Les prédateurs du Midi.

Midi Libre n’a jamais été un journal tranquille. Il est né dans l’après-guerre, dans la poussière des imprimeries que l’on secoue comme on secoue une démocratie neuve. Il portait haut les couleurs d’un Sud qui croyait encore au courage des hommes et aux mots simples. Puis le temps a passé. Et les prédateurs sont arrivés.

𝐋𝐞 𝐃𝐞́𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐛𝐚𝐫𝐫𝐢𝐜𝐚𝐝𝐞𝐬 : 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐞𝐧 𝐫𝐞́𝐯𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐚𝐭𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐨𝐫.

Ai sorti de ma bibliothèque Kindle 𝑳𝒆 𝒅𝒆́𝒋𝒆𝒖𝒏𝒆𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒃𝒂𝒓𝒓𝒊𝒄𝒂𝒅𝒆𝒔, 𝒅𝒆 𝑷𝒂𝒖𝒍𝒊𝒏𝒆 𝑫𝒓𝒆𝒚𝒇𝒖𝒔. Je le dévore, et je ris. Rarement un roman m’a paru aussi vif, aussi cruel et délicieux à la fois.

Le décor : le Meurice, palace parisien en plein mai 68. La hiérarchie s’effondre, le personnel s’essaie à l’autogestion, et Florence Gould tente désespérément de maintenir son déjeuner littéraire du prix Roger Nimier pour le remettre, au milieu du chaos, au lauréat, un jeune inconnu nommé Modiano.

Ruffinades.

Les députés ont voté le passage de 3 % à 6 % pour la taxe sur les services numériques : la fameuse « taxe GAFA ». Taxe saluée comme « un coup de pied au derrière donné à nos dirigeants », par un Ruffin toujours en pointe dans l’incompétence et l’hypocrisie parlementaire.