#NuitDebout! si peu tendre, si peu câline…

Ce matin, dans les « Matins de France Culture », le préposé à la revue de presse (1), Nicolas Martin, nous a sorti son dictionnaire des idées reçues  pour se gausser des éditorialistes de la presse écrite, nombreux, qui auraient, selon lui, l’outrecuidance de signaler, avec plus ou moins de condescendance, l’essoufflement « d’un mouvement social », selon eux  bien mignon,  mais ne servant pas à grand-chose, pour ne pas dire à rien. À l’exemple de Denis Daumin de la Nouvelle République, pour qui «Le mouvement Nuit Debout, cet objet politique non identifié, occupe nos places et encombre l’espace du débat public autant qu’il l’embarrasse». Un interminable «crépuscule des bobos» (Le Figaro), peu goûté par Martin qui lui fit ouvrir le dico  de Gustave – un sacré réac, pourtant! – à l’acception «Journaux»: « Ne pouvoir s’en passer – mais tonner contre ». Et  d’illico le faire en insistant sur l’aspect inédit, innovant du mouvement, citation du Parisien – une référence! – à l’appui: «Hier l’Assemblée Générale des lambda, assis sous le soleil, a décidé de se doter du droit de vote, pendant qu’une petite armée de jardiniers entreprenait de planter un potager à côté du métro.»


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Tandis que d’autres, restés inaperçus par nos candides journalistes du service public, inventaient une forme de dialogue et de débat démocratique, classique, puisée dans l’imaginaire « révolutionnaire » de leurs grands parents:


Ce qu’exprime, caricaturalement, une nommée Aissatou Dabo, présentée comme la porte-parole de la Coordination Etudiante (!) , pour qui : « on a décidé de ne pas se dissocier de ceux que vous appelez les casseurs, parce que c’est une division en plus que vous apportez alors que y’a pas d’eux et nous, c’est nous tous ensemble… ». Contre l’État policier et la répression! Et la dictature néo-libérale, évidemment…

Et dire que nous sommes en « guerre », que  « l’État d’urgence » a été prolongé, que la menace terroriste est très élevée, que la « foule », après le massacre du Bataclan, il y a un « siècle », embrassait la « flicaille »…  Et dire aussi que tout ceci se produit à l’occasion de la discussion de la loi El Khomri, qui ne casse plus trois pattes aux syndicats, dont on peut comprendre la contestation, certes, mais qui ne devrait pas pouvoir envoyer des « commandos » embraser les façades de lycées, ou celle de commissariats. Et des cohortes d’individus planter des choux place de la République…

Comme Yves Montand, qui cherchait après Titine, je cherche partout l’État… et ne le trouve hélas pas…


(1) Un brin, c’est peu dire, complaisante, n’est-ce pas Brice Couturier? Mais néanmoins brillante!

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