Contre-Regards

par Michel SANTO

L’actualité selon Renard ( Jules ).

Semaine riche en petites et ridicules mesquineries politiciennes, dont j’ai brossé le tableau en prenant dans le ” Journal de Jules Renard 1894-1904 “, en toute liberté et à ma fantaisie, quelques figures de son bestiaire.

” Les éléphants s’approchent l’un de l’autre, croisent leurs trompes et se soufflent dans la bouche comme pour se demander s’ils n’ont pas l’haleine trop forte. Leur soupir gonflerait une voile. Puis ils dansent, plutôt de la tête que des pieds, en l’honneur du monsieur. Et toute cette masse molle, et ce petit oeil comme un oeillet dans un gros sac.”

“Baïe met un escargot à côté d’une tortue, pour voir ce qu’ils vont se dire.”

” Les coudes levés, les poings aux yeux, la grenouille pleure. Les deux pattes de devant sur une pierre, les yeux hors de la tête menaçante, très « quos ego !… » Mais elle ne trouve rien à dire “
 
“Les oies mangent en marmonnant je ne sais quoi. Elles vous regardent de leur paire de boutons et portent leur bec comme un sifflet. Leurs trous de nez pincés et rapprochés les font parler du nez. Elles ont un petit oreiller blanc au derrière. Elles naviguent en marchant, et leur queue va et vient comme un gouvernail.”

“Le rat au bout de la branche, le chat sur le tronc. Ni l’un, ni l’autre ne bouge. Coup de fusil. Le rat tombe. Le chat vole, flaire et s’éloigne, un peu étonné tout de même de sa puissance.”

Et cet  “… âne qui essaie de pleurer, et qui ne peut que braire.

Le cri de la bécasse.

Sur RTL, Ségolène Royal a déclaré que Nicolas Sarkozy ne “se rend même plus compte de ce qu’il dit” : “Il croule sous l’argent et ne se rend pas compte que les gens sont désespérés”. Croule, du verbe crouler:” s’affaisser,s’effondrer;crier en parlant de la bécasse.”  Bécasse: ” femme sans esprit. “ Sans commentaires…

Ingrid Bettancourt serait-elle de droite?

Ah! la tête des Bettancouristes et des Ségolènistes… aux premiers mots prononcés par Ingrid: “Accompagnez-moi d’abord pour remercier Dieu et la Vierge !” , “Merci à l’armée de ma patrie !” . A Libé, on feint, encore aujourd’hui, de ne pas s’en indigner et à Charle-Hebdo, on pleure les marchands de rollers… Oh rage, oh désespoir! Et ce ” fasciste ” d’Uribe qui avait invité le candidat ” crypto-fasciste “John McCain, afin qu’il fût aux premières loges au moment de la libération des otages (dont trois Américains). Aaarch!!! Mais le pire allait arriver : “Je veux dire merci au président Sarkozy qui a tant lutté pour moi…”  . Un Président flatté et modeste qui en a profité pour saluer les efforts de Hugo Chavez et du chanteur Renaud ( Aïh! la rechute ) pendant que le PS s’employait à dézinguer Royal après son mesquin ” Nicolas Sarkozy n’a été absolument pour rien dans cette libération.” Un vrai cauchemar… Vers qu’elle icône à présent se tourner ? Barach Obama! Mais il n’a de cesse de louer le seigneur et les qualités de Nicolas …Quel monde!

Le Monde et son sens de la solidarité nationale.

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Edito du Monde daté du 5.07.2008: “Si le concept de solidarité nationale a un sens, celle-ci doit s’exercer envers les régions de l’Est, hier victimes des restructurations industrielles et menacées, maintenant, par la révision de la carte militaire. Mais la solidarité est nécessaire aussi pour les villes qui ont perdu des tribunaux, quelquefois des administrations, et qui peuvent être concernées par les fermetures d’hôpitaux.” Pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin et ne pas demander de la sempiternelle et inépuisable ( à croire que l’on nage dans l’abondance financière ) solidarité nationale aussi pour la fermeture des commerces de centres-villes et des bistrots de village. Plutôt que d’écouter les élus locaux, comme le titre notre éditorialiste de service, ce dernier ferait mieux d’enquêter sérieusement sur leurs pratiques financières bien peu vertueuses et , à coup sur, insoucieuses d’une bonne et saine  l’argent public ( le notre et celui de nos enfants) . Car, pendant ce temps perdu à écouter nos édiles locaux et faire des phrases avec les copies-collées de leurs “bulletins d’infos”, leurs Conseils généraux ouvrent des “maisons” départementales aux quatre coins des départements et leurs Régions des ” ambassades ” sur tous les continents, quand ce n’est pas dans les préfectures et les sous préfectures. Et les intercommunalités ne sont pas en reste. Suivies par les Pays, les Parcs naturels, les syndicats intercommunaux , tout ce beau monde essaime généreusement et dans la plus grande opacité institutionnelle,  ” antennes ” , ” guichets d’accueils”, ” organismes relais” et autres ” structures d’accompagnements”. En regard de ces réalités, la conclusion de cet édito : ” M. Sarkozy semble vouloir faire peser sur les élus locaux – dont il n’échappe à personne que beaucoup sont de gauche – la charge de sa politique de rigueur. ” en résume l’esprit: nul ! Nul parce que mal informé et partisan. Les journalistes et les salariés de ce journal ont du souci à se faire…Échapperont-ils à une humiliante demande de ” solidarité nationale ” ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Pour eux et pour nous… PS: Sur ce sujet, et pour se faire une idée plus équilibrée voir ” Capital “, le numéro de juillet.

L’étau se resserre…



Plutôt que de lire les commentaires ( affigeants ) du commentaire ( navrant ) de Sarko sur la décision de la BCE d’augmenter symboliquement ses taux, deux extraits de la version longue de l’entretien de ( l’excellent ) Jean Quatremer avec l’économiste ( un vrai, ça change! ) Jean Pisani-Ferry, qui dirige le « think tank »
Bruegel, dont le siège est à Bruxelles et qui fut conseiller de Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il était ministre des finances

Pourquoi la BCE a-t-elle si peur d’une augmentation générale des salaires ?

Un choc pétrolier, c’est un prélèvement extérieur sur le revenu national. Ainsi, en 2007-2008, la totalité des augmentations de revenus générées par la croissance dans l’ensemble de la zone euro va être absorbée par l’alourdissement la facture pétrolière. Si on répercute la hausse du pétrole dans les salaires, cela veut dire qu’on refuse de payer ce prélèvement. Mais ça n’est pas possible. On entre alors dans une spirale inflationniste et, à la fin, on ne gagne rien en terme de revenu parce que l’inflation est un jeu de mistigri à l’intérieur d’une économie qui ne change rien au fait que le prix d’une ressource venue de l’extérieur a augmenté.

La décision de la BCE vous paraît-elle justifiée ?

Elle était inévitable à partir du moment où l’inflation atteint 4%, le double de l’objectif fixé par la Banque centrale, et où certains signes font craindre une remontée des anticipations d’inflation : par exemple, les salaires négociés ont nettement augmenté, particulièrement en Allemagne. Or, la BCE est très attentive aux effets indirects de l’inflation, ce que l’on appelle les « effets de second tour » qui sont susceptibles de s’enclencher dans la zone euro. Reste que ce n’est pas avec 25 points de base en plus qu’elle va combattre l’inflation : la décision d’hier est avant tout un signal. La BCE gère les anticipations en montrant qu’elle est prête à augmenter davantage ses taux pour casser une spirale inflationniste. Elle espère ne pas avoir à le faire.”

Et
Alain Lambert, ancien Ministre,d’enfoncer le clou: ” Nous voudrions que la BCE amortisse notre mauvaise gestion : ça suffit ! La France est, en zone euro, le pays qui dépense le plus et qui alimente lui-même l’inflation.”

Bon! Après cela, une petite sieste et direction la plage…

 

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