Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de la Grande Région LR/MP.Régionales2015: L’absurde débat de pré-campagne en Languedoc-Roussillon…

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À lire et/ ou entendre les propos tenus par les « leaders » de gauche et de droite du Languedoc-Roussillon durant cette pré-campagne des régionales, on ne peut pas ne pas être « frappé » par une convergence surprenante, avec des nuances certes, sur le thème « Montpellier va se faire dépouiller par Toulouse ». J’insiste: Montpellier seulement. Comme si l’élargissement des frontières administratives à Midi-Pyrénées et la désignation de Toulouse comme capitale de la future grande région, en « déclassant » administrativement Montpellier, allait entraîner les autres composantes territoriales, hors la métropole montpelliéraine dans le déclin. ( voir aussi mon billet du 1/08/2015 : ici ) Ce discours, aujourd’hui dominant en L.R, je voudrais rapidement en montrer les limites, pour ne pas dire l’absurdité politique.

Et tout d’abord rappeler cette évidence culturelle et sociale, à savoir que l’institution régionale – et ses différentes instances politiques – n’est pas reconnue comme un centre d’appartenance fort. On « est » d’un Département et d’une Commune, qui, depuis des siècles, « structurent » les esprits, moins d’une Région, trop jeune et, dès sa conception, aux frontières déjà contestées. L’attrait « symbolique » de Montpellier et de sa métropole sur les autres territoires régionaux ne dépasse pas en effet ses frontières.

Au plan économique, il en est de même. Si les différentes composantes de la métropole ont des intérêts évidemment convergents et un avenir économique commun, il n’en est pas de même avec l’Aude et les PO, d’une part, et le Gard, d’autre part. Sur les marges seulement, oui, je le concède! Mais sur les marges seulement. Le Gard ayant son « avenir », à terme, en P.A.C.A. Quant à la Lozère!

Cela dit pour faire observer à nos « élites » du L.R que la majorité des habitants et des électeurs des cinq départements de cette région, ne se reconnaissent pas dans les débats et polémiques en cours autour de Montpellier, de son statut futur, de ses pertes en emplois administratifs de l’État etc…

Tout se passe, en effet, comme si l’enjeu principal de la fusion avec Midi-Pyrénées devait se limiter à cette seule question. Comment l’expliquer?

Sans doute par la sur-représentation des élus, de gauche et de droite, du 34 dans les instances régionales, mais aussi par le conflit ouvert et violent entre le Président de la la Métropole et ses anciens partenaires socialistes; le cantonnement d’un Damien Alary sur son seul Hôtel de Région, sur les rives du Lez, aussi.

Il serait quand même temps qu’un peu plus d’intelligence pénètre les consciences; et que celles qui sont censées représenter nos intérêts et solliciter notre adhésion électorale, se rendent enfin compte que la représentation qu’ils se font de la réalité régionale n’est pas du tout conforme à ceux qui la vivent au quotidien. Jamais comme en ce moment la communication politique n’a envahie les esprits d’élus en quête de mandats, au point de leur faire confondre l’image qu’ils veulent donner du L.R, image fabriquée par des « gourous » spécialistes du marketing politique, avec la réalité que s’en font leurs électeurs potentiels et réels…

Au travail donc, mesdames et messieurs!

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Commentaires (7)

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    robert duval

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    Bonjour Monsieur SANTO!
    Vous aussi vous voyez des gourous partout! C’est très amusant.
    La vérité c’est qu’il y en a, et ils sont partout. Je dis bien partout! Et pas seulement où, vous, vous en voyez.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Pas partout, où donc voyez-vous ça? Je ne suis pas atteint de paranoïa aigüe. Et là utilisé dans le sens de maîtres à penser des élus, pour désigner les spécialistes du marketing politique et de la communication politique et institutionnelle…

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    Yannick Bénézech

    |

    Bonjour Michel. Cette « vision » des politiques locaux s’explique tout d’abord, à mon sens, par le poids tutélaire de G. Frêche. Ce dernier a oeuvré pour faire de Montpellier ce qu’elle est, en déshabillant les autres villes du « semis urbain languedocien » (Nîmes, Béziers, Sète, pour les plus proches).. .La plupart des dirigeants politiques de notre Région, surtout ceux du 34, sont encore dans cette logique. Il n’y a qu’a voir la sur-représentation des « Montpellierains » ou de ceux issus de la Métropole dans la liste du PS. A cette sur-représentation, il faut ajouter l’absence de connaissance historique et géographique sur notre Région, présente chez de nombreux élus et/ou candidat(e)s. Je ne parle même pas du b.a.ba concernant l’aménagement du territoire. La fusion avec Midi-Pyrénées est une chance, elle doit permettre de repenser le territoire régional dans son ensemble grâce à un meilleur équilibre et une grande complémentarité. Une fusion réussie est à ce prix, quitte à ce que Montpellier et Toulouse perdent un peu chacune de leur influence pour diffuser celle-ci autour d’elles. A ce titre l’axe Béziers-Narbonne-Carcassonne à tout à y gagner.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Bonjour Yannick! Nous sommes bien d’accord. je n’ai pas voulu personnaliser cette trop rapide analyse, mais évidemment que l’hégémonie de GF explique cette « vision » des politiques locaux que j’explicite ici. Une vision, encore prégnante, toujours fondée sur, souvenez-vous, Montpellier-Technopole. À savoir une technopole pensée comme devant concentrer tous les « pouvoirs » d’abord, pour « percoler » ensuite, diffuser le développement dans toute la région. Une vision qui date des années 60-70, et qui correspondait à l’idéologie dominante des aménageurs de l’époque. Une vison et une conception erronée, et que je n’ai cessé de combattre en promouvant, en LR, une conception correspondant à la singularité d’une région au réseau urbain géographiquement multipolaire… Merci pour vos commentaires Yannik!

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    Didier

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    Bonjour Michel,
    Tout cela n’est pas faux, mais ce n’est pas récent.
    Jusqu’en 2004 les « ténors » locaux dénonçaient l’intérêt trop important accordé aux marges régionales, prétextant que seules leur « grande commune » chef lieu départemental méritaient d’être prises en compte. Le concept de multipôle technologique régional et toutes les politiques que nous menions pour équilibrer le territoire étaient vouées aux gémonies. A partir de 2004 une grosse part du gâteau à Montpellier, quelques miettes aux barons locaux, de droite et de gauche, gardois, audois ou catalans et le tour était joué. Le peu de conscience régionale que nous avions tenté d’insuffler a vite été balayée par le nombrilisme étriqué de cumulard patenté pour lequel l’intérêt général est trop souvent immolé sur l’autel des intérêts de leur petite Cour locale.
    Tout cela est pitoyable mais résulte du double phénomène du cumul et de la pérennisation des mandats. Ils se comptent sur les doigts d’une main les élus régionaux qui un beau matin ont décidé VOLONTAIREMENT décidé d’arrêter .

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      He oui Didier. J’ai parfois l’impression de me répéter, depuis le temps…

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    Joel Raimondi

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    OUI Monsieur Santo , puissent les élus du peuple ET leurs techniciens experts de la future grande région se mettre au travail et mutualiser les meilleures actions politiques en terme d’éducation, de formation, de culture, d’économie , de transports et déplacements, de coopération européenne … La Région Languedoc Roussillon peut enrichir la corbeille de la mariée, avec Le littoral, les vins et les terroirs, la médecine etc etc mais aussi par ex avec Lo Cirdoc (médiathèque occitane unique en son genre , conventionnée à la BNF, connue et utilisée mondialement…) ous saisir l’opportunité de relier Bordeaux à Montpellier et Barcelone par TGV … Bref travailler un véritable projet politique …plutôt que ces mascarades de lutte des places dont les citoyens lambdas n’ont que faire !!!

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