Contre-Regards

par Michel SANTO

Carême

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Eh bien ! ça décapite sec à l’hôtel de région. Directeur de cabinet, chef de cabinet, patronne de la communication, et je ne sais plus qui encore, à la trappe ! Et on nous annonce une prochaine fournée tout aussi fournie pour très bientôt. Il a une âme de conventionnel, en ce temps de carême, le George Frêche.

Foin de repentir, de méditation et de prières après sa condamnation et son exclusion du PS. Son délateur en chef lui a refilé la liste de ceux et celles dont le zèle servile a manqué au grand chef et hop ! la machine à couper les têtes tourne à plein rendement. D’abord les fonctionnaires et les petits marquis, c’est le plus facile. Ensuite… Aïh ! Aïh ! j’en connais qui doivent consulter leurs archives.

J’avais titré un de mes billets sur la situation au sein de l’équipe régionale: « les dagues sont sorties ». Eh bien nous y sommes. Sauf que les dagues ne suffisent pas à l’énormité de la tâche. C’est à la tronçonneuse qu’on étête…

Philippe


 

Philippe Torreton est un grand acteur. Un mauvais causeur aussi. A la scène, il incarne avec talent tout le génie de Shakespeare et dans la presse, le Midi Libre de ce dimanche, il s’exprime dans un français médiocre sur le tout et le rien. Un échantillon : « le service public a des exigences de volonté ». Un « service public exigeant » devait lui paraître un peu court, sans doute.

Le parler de nos comédiens se rapproche hélas de celui en usage sur les plateaux de télévision et dans les officines politiciennes. Pas étonnant, dans ces conditions, que Monsieur Torreton, qui pourtant se réclame « du génie de Jean Vilar », se laisse aller à dire qu’un mandat de député « le tenterait ». Une autre façon de faire du théâtre, après tout.

C’est la journée de la femme!

Nous sommes le 8 mars. C’est la journée de la femme. Elles sont rares dans les lieux de décision politiques. Moins de 10% dans les conseils généraux et 12% dans les conseils municipaux. A L’Assemblée Nationale elles sont 12% !!! Malgré la loi sur la parité. Une performance remarquable qui place la France au 80eme rang, entre le Niger et la Slovénie, juste avant l’Italie.

Et c’est le jour que choisissent les trois députés mâles de l’Aude pour officialiser leur candidature « derrière Ségolène », comme le titre l’Indépendant.

Ils ne manquent pas d’air nos hommes ! Provocation inconsciente ou ignorance avérée ? Sans doute un peu des deux. Mais symptomatique d’une culture politique locale où l’on ne fait même pas l’effort de recouvrir de l’habituel vernis de bonnes intentions des pratiques politiques discriminantes à l’égard des femmes.

Comptez donc , dans ce beau département de l’Aude, le nombre de mairesses, de femmes élues au Conseil Général (1 femme sur les 19 membres de la Commission Permanente), de sénateurs (0), de députés (0). Le constat est affligeant. La Papouasie doit faire mieux !

En comparaison, le monde du cheval, qui consacre même un classement paraissant au bulletin officiel des cavalières  concourant au championnat de France, fait figure de dangereuse cinquième colonne progressiste. Un comble !

Questions pour un champion.

 

Nicolas Sarkozy s’est planté sur RMC, ce matin, quant au nombre de “sous-marins nucléaires d’attaque” français. “Quatre”, a répondu le ministre UMP. “Non, c’est cinq”, lui a rétorqué le journaliste. En réalité, selon le ministère de la défense, la France dispose de six sous-marins nucléaires “d’attaque” (SNA), outre ses quatre sous-marins nucléaires “lanceurs d’engins” (SNLE). Ségolène Royal, interrogée lors de la même émission, avait répondu “un”, puis “deux”. Cette “bourde” avait été sévèrement raillée par des membres de l’UMP, dont Michèle Alliot-Marie, la ministre de la défense.

La France, pays de l’égalité (tu parles !), fais cher payer aux femmes leur « intrusion » dans la compétition aux plus hautes responsabilités politiques. Gageons en effet que l’erreur de Nicolas ne fera pas l’objet de commentaires sur son incompétence à exercer un mandat présidentiel. Un parfum de misogynie flotte encore dans cette campagne. Sur un fond d’acide procès mené par des journalistes à la recherche du moindre faux pas pour tourner en ridicule les candidats. Michel Rocard en avait déjà été victime avec le « prix du ticket de métro ».

La politique rabaissée à “Questions pour un champion”… Grotesque !

De la fixité mobile.

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Jacques Bascou commente,dans son blog,deux de mes billets : « le tête à queue idéologique » et « joyeuses fêtes ». Billets dans lesquels je notais que Ségolène Royal, dans sa pré campagne pour l’investiture du parti socialiste, mettait l’accent sur des valeurs autrefois considérées à  «  gauche », j’en étais, comme intrinsèquement de «  droite » : l’ordre ( bourgeois !), la sécurité ( C.R.S=S.S!!! ) , la famille ( opprimante !), le travail ( aliénant !). Non point pour m’en plaindre, mais bien, à l’inverse, pour m’en réjouir ! Le temps où nous rabâchions ces vieilles lunes idéologiques est en effet bien fini. Ce qui n’est malheureusement pas l’avis, hélas, d’encore trop nombreuses voix autorisées au sein du P.S. 

Jacques ne partage pas ce constat et écrit ceci : « L’ordre de gauche, c’est le mouvement contre l’ordre établi… ».

Bien ! Bien ! L’ordre juste est donc un ordre de gauche qui serait un ordre en mouvement !!! De la fixité mobile en quelque sorte. En grammaire, on appelle cela un oxymore. Et en politique, où on raisonne plus finement, de la dialectique. De la dialectique dont le président Mao, si cher à notre grand timonier régional G. Frêche, disait qu’ elle pouvait casser des briques… !

S’en servirait-on à présent pour enfoncer aussi des portes ouvertes ? D.S.K, hier,  le pensait : « Ségolène Royal… dit qu’il faut d’abord rétablir l’ordre, qu’elle appelle juste, et elle a l’ordre pour projet…Or pour la gauche, l’ordre est nécessaire, bien sûr, mais ne peut être à soi seul un projet politique»  Remplacez gauche par droite, centre, verts, rouge pâle ou foncé, et cette dernière phrase vaudra évidemment pour tous les candidats à l’Elysée.

Au café du commerce, peu fréquenté il est vrai par des grammairiens, on dira, entre deux ballons, que c’est une grosse lapalissade…

Mais soyons un brin sérieux. Hier soir, sur TF1, Ségolène a fait une bonne prestation, dans le style voulu par ce genre d’ émission: écoute,promesses,compassion… Une assistance sociale garantissant à tous un plus de quelque chose: d’emplois, de salaires,de retraites,de logement,d’éducation,de recherche, de loisirs… sans jamais mettre en question l’ordre social présent. Un mouvement dans la stabilité, avec cependant une pointe d’ adaptation aux évolutions de la société qui doit faire grincer les dents des militants de la vieille gauche.Sur l’entreprise, par exemple, elle a osé défendre une thématique « blairiste ». Comme Nicolas. Celle du gagnant/gagnant ou du donnant/donnant. Compétitivité et distribution équitable des gains, d’un côté, souplesse et sécurisation des parcours professionnels, de l’autre.

Le choix serait-il donc entre un blairisme de gauche et un blairisme de droite ? Et le mouvement où est-il? A suivre…Ah ! au fait, reste-t-il encore des chapeaux à avaler dans le magasin des vieilles idées ?

Illustration:le petit Nicolas de Sempé

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