Contre-Regards

par Michel SANTO

Un troupeau de chèvre près de Madrid…

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Mardi soir au Théâtre, Vicente Pradal! Superbe spectacle. Voix, musique, poèmes… Un peu moins de deux heures prises à la vulgarité du temps présent. Celui qui ravit et béatise les bigots de l’actualité. Et la découverte de Miguel Hernàndez, natif de Orihuela, très belle petite cité de la province d‘Alicante, située à quelques kilomètres de Cox, le village de mon grand père. Voici ce qu’en disait Pablo Neruda, son ami: “… Comme il n’avait pas de quoi à vivre, je lui cherchais un travail. C’était difficile pour un poète de trouver du travail en Espagne. Finalement un Vicomte, haut fonctionnaire des Relations, s’intéressa à son cas et me répondit que oui, qu’il était d’accord, qu’il avait lu les vers de Miguel, qu’il l’admirait, et que celui-ci veuille bien indiquer quel type de poste il souhaitait pour rédiger sa nomination. Rempli de joie, je dis au poète: – Miguel Hernández, tu as enfin un destin. Le Vicomte t’embauche. Tu seras un haut employé. Dis-moi quel travail tu désires effectuer pour que l’on procède à ton engagement. Miguel demeura songeur. Son visage aux grandes rides prématurées se couvrit d’un voile méditatif. Des heures passèrent et il fallut attendre l’après- midi pour qu’il me réponde. Avec les yeux brillants de quelqu’un qui aurait trouvé la solution de sa vie, il me dit: – Le Vicomte pourrait-il me confier un troupeau de chèvres par ici, près de Madrid ? Le souvenir de Miguel ne peut s’échapper des racines de mon coeur. Le chant des rossignols levantins, ses tours sonores érigées entre l’obscurité et les fleurs d’orangers, dont la présence l’obsédait, étaient une des composantes de son sang, de sa poésie terrestre et sylvestre dans laquelle se réunissaient tous les excès de la couleur, du parfum et de la voix du Levant espagnol, avec l’abondance et la fragrance d’une puissante et virile jeunesse.”

PABLO NERUDA “Confieso que he vivido” 1974. Traduction Vicente Pradal 2004.

NB: billet écrit en mars 2008

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