Contre-Regards

par Michel SANTO

Quelques perles (et humeurs conséquentes) pêchées à la fin de la semaine dernière…

       

Je lis ceci sur la page Facebook d’une professionnelle du Tourisme : “Idée de sortie pour ce WE : visite du concept innovant de ” Lodge Boat” au port de Gruissan”. Voilà que l’on visite des concepts à présent. Tenez, une  idée de lecture pour demain : la visite du concept de romantisme chez Flaubert !

“Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça !”, me disait aussi une petite voix…

   

Recommandant la lecture quotidienne d’une ou deux « pensées » de La Rochefoucauld ou de La Bruyère pour exercer sa lucidité et ne point être dupe de certaines postures sociales,  je citais ce dernier : « nous faisons par vanité ou bienséance les mêmes choses que nous ferions par inclination ou par devoir ». Un penchant auquel nul n’échappe, en effet : le rédacteur de ce billet, le premier !

Dans le miroir de nos vanités…

   

Chaque matin, avant d’écouter ou de lire les nouvelles du jour — qui en réalité sont de la nuit — chacun d’entre nous devrait lire une “pensée” prise au hasard d’un nos grands “moralistes” : La Rochefoucauld ou La Bruyère, par exemple. Ils ont cette vertu en effet de n’en laisser aucune  — vertu — exempte de sa part, plus ou  moins grande, d’hypocrisie.

Dimanche : Quelques notes prises à la volée, et en passant…

   

Novembre !

Dimanche 17. Je déteste cette expression : “A ne manquer sous aucun prétexte”. Elle clot toujours une invite à voir une expo, un film ; lire un livre, goûter un vin ; que sais-je encore. Je la déteste d’abord par ce qu’elle montre de son auteur : sa vanité, l’exceptionnalité de ses goûts… ; mais la déteste surtout pour l’offense faite à toutes mes bonnes — ou mauvaises, selon — raisons de ne point la suivre. Fussent-elles des plus triviales…

Une amie Facebook note sur sa page : “Quatre députés de la FI portent plainte contre Alain Finkielkraut suite à ses propos sur la “culture du viol”. S. Ndiaye salue cette initiative même si elle admet que l’essayiste usait du second degré. L’ironie est reconnue comme un délit. Enfin !”

Samedi 16. Dans les années 70, il était interdit d’interdire. Jouir sans entraves, aussi, était fièrement revendiqué contre un ordre moral castrateur. Aujourd’hui, la même extrême gauche intellectuelle et politique, surveille, censure et punit. L’ordre moral a changé de camp : il est progressiste !

Vendredi 15. Une nommée Clémentine Vagne a lancé hier une pétition pour demander le retrait d’Alain Finkielkraut de France Culture. Il est 20h45, et 6229 personnes l’ont déjà signée. Au pays de Voltaire et de Simone Weil, ces militantes n’ont qu’une obsession : interdire, bâillonner, faire taire, censurer ! Effrayant !

Jeudi 14. La nouvelle présidente de l’UNEF, madame Luce, brille ! Que dis-je rayonne ! Comme quoi, le niveau de crétinisme orthographique et grammatical permet l’accès aux plus hautes responsabilités syndicales dans le monde étudiant, d’abord, et politique, souvent, ensuite — enfin ! dans l’ancien monde… Le style est l’homme (la femme) même.

Mardi 12. Ce titre du « journal de référence » du soir (je ne le nomme pas ?): « La manifestation de dimanche a dénoncé les actes antimusulmans, après avoir divisé la gauche et suscité les critiques du Rassemblement national. » Et vous voilà, si vous l’avez crtiquée, avec une étiquette du RN collée dans le dos. Dégueulasse !

Lundi  4. J’écris comme je marche. Les premiers mots donnent le rythme ; la première phrase le sens de la marche. Parfois je perds ma route le jour et la retrouve souvent la nuit… Lire c’est comme voler du temps au temps ; ouvrir les portes de l’imaginaire et du savoir ; entrer dans le ciel des idées, en contempler les étoiles, y décrocher celles qui m’attirent…