du début de ce siècle et Manuel de los Santos dit « El Agujeta »,  son génial et inspiré disciple. Deux immenses cantaores habités par cette passion du cante cru et tragique, mais d’une profondeur extraordinaire, qui souvent est lié à la forge, métier qu’exerceaient généralement les Gitans. Et comment ne pas évoquer ici un autre Gitan de Jerez, le matador Rafael de Paula, génial lui aussi. La même profondeur,le même duende,la même lenteur, les mêmes instants où le temps semble suspendu, mais avec des douceurs et des caresses cachées que n’a pas Agujeta, lui si violent. Sur la scène du Théâtre de Narbonne,  » El angel  » était avec Mercedes Ruiz et sa troupe. Elles ont donné corps et voix à ces deux sources gitanes de Jerez: la délicatesse et les frolements soyeux de Rafael de Paula, la violence et la tension tragique de Manuel El Agujeta…Le public,sous le choc, aurait pu quitter les lieux avec une de ses coplas : » De tout mon coeur, j’aime la personne qui m’a appris à aimer ».