Après le changement de pied idéologique et politique dans la conduite de sa politique économique, par son orientation vers la reconstitution des marges des entreprises et l’amélioration de leur productivité ( politique de l’offre longtemps honnie par le PS et la gauche en général ), les évènements tragiques de ces derniers jours entraînent le couple exécutif et son gouvernement à bouleverser son corpus de « valeurs » sociétales par l’affirmation de principes longtemps combattus, parce que « réactionnaires », comme ceux de sécurité, d’autorité, de respect, etc… Une ligne politique que défendait Manuel Valls lors des primaires socialistes, et une ligne qui n’avait rassemblé que 5% des militants socialistes et de gauche.
D’abord, disons que j’ai participé au rassemblement républicain du 11 janvier, et que j’y étais sans brandir une petite affichette, « Je suis Charlie » ou « Charlie ». Disons encore, que je ne cessais d’expliquer autour de moi, à des jeunes, et moins jeunes, voisins, ce qu’avaient de réducteur ces slogans et ce qu’en faisaient les « médias » : de l’auto-promotion! ; que j’étais aussi « flic », « juif » et « musulman », parce que eux aussi victimes des mêmes terroristes islamistes. Bref! que j’étais un citoyen français touché au plus profond de ses convictions philosophiques et politiques, et qu’un crayon planté dans des cheveux faisait une belle image, mais que cette image n’était pas celle de la France rassemblée dans toutes les places et les rues de ses villes et villages.
Le Premier ministre Manuel Valls a estimé ce mardi, lors de ses voeux à la presse, qu’il existait en France « un apartheid territorial, social, ethnique ». Apartheid! Eh bien, voilà le mot lâché, qui illustre mon billet de ce matin: le sens des mots n’a plus aucun sens, sauf celui d’attirer, par l’amalgame, l’anachronisme, etc…, la lumière des médias. Mais avec quels dégâts! Ainsi la France comparée à l’ancienne Afrique du Sud « blanche » et à son État fondé sur la ségrégation raciale, territoriale et sociale. Les terroristes islamistes ne pouvaient pas rêver mieux: un premier ministre qui parle leur langue et nourrit leur propagande et leur mythologie. Comme s’ils « possédaient » le cerveau de nos élites et dirigeants. La « guerre » des mots est très mal engagée. Serait-elle déjà perdue?
C’est Jacques Drillon qui nous le dit dans un de ses excellents articles : « Tout est dans la connotation. Le sens permanent du mot, son sens objectif, sa «dénotation», n’ont plus d’importance. Voilà le but du totalitarisme : supprimer la dénotation, au profit de la connotation. Vieille histoire, vieil attentat contre le vocabulaire. Déjà, sous l’Occupation, les Allemands appelaient les Résistants des «terroristes». Lorsque tout est dans la connotation, le raisonnement devient impossible, la communication faussée, et l’exact se confond avec l’erroné. »
Et de noter que : « Les têtes pensantes de l’islamisme l’ont très bien compris. Ils ont mis une bombe sous chaque mot du vocabulaire. C’est ainsi qu’on déclenche une guerre civile. La dernière Une de «Charlie Hebdo» est «raciste», a dit l’un d’eux. Entretenir la confusion entre anti-islamisme et racisme, voilà un bon exemple de connotation chargée de l’emporter sur la dénotation, voilà un mot prêt à exploser. »
Le 11 janvier, un ministre saoudien manifestait à Paris. Le 9, dans son propre pays, un blogueur recevait 50 coups de fouet et était lourdement condamné pour « insulte à l’islam. Ainsi: « On peut donc être Charlie et charia. » C’est cela l’amalgame, comme à propos de l’islam et de l’islamisme, de l’islamophobie et du racisme…
La guerre contre le terrorisme est aussi une guerre des mots. L’aurions-nous déjà perdue?
Dans ma petite ville, il est un grand et volumineux bâtiment public: le Palais des Arts des Sports et du Travail, dont personne ne semble se soucier, alors que, depuis de nombreuses années, son état ne cesse de se dégrader au point, aujourd’hui, d’être entouré de hautes barrières de sécurité afin d’éviter que des plaques entières de « béton-armé » ne tombent sur la tête de curieux, de touristes, de promeneurs ou d’amateurs de l’architecture dite « moderniste ». Des barrières qui rajoutent à l’état de désolation de cet ensemble architectural, comme s’il ne suffisait pas que les marches d’accès à son « jardin » soient défoncées et ses façades, par « plaques », réduites à leurs squelettes de « ferrailles » rouillées. Dernière touche finale pour enlaidir l’ensemble, une structure mobile au design improbable vient, sur son abord immédiat, d’y être installée, pour, m’a-t-on dit, servir de salon de réception lors de manifestations sportives, notamment.
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