Contre-Regards

par Michel SANTO

L’Amérique,notre histoire?

Samedi 25 novembre, 16 heures, à l’auditorium de la médiathèque de Narbonne, diffusion en avant-première du documentaire: « L’ Amérique, leur histoire. » en présence du réalisateur  Jean-Michel Meurice  ( qui a eu la bonne idée de s’installer à Bages ). Une salle comble et attentive, plutôt âgée et féminine. Pour un film qui, d’après l’auteur, lui a été commandé par ARTE (ce soir à 20H 40) « et qui doit s’adresser à un public de 7 à 77 ans. » Ironie involontaire de la situation !!!

Le parti pris de J.M Meurice ? Notre image des Etats-Unis découlant largement de celle que Hollywood en a fabriqué, soumettre deux grands témoins : Russell Banks et Jim Harrison  à la diffusion d’un montage d’extraits des plus fameux films afin de les leur faire commenter. Ça commence avec Naissance d’une nation et ça se poursuit avec La case de l’oncle Tom, les Raisins d de la colère…

Sur la durée, Banks voit les américains comme des évangélistes voulant imposer leurs valeurs au reste du monde. Le sauver du malheur quitte à tuer au nom d’une mission à remplir pour la plus grande gloire de Dieu, les Indiens comme les irakiens , avec cette arrogance et cette « imbécillité heureuse » qu’il y a à vouloir être admiré dans le monde entier.

Curieusement, en l’écoutant, et par un mouvement incontrôlé de mon esprit, les mots : « Français, Lumières, Etre Suprême, Paysans vendéens, Africains… » venaient se couler dans sa voix. A croire qu’avec l’Amérique de Meurice et R. Banks, c’est de notre histoire dont il est question. Ce qui expliquerait, peut être, le profond ressentiment des français à l’égard de ce peuple. Si différend et si proche…

 

 

Du respect pour le client!

Je constate depuis quelque temps, chez certains de nos jeunes professionnels audois de la chose politique, ce qui semblerait être, malheureusement, une prédisposition au style « vulgaire ». Ainsi, dans le flot quotidien des communiqués et des conférences de presse que nous rapporte la presse locale, j’ai pêché, aujourd’hui, cette perle de l’un d’entre eux : « Nous sommes dans la même marmite, maintenant il faut agir sur le contenu de la recette. » Limpide, non ? Quelle audace ! Eric, Georges (un amateur éclairé des plats lourds et gras) et les autres, baignant dans un « cassoulet de Montpellier ». Vous me direz que l’on cuisine avec les mots et les images dont on dispose. C’est vrai ! Comme il est aussi vrai que l’auteur de cette métaphore culinaire n’est pas prêt de  figurer dans le « Michelin » du bien parler. La « tambouille » qu’il nous présente sent plutôt en effet l’apprenti de cuisine pressé : ingrédients de second choix et technique médiocre. C’est quand même manquer de respect pour le « client » !  

 

Un nom en trois lettres.

Paul Léautaud place quelques unes de ses notes écrites durant la période 1927-1934 dans ses " Propos d’un jour " paru pour la première fois en 1947 au Mercure de de France. On jugera, avec celle-ci, de leurs caractères intemporels. " Un  homme qui n’a retiré aucune expérience des faits, à qui les faits n’ont rien appris, fermé à tout ce qui n’est pas son -dossier-, les fluctuations des circonstances, les faits nouveaux sans effet sur lui, et qui recommence ce qui eu les suites les plus fâcheuses, cet homme a un nom en trois lettres." Pages 55 et 56, dans sa réédition de 1983.

On vit au dessus d’un volcan.

Narbonne 39, Castres 17. Un score sans appel pour un match qui aurait du se terminer à la vingtième minute.

Face à un vent violent et facétieux, les joueurs narbonnais nous ont offert en effet, pendant cette première moitié du premier acte, un bien beau rugby. Un rugby inspiré et précis, limpide, qui fait de ce jeu, ainsi pratiqué, le plus beau des sports collectifs.

De là à crier au « Sublime » et au « Magique », comme Monsieur Bouldoire ( Indèp du 17 septembre, pages sports). Faut pas charrier quand même!

Ça me rappelle la remarque de R.Musil, dans l’homme sans qualité, à propos d’un cheval qualifié par un âne de génial.Après ce coup d’Etat linguistique, notre auteur n’utilisera plus ce terme.Et doutera de tout art à prétendre au génie… Si un cheval en a, alors ,à quoi bon une œuvre !

Cela dit, je préfère cette emphase, assez innocente, à celle franchement meurtrière de Monsieur Parra (Indèp du 17 septembre, page Narbonne) qui, lui" transperce, déchire, plante en plein cœur, enfonce jusqu’à la garde… désosse… " Et, pour finir : « les acheve… » Une vraie boucherie !

Un vocabulaire qui signale bien la nature essentiellement violente de tout sport collectif. Maîtrisée et disciplinée par le travail et le talent, c’est vingt minutes de bonheur. Sans principes et sans valeurs pour l’ordonner, c’est un champ de bataille : deux fois deux cartons jaunes à la 53ème et 55ème minute. Et un public au diapason : « On est chez nous, on est… »

Le rugby comme métaphore de la société.Qui me fait penser que l’on vit au dessus d’un volcan…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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