Contre-Regards

par Michel SANTO

Nos consciences sous contrôle.

 

 

Armés d’un scanner et d’un ordinateur, des scientifiquesont pu décoder des signaux cérébraux et reconstruire les images d’un film visionné par trois sujets, pour les convertir en modèle informatique. Selon le Pr Jack Gallant, neurologue et coauteur de ces travaux :  » Nous ouvrons une fenêtre sur les films projetés dans notre esprit ». Ce qui, dans un langage moins cinématographique, signifie que dans quelques décennies, avec une telle technologie on pourra lire une intention ou des sensations dans l’esprit des gens. Que du bonheur pour tous les pouvoirs : partis, médias, instituts de sondages, Etats…dans le monde démocratique merveilleux de la transparence absolue. L’enfer !

Le carnet de campagne de Marin de Viry.

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« Le débat sur la dette de la Nation a une vertu générale : rappeler que les projets de société ont un coût. Quel beau projet de société fut le nôtre, en vérité, auquel nous nous devons d’entamer une période d’au moins dix ans de baisse du pouvoir d’achat, d’érosion du patrimoine privé et collectif, de probables épisodes de contraction de la production nationale, de crédit cher et difficilement accessible, de renforcement du prélèvement économique de l’État sur la moindre ressource privée, d’accélération de notre déclin relatif au niveau européen et mondial, et de gâchis des chances de la génération montante. Trouvez-vous que ce lien entre projet de société et dette soit discuté pendant cette pré-campagne ? Moi pas. Pourtant à titre personnel je fais un rapport assez clair entre d’une part mon capital emprunté ou possédé et d’autre part mon style de vie, mes anticipations, mes priorités. »

Quand la Chine s’éveille!

 

 

 

 

 

« Les argentiers des grands pays émergents -Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (BRICS) -ne versent pas dans la philanthropie. Un temps espérée, l’aide de ces nouvelles puissances économiques par l’achat de titres de dette ne se fera pas. Du moins pas officiellement, et sans doute pas avant d’avoir certaines assurances qu’ils ne subiront pas de pertes sur leurs éventuels investissements dans la zone euro. » Les Echos

Qui, il y a dix ans (si l’on excepte Alain Peyrefitte et son « Quand la Chine s’éveillera) à peine, aurait imaginé un scénario pareil: L’Occident, et l’Europe en particulier, sa croissance et son standard de consommation et de protection sociale dépendre de l’épargne de puissances émergentes anciennement dominées ? Des pays qui n’accepteront de placer leurs liquidités dans nos Etats perclus de dettes qu’en contrepartie d’une plus grande place dans les instances de régulation mondiale, notamment au FMI. Vain aussi de s’attendre à les voir doper leur consommation interne pour tirer l’économie mondiale. Comme il est illusoire enfin de penser qu’ils ne réagiront pas sévèrement au rabotage des montagnes de dettes des pays industrialisés par des politiques inflationnistes aux effets désastreux pour leur propre expansion économique et commerciale.

Mao, ne disait-il pas « qu’il fallait d’abord compter sur ses propres forces » ! Nous en restent-ils encore ? L’épreuve de vérité approche, qui verra l’état psychologique et moral réel de nos vieux peuples continentaux. Et du nôtre en particulier…

 

 

L’éternelle jeunesse de Lucien Jerphagnon!

   

Historien de l’Antiquité grecque et romaine et professeur de philosophe, Lucien Jerphagnon vient de mourir, à l’âge de 90 ans, victime d’un cancer. Il était la jeunesse même, lui qui disait : « Un philosophe ce n’est pas quelqu’un penché sur une tonne de bouquins, c’est quelqu’un qui va chercher la vie. » Esprit  facétieux et paradoxal aussi, notamment quand il affirmait : « Je suis dans ce monde-là que j’aime et en même temps j’ai brisé les barreaux de mon siècle et je m’évade… J’ai l’impression d’avoir pris l’apéritif avec Marc-Aurèle et bavardé avec Néron qui n’était pas si méchant, comme on aurait dit à Bordeaux il était bien brave ! En fait il était peureux, et un couillon peureux avec le pouvoir…» Un maître !

 

Chaque pas est un voyage.

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Au diable DSK, Les Primaires, les Universités d’été, les mallettes africaines, le procès Chirac, la bourse qui plonge, les bactéries qui résistent, la défaite de nos basketteurs, la médiocre victoire de nos rugbymans, la…les…Et tant pis si l’on trouve ces quelques lignes d’ Y Duteil , qui suivent, d’une trop grande sensiblerie. Elles correspondent à mon humeur de ce début de semaine. Le regard d’une jeune maman sur son enfant et une remarque  injuste faite par moi à un ami en sont la cause. Duteil ! Oui ! Comme Montherlant et ses « Carnets »  ou Léautaud et ses « Propos d’un jour ». Entre autres auteurs à  portée de mains.Toujours ! 
« Si nous perdons la boussole, le nord, lui, ne bouge pas. L’amour est en nous comme une quête, un chemin semé de ronces et de roses, jonché de rêves et de blessures. Une force de la nature. Il est notre premier cri et notre dernier souffle. Nous le cherchons dans chaque visage, chaque étreinte, chaque geste et nous souffrons de son absence. Nous sommes pétris de cette soif incommensurable, mus par ce besoin qui fait de chaque pas un voyage, de chaque seconde une attente. Aimer. Ou sinon haïr. Il n’y a que deux portes à ce monde. La plus étroite ouvre sur l’univers entier. »
« Les conflits sont des moteurs de l’existence et l’erreur est parfois plus porteuse de sagesse que le succès. Entre les débuts du jeune patineur et le double salto arrière qui lui vaut la médaille d’or, combien de chutes, combien de hontes bues ? Tombé dix fois, il se relève onze. La perfection n’est pas au bout du chemin, le sommet, c’est encore la route. Au-delà, il reste l’envol. »

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