Articles marqués avec ‘Paul Valéry’

Une page d’André Gide prise, au hasard, dans son journal…

       

Sa.3.11.2022

Une page au hasard*.

« 16 janvier 1943. Je me penche jusqu’à six fois par jour sur la radio, avec cette enfantine illusion que l’excès de mon attention va pouvoir faire avancer les événements. C’est ainsi que Valery, les première fois qu’il voyageait un chemin de fer, poussait de toutes ses forces la paroi d’avant du wagon, pensant par cet effort, me racontait-il concourir à celui de la locomotive et accélérer la marche du train. »

André Gide. Journal. Une anthologie. Folio. Page 421

*C’est une habitude matinale  ! Après un premier café, je prends au hasard un livre dans ma bibliothèque ou sur mon bureau, ou ailleurs, et lis une page prise, elle aussi, au hasard…

 

Dimanche ! « Mauvaises » pensées et autres…

   

Finalement, à lire les publications qui défilent sur ma page d’actualités Facebook, et quel qu’en soit l’objet, je constate un grand conformisme chez leurs auteurs. Rares sont ceux, en effet, anonymes, parce que masqués, ou pas, à sortir de leur bocal idéologique pour nous surprendre d’une réflexion personnelle. Cela vaut pour les adeptes haineux des diverses sectes complotistes ou les militants et soutiens inconditionnels, souvent violents, d’une « cause » philosophique ou politique. J’observe aussi qu’échappent à  ce comportement moutonnier quelques personnalités qu’on aimerait rencontrer ailleurs que sur les réseaux sociaux ; et qu’elles ont souvent, pour ne pas dire toujours, le goût des livres et de la littérature.

Ce matin là, dans le cadre de ma fenêtre, très haut dans un ciel couleur d’acier…

 

 

 

Ce matin là, dans le cadre de ma fenêtre, très haut dans un ciel couleur d’acier, des martinets  signaient de noires arabesques. Plus bas, des hirondelles virevoltaient jusqu’au ras des toits, tandis qu’une tourterelle  plongeait dans le feuillage d’un arbre à l’odeur lilas. Il tombait une pluie fine qui courbait la cîme du cyprès où niche un couple de verdets. La ville était encore plus silencieuse qu’à son habitude, à cette heure et ce jour là. Sur mon bureau étaient une grande tasse de café et un petit livre de Régis Debray : « Un été avec Paul Valéry », ouvert à la page 124. « Que serions nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? Peu de choses, et nos esprits bien inoccupés languirraient si les fables, les méprises, les abstractions, les croyances et les monstres, les hypothèses et les prétendus problèmes de la métaphysique ne peuplaient d’êtres et d’images sans objets nos profondeurs et nos ténèbres naturelles. » Rien ne résiste en effet à qui fait preuve d’une intransigeante lucidité sinon cette part de  nous-même qui s’accorde au réel pour le sublimer… 

 

 

 

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