Serge Griggio m’a offert le dernier livre de Gilles Moraton : « Transfuge » (Maurice Nadeau, 2025) .
Il savait qu’il me toucherait. Nos origines identiques : prolos du sud, familles espagnoles trempées de communisme, ascension rude vers les livres. Narbonnais aussi. Mais plus jeune : 66 ans.
Un avocat lâche tout. Sa femme, sa famille, son confort, sa société bourgeoise et riche. Il veut vivre ailleurs. Plus simple, plus vrai. Dans un quartier pauvre de Paris. Il se trompe. La vérité n’est pas dans les faubourgs. Elle n’est pas dans la bourgeoisie non plus. Elle est nulle part.
Je l’ai sorti de ma pile. Celle de ma cabane. Il m’attendait, massif. Comme les amours de Javier Marías. 373 pages. Roman publié en 2011, traduit en français deux ans plus tard. Je l’ai ouvert comme on avance dans une pièce obscure, tâtonnant, cherchant la voix. Et la voix, c’est María.
Il était dans un coin de ma cabane. Parmi d’autres livres attendant d’être lus. L’inondation est un très court roman, moins de soixante pages, de Evgueni Zamiatine. Son dernier texte publié – en 1929 – avant l’exil.
Je me méfie toujours des livres fraîchement parus, ces œuvres que la rumeur critique, souvent complaisante, encense ou démolit sans recul. Trop de bruit, trop d’échos parasites. J’attends que le temps fasse son œuvre, qu’il trie, qu’il efface ou qu’il consacre.
𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐝𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧. Marc Sztulman claque la porte de la liste conduite par François Briançon. Motif : la fusion avec La France insoumise de François Piquemal. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime […]