Articles marqués avec ‘Facebook’

Gazer ! Le mot et la chose, en jaune…

Lundi matin aux Halles de Narbonne ! Accoudé à un bar, un de mes amis en compagnie de deux autres personnes. Très rapidement la conversation vire au Gilets Jaunes. Je reprends l’une d’entre elles  qui s’indignait : « Il se font gazer ! » ; et lui fait observer que  ce mot est  inapproprié ; que cette comparaison implicite avec le gazage des juifs pendant  la seconde guerre est scandaleuse. Il me répond : « le gaz lacrymogène est un gaz, non ? » ; « et pourquoi devrais-je accepter votre champ sémantique, pourquoi me l’imposer ? »

Du mauvais usage d’Antonio Gramsci!

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Un ami « Facebook » publie sur son mur ces deux célèbres phrases d’Antonio Gramsci, d’une trop simple et banale vérité. En politique, en effet, le neuf et le vieux ne s’opposent pas dans leur essentielle pureté – le blanc et le noir non plus dans le domaine physique. Grise elle est! comme la raison qui s’efforce de la penser pour s’en saisir. Et c’est le sommeil de cette raison-là, comme le notait Goya, qui enfante des monstres…

Facebook ! « C’est mieux que rien , dans cette solitude foisonnante où s’use laborieusement notre dérisoire temps de vie. »

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Pour qui connait Gil Jouanard, sa présence sur Facebook était tout simplement impensable. Et pourtant il y est, et  nous invite à aimer sur sa page Schubert, Jacques Douai, Fréhel…, que nous aimons. Il y écrit aussi, de temps à autre, de petites et subtiles  réflexions comme celle-ci, datée d’hier, je crois:

« Les réseaux sociaux ont en commun une ambiguïté en ce qui concerne la motivation de ceux qui y insèrent leur ego. Certains en usent pour se désenclaver dans cette humanité qui les ignore ou les isole. D’autres y trouvent ou croient y trouver l’occasion d’exprimer des idées qu’ils estiment être singulières ou qu’ils supposent partagées par ceux qui incidemment les partagent. Un certain nombre les utilisent comme on le fait des pages publicitaires d’un journal et y annoncent qu’ils vont faire, ou ont fait, ceci ou cela, publié tel livre, participé à tel événement ou à telle exposition. On en voit qui y recherchent l’âme sœur (ou le corps accueillant et disponible). Il y a ceux qui veulent intervenir sans frais mais de façon péremptoire dans les affaires du monde ou les événements circonstanciels dont « on parle » passagèrement. Quelques écrivains rentrés ou avortés les confondent avec un espace éditorial. On peut aussi y délivrer son instinct ludique (je confesse que je suis couramment de ceux-là). Un lied de Schubert, intitulé « Die Post », résume une attente, jamais satisfaite : celle de la lettre qui va tout changer et nous signifier qu’on est aimé, voire même que non existe. Facebook est moins pathétique car, plus trivialement, intimement ouvert à tous les vents. Mais si l’on sait lire et écouter, c’est bien un cri identitaire qui s’exprime au fond d’une bouteille confiée au hasard des flots d’anodins bavardages. En gros, disons que c’est mieux que rien, dans cette solitude foisonnante où s’use laborieusement notre dérisoire temps de vie. »

À cette réflexion de Gil, François Bon apporte ce petit commentaire: « oui, bon, on peut aussi dire que c’est la même fonction qu’aller au bistrot et le même plaisir, sauf qu’on choisit ailleurs que géographiquement les copains avec qui on y va ?! » et celui ci encore: « et puis les empêcheurs d’amitié on peut toujours les dégager discrètement, ce qui n’est pas possible dans la vie réelle ». Bien vu !

NB: Le site de François Bon le tiers livre est (ici)

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