Les dagues sont sorties.

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Acte 1 : Le procureur (la commission des conflits du PS)

« Il est apparu aux membres de la commission que, sans conteste, ces propos ­ au-delà de leur caractérisation pour le droit – ne sont pas compatibles avec les valeurs d’égalité et de respect des Droits humains qui fondent depuis toujours l’engagement du PS et sont contenues dans sa déclaration de principe mais aussi (…) dans les principes constitutionnels de notre république ».

Acte 2 : L’accusé : (G. Frêche)

« C’est un procès de l’inquisition qui rappelle les pires moments du stalinisme. On offre ma tête au peuple en espérant gagner quelques voix dans les DOM (départements d’outre-mer). »

« J’ai pas besoin de la politique pour vivre. » Et le meilleur, sans rire :

« Tout ce qui est exagéré est inutile »

Acte 3 : Le verdict : (prononcé à l’unanimité)

Le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, est exclu définitivement du parti socialiste  en raison de ses propos sur le nombre important de joueurs noirs en équipe de France de football.

Acte 4 : Le choeur régional : (et son chef)

« C’est le meilleur d’entre nous. »

Eh bien! Si le meilleur d’entre eux est viré pour ses indignes propos,que vaut le reste de la troupe? Et qui est cet « entre nous » ? Le groupe socialiste ? Mais il ne l’est plus,socialiste, Georges ! Faut-il alors entendre, en toute logique, qu’il n’y a plus de groupe socialiste ?!

Ces messieurs n’ont décidemment pas fini de manger ce qui leur reste de fausse dignité? Et demain, quand le moment sera favorable, ils sortiront leurs dagues et frapperons…

Mon gendre, tout est rompu!

 

 

Mercredi 17 janvier, soirée théâtre. La pièce ? Un chapeau de paille d’Italie de Labiche : la plus jouée de son abondante production. Un texte hybride qui oscille sans cesse entre la comédie de mœurs, la satire bourgeoise et la farce.  Et sur lequel plusieurs metteurs en scène aguerris se sont cassés les dents. La version proposée au public narbonnais par G. Rouvière était, elle, dans le genre « moderne ».

Une ambiance de guitare électrique, au propre comme au figuré, un décor sombre et plat, une exagération dans le grotesque et le ridicule des personnages et des situations, qui me firent sortir de la salle comme j’y étais entré, « crevé ». J’espérais mourir de rire, j’ai cru mourir d’ennui. Un comble, pour un esthète de la dérision dont le comique, à la limite de la farce, s’exprime paradoxalement au mieux dans la nuance et la subtilité.

La lecture du programme et la présentation de cette pièce par Monsieur Rouvière m’avaient pourtant préparé au pire. Labiche ? je le cite : « un auteur… d’une cruauté brutale » Ses mots ?: « … sont catapultés, éruptés… » Les mots et les idées ? : « … tout veut sortir de sa bouche. » Et, au final, sa pièce : « …un cauchemar onirique. » Une enfilade de perles à vous donner le vertige, un sabir de collégien enivré de coca et de  mangas.

Quand je pense qu’un journaliste local a osé écrire que la pièce de Labiche n’était pas à la hauteur de la mise en scène de Rouvière. Pourquoi pas demander à Jack Lang de la réécrire, tant qu’on  y est ?  Quelle époque, quel cuistre…

«  Mon gendre, tout est rompu ! »

 

 

 

 

Le sommeil de la raison

Homme lige : « qui a rendu à son seigneur un hommage l’engageant à une fidélité absolu. ». C’est la définition qu’en donne le Petit Robert et qui, d’après C.S.Di Scipio, dans l’Indépendant de dimanche, qualifierait le mieux E. Andrieu. Il le serait de Ségolène et de G. Frèche réunis, si je lis bien cette édifiante interview dans laquelle notre jeune élu audois précise aussi, fièrement, qu’il a « appelé les socialistes à faire preuve dans cette affaire de discernement et de soutien à G. Frèche… »

L’ivresse du pouvoir.

 

Le théâtre de la vie politique nationale et régionale scénarisé par les grands médias me fait penser à ces vers sans cesse »commentés » par nos contemporains dans une langue aussi obscure que ne l’était le style de Racine : si lumineux !

 

 

« De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse,

Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.

Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois,

Maîtresses du vil peuple, obéissent aux roix ;

Qu’un roi n’a d’autre frein que sa volonté même ;

(…)

Qu’aux larmes, au travail le peuple est condamné,

Et d’un sceptre de fer veut être gouverné ;

(…)

Ils vous feront enfin haîr la vérité,

Vous peindront la vertu sous une affreuse image (…)

On se paye ma truffe!

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Tout d’abord la mansuétude / Vînt ensuite l’ingratitude / »Mais on est chez Tartuffe ! /On se paye ma truffe«  / A crié seigneurial / Notre chef provincial /Non lui répondit Royal / »D’ordre juste«  il s’agit / Et pour qui mal agit /  L’exclusion est permise / Sans remords et sans bises / Garde aux mots que vous dîtes / Qu’en passant vous perdîtes / Des blacks dont vous médites / Sachez ma réclame / Que je vous déclame /  » Occire est juste / Quand le nuire est injuste  » / Voilà ce qu’est la bravitude / Qui en  toute certitude / Est la reine des attitudes / Ne me parlez point d’inélégance /  Ni d’obligeance /  Vous qui dans la circonstance / Tuerait sans négligence /  Que voulez vous mon pauvre ami /  De vous et d’autres j’ai appris /  Tous les coups bas sont permis.

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