Contre-Regards

par Michel SANTO

La marque Ségolène.

29% des voix du PS, moins que la minorité de blocage, pour l’ex et toujours candidate à l’élection présidentielle, et c’est une victoire, nous disent les  » journaux « . J’avoue ne pas comprendre, sinon que le  » parti « , pour utiliser un langage militant, est profondément divisé. Sur le fond? je ne crois pas. Sur la manière de faire de la politique? Certainement. Ce qu’à compris Ségolène, et qui prouve son intelligence politique, c’est que la vielle méthode: un programme élaboré rationnellement présenté à des électeurs faisant usage de leur raison, ça ne marchait plus!. Dans nos sociétés, on ne vend plus principalement de l’utile et du nécessaire, mais du rêve et du superflu. Elles carburent au marketing et à la pub. La marque ne signe plus le produit, le produit c’est la marque. Et la marque, le  » design » de madame Royal sont incontestablement plus adaptés à la demande de l’opinion, plus  » vendeurs  » que ceux de ses concurrents. On peut regretter ces évolutions sociétales et politiques, comme moi, mais c’est ainsi: nous sommes définitivement entrés dans l’ère de la politique spectacle où le look et l’affectif importent plus que le fond et la raison.

Viva Obama!

Ouf! Pendant quelques années on n’entendra plus nos intellectuels et nos politiques déverser leurs préjugés débiles sur l’Amérique et les américains. En deux générations seulement, ce peuple, souvent présenté par nos élites comme inculte et raciste, vient de réaliser le rêve de Martin Luther King: élire un Président noir. Et en quelques heures s’écroulent toutes les préventions, clichés et lieux communs dont nous gavaient les médias. Une catastrophe pour notre pays dorénavant privé de bouc émissaire et dont l’arrogance et le conservatisme apparaissent désormais au grand jour. Je jubile à l’avance et attends avec impatience le jour où Obama va demander aux européens d’augmenter leurs effectifs militaires en Afghanistan et où Sarkozy va proposer une plus grande intégration de la France à l’OTAN. Bonjour les dégats, à gauche et à droite! Viva Obama!

Royal et le Nobel.

 » Elles ont contourné la règlementation bancaire, elles n’ont pas respecté les règles prudentielles, elles ont continué à rémunérer les traders en les avantageant quand ils gagnaient de l’argent sur la spéculation mais ils ne perdaient rien quand ils faisaient perdre les institutions bancaires, tout cela est parfaitement connu », a encore souligné Ségolène Royal. » Lumineux ! Les banquiers, qui , comme tout socialiste de base le sait quant la croissance est au rendez-vous, ne sont motivés que par l’appât du gain et la recherche du profit, auraient tout fait, et en toute connaissance de cause, pour dilapider leurs fonds propres, ruiner leurs actionnaires, jeter à la rue leurs traders et mettre leurs établissements en faillite. A l’inverse de ce que, naïvement, je croyais, la finalité du capitalisme, selon Ségolène, n’est plus la valorisation du capital mais sa destruction! Après cette révolution copernicienne opérée dans la pensée économique contemporaine, je ne vois pas comment le prochain Nobel pourrait lui échapper…

L’anti  » yakas « .


                      

Mieux écrit que je ne saurais le faire, cette note de lecture sur le petit ( par le format ) mais grand ( par son contenu ) du dernier ouvrage d’Hubert Védrine :  » Continuer l’ histoire «  , que vous trouverez dans l’excellent blog
 » Fugues et Fougue «  . Un peu de réflexion, en ces temps de toutes les démagogies, ne peut nuire à nos cerveaux bombardés quotidiennement de  » yakas  » et de  » fokons « . Cette vidéo aussi, pour entendre une langue qui, elle, n’est pas de bois .Qu’en pensez-vous ?

Julien Dray perd la raison.

«C‘est quoi, un homme d’État ? C’est un homme qui se plie à la raison dominante ? a demandé Julien Dray. Moi, je ne crois pas cela : ceux qui ont le plus marqué notre pays, ce sont ceux qui ne se sont pas pliés à la raison dominante.» Il fut un temps où Julien luttait contre l’idéologie dominante: celle de la bourgeoisie. Puis vint la résistance à la pensée unique, celle de la même bourgeoisie diffusée par les canaux des médias audiovisuels pépédéarisés. Nous voilà à présent dans l’ère de la raison dominante qui ne serait pas rationnelle, si on comprend bien notre amateur de montres de collection. Un retour à la vieille  » lutte des classes dans la théorie  » de Louis Althusser et à la  « subtile » distinction du camarade Staline entre  » science bourgeoise et science prolétarienne « . Allez Julien! cours donc, le nouveau monde est derrière toi…

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