… Mais quand je te prêche le renoncement à l’action, je ne veux pas dire qu’il faut que tu vives en brahmane. J’entends seulement que nous ne devons entrer dans la vie réelle que jusqu’au nombril. Laissons le mouvement dans la région des jambes ; ne nous passionnons point pour le petit, pour l’éphémère, pour le laid, pour le mortel. S’il faut avoir l’air d’être ému par tout cela, prenons cet air ; mais ne prenons que l’air.…
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Cet extrait d’une lettre de G.Flaubert à Louise Colet, mercredi, minuit.
Hier, Gustave Flaubert était à l’honneur de la page d’accueil du moteur de recherche Google avec un Doodle en image intitulé «90ème anniversaire de Gustave Flaubert».
Mes pages: Celle ci, de Flaubert, tirée de sa correspondance, sur la mode. Un morceau d’anthologie. Pour lire la suite, continuez sur ce lien. Bonne lecture!
À LOUISE COLET.
[Croisset] Dimanche soir [29 janvier 1854].
Mais, comme il ne s’agit pas de déclamer contre le bourgeois (lequel bourgeois n’est même plus bourgeois, car depuis l’invention des omnibus la bourgeoisie est morte ; oui, elle s’est assise là, sur la banquette populaire, et elle y reste, toute pareille maintenant à la canaille, d’âme, d’aspect et même d’habit : voir le chic des grosses étoffes, la création du paletot, les costumes de canotiers, les blouses bleues pour la chasse, etc. ), comme il ne s’agit pas cependant de déclamer, voici ce que je ferais : j’accepterais tout cela et, une fois parti de ce point de vue démocratique, à savoir : que tout est à tous et que la plus grande confusion existe pour le bien du plus grand nombre, je tâcherais d’établir a posteriori qu’il n’y a pas par conséquent de modes, puisqu’il n’y a pas d’autorité, de règle. On savait autrefois qui faisait la mode, et elles avaient toutes un sens (je reviendrais là-dessus, ceci rentrerait dans l’histoire du costume qui serait une bien belle chose à faire, et toute neuve). Mais maintenant, il y a anarchie, et chacun est livré à son caprice. Un ordre nouveau en sortira peut-être.
Je constatais, dans mon billet précédent, le mauvais coup porté à notre langue par « un barbarisme » venu de Chine et qui, par la complaisante et démagogique vertu de Messieurs Balladur et Lang vient d’être élevé au rang de « création linguistique »
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