Contre-Regards

par Michel SANTO

La solitude du coureur de fond.

 

 

 

bollon.jpg Extraits : « Car la course de fond résume toutes les interrogations de l’existence et délivre bien des recommandations dont nous pourrions tirer profit : ne pas débuter trop vite ; ne pas nous fourvoyer en tentant de faire jeu égal avec ceux qui ne font pas la même course que nous ou n’ont pas l’intention de la terminer ; accepter la souffrance inéluctable ; aller toujours dans le même sens et prévoir, enfin, de perdre par instants du temps, car c’est là le seul vrai moyen d’en gagner [..] Si la vie ressemble à une compétition, cette compétition s’exerce donc d’abord et avant tout, quasi-exclusivement même, par rapport à soi. Quant à son secret ultime, il tient en une seule phrase : il faut avoir la conscience, l’intelligence de ce que l’on est, et faire en sorte, par tous les moyens dont nous disposons, y compris les plus détournés, de n’en jamais dévier » (215-216).

Au bout du monde.

On sort faire un petit tour dans les rues de Narbonne, en cette fin d’après midi de dimanche. Direction la rue Droite, qui ne l’est pas. Déserte. Et on s’arrête devant la vitrine de la petite librairie indépendante « Libellis ». Qui présente une mosaïque de titres, comme une radioscopie de notre psychologie collective : « Face au pire des mondes », « Eclats de voix », « Les  influences sournoises », « Le maître des aveux », « Au bout du monde », « la liberté » et un « Tintin au pays des philosophes ». On poursuit son chemin : pas une âme. Et l’on finit par s’installer sur un banc, au jardin du cloître. Face à une fontaine, un cadran solaire. Rien à faire de plus utile qu’à regarder le temps qui coule…Bienfait de ce silence, allègement des pensées… 

Nos consciences sous contrôle.

 

 

Armés d’un scanner et d’un ordinateur, des scientifiquesont pu décoder des signaux cérébraux et reconstruire les images d’un film visionné par trois sujets, pour les convertir en modèle informatique. Selon le Pr Jack Gallant, neurologue et coauteur de ces travaux :  » Nous ouvrons une fenêtre sur les films projetés dans notre esprit ». Ce qui, dans un langage moins cinématographique, signifie que dans quelques décennies, avec une telle technologie on pourra lire une intention ou des sensations dans l’esprit des gens. Que du bonheur pour tous les pouvoirs : partis, médias, instituts de sondages, Etats…dans le monde démocratique merveilleux de la transparence absolue. L’enfer !

Le carnet de campagne de Marin de Viry.

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« Le débat sur la dette de la Nation a une vertu générale : rappeler que les projets de société ont un coût. Quel beau projet de société fut le nôtre, en vérité, auquel nous nous devons d’entamer une période d’au moins dix ans de baisse du pouvoir d’achat, d’érosion du patrimoine privé et collectif, de probables épisodes de contraction de la production nationale, de crédit cher et difficilement accessible, de renforcement du prélèvement économique de l’État sur la moindre ressource privée, d’accélération de notre déclin relatif au niveau européen et mondial, et de gâchis des chances de la génération montante. Trouvez-vous que ce lien entre projet de société et dette soit discuté pendant cette pré-campagne ? Moi pas. Pourtant à titre personnel je fais un rapport assez clair entre d’une part mon capital emprunté ou possédé et d’autre part mon style de vie, mes anticipations, mes priorités. »

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