Contre-Regards

par Michel SANTO

L’indignation de B.H.L.

 

Bernard-Henri Lévy : «  J’en veux, ce matin, au juge américain qui, en le (DSK) livrant à la foule des chasseurs d’images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre. » A fait semblant de penser ? Voilà qui est dit dans la bouche de cet éminent représentant de la gauche mondaine. Un contresens qui projette sur le juge américain la vérité masquée de tous les « BHL » du monde : « Il n’y a pas d’égalité devant la justice ». Où va-t-on en effet si les puissants sont mis au même niveau que les pauvres ?

 

Eléments d’un langage refoulé.

 

Dimanche : « Ce n’est pas le Dominique que je connais. C’est un complot. Il doit être présumé innocent ! »

Lundi : « C’est un séducteur, un dragueur. On lui a tendu un piège. Il doit être présumé innocent !

Mardi : « C’est un séducteur impénitent, un dragueur compulsif, souvent lourd et pressant, parfois à la limite du harcèlement, et très porté sur le sexe…C’est une conspiration. »

Dans cette unanimité politico-médiatique, la seule position équilibrée, dès lundi, est venue de Cécile Duflot : « la justice pour la jeune femme qui a porté plainte pour des faits qui, s’ils sont avérés, sont très graves. La justice pour Dominique Strauss Kahn qui bénéficie de la présomption d’innocence ».

Mercredi : Ou plutôt depuis hier soir seulement, un timide rééquilibrage s’opère en direction de la présumée victime.

Trop tard ! Le parti du Bien et de la Vertu est mis à nu par l’explosion en plein vol de son « candidat » naturel,la presse et les médias vilipendés pour leur complaisance,et la classe politique toute entière accusée de complicité.

Le New York Times,lui,face aux critiques françaises sur le traitement fait à DSK par la justice américaine,pose une seule question : « Si cette affaire s’était produite en France,que ce serait-il passé ? ». On imagine d’ici un commissaire du premier arrondissement de Paris dans ce genre de situation ! Et on étouffe de rire…

ll est des moments qui révèlent le refoulé de notre arrogance nationale. Celui d’un pays qui n’en peu plus de masquer sous une rhétorique républicaine et sociale des mœurs et des pratiques politiques d’ancien régime.   

 

 

L’offense aux Rois de Majorque.

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Une image, une seule pour symboliser l’arrogante vulgarité du  » politique « . Sa paranoïa! Il paraît même que cet emplâtre est éclairé la nuit par trois grands projecteurs.Un comble! Ainsi va l’histoire qui du Palais des Rois de Majorque en fait désormais celui d’un Roitelet de Conseil Général. On n’arrête pas le progès! celui de la bêtise et de la laideur.

 

On fête quoi exactement?

 

Le 10 mai 1981, une foule en liesse, place de la Bastille, croyait qu’enfin « la vie

allait changer ». La vie, que ça ! Une vie qui ne serait plus triste comme les yeux

de celui qui de bonheur parlait. Mais les poètes ont toujours raison et ce soir là

sur cette même place Louis Aragon s’étonnait : « On fête quoi exactement ? ».

Actualité de Chateaubriand.

 

 

Mes pages :

Celle ci, de Chateaubriand. Qui n’est pas sans résonances avec l’actualité…

 

« Paris, décembre 1821. Société. – Aspect de Paris.

Lorsqu’avant la Révolution, je lisais l’histoire des troubles publics chez divers peuples, je ne concevais pas comment on avait pu vivre en ces temps-là ; je m’étonnais que Montaigne écrivît si gaillardement dans un château dont il ne pouvait faire le tour sans courir le risque d’être enlevé par des bandes de ligueurs ou de protestants. La Révolution m’a fait comprendre cette possibilité d’existence. Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes. Dans une société qui se dissout et se recompose, la lutte des deux génies, le choc du passé et de l’avenir, le mélange des mœurs anciennes et des mœurs nouvelles, forment une combinaison transitoire qui ne laisse pas un moment d’ennui. Les passions et les caractères en liberté, se montrent avec une énergie qu’ils n’ont point dans la cité bien réglée. L’infraction des lois, l’affranchissement des devoirs, des usages et des bienséances, les périls même ajoutent à l’intérêt de ce désordre. Le genre humain en vacances se promène dans la rue, débarrassé de ses pédagogues rentré pour un moment dans l’état de nature, et ne recommençant à sentir la nécessité du frein social, que lorsqu’il porte le joug des nouveaux tyrans enfantés par la licence. »

 

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