Contre-Regards

par Michel SANTO

Je vais me coucher!

Ouf! Enfin terminé.Une majorité absolue pour Sarkozy.Mais moins importante que prévue, j’allais écrire heureusement.De quoi quand même gouverner et appliquer un programme pas très consensuel mais clairement affiché. L’heure de l’action et des difficultés vient donc de sonner. Celle du contrôle des résultats des politiques engagées aussi.
A gauche
, c’est plutôt celle de la remise en question qui commence. Du moins on l’espère. Celle de son programme, de sa stratégie, de ses dirigeants. Pourtant, à entendre, ce soir, les premières réactions de certains des éléphants, la tentation  d’en découdre semble dominer la nécessité d’en parler. Du fond, je veux dire…
Ici, en terre d’Aude, pas de surprises. Trois roses sur trois sièges. Certes, baisse continue et régulière dans le Narbonnais: 61% en 1997,56% en 2002,54% en 2007, mais hégémonie socialiste tout de même, alors que tout le littoral languedocien est bleu! Et ce malgré que le jeune opposant au socialiste sortant est fait une bonne campagne… A ce rythme, il peut espérer lui ravir son siège dans 10 ans!
J’avais cependant parié sur un score plus serré, et l’avais soutenu (lire mon billet précédent ) pour ce faire (le temps des fidélités politiques,pour moi, est en effet fini…).Ne pouvant plus supporter ce mélange de conservatisme social et de cynisme politique, dont le modèle achevé, en Languedoc-Roussillon,est G. Frèche. Et que ne masque plus une rhétorique de bonimenteur pseudo-progressiste. A chaque élection donc, le plein usage de ma liberté. J’ai pas fini d’en entendre!
A demain, peut-être! Minuit et demi, je vais me coucher…

Le facteur de Frèche.

Bascou sollicite et obtient le soutien ostentatoire de Frèche. Ostentatoirement relayé, sans pincettes, par le Midi Libre narbonnais qui, sur ¾ de page, cite, en gros caractères, quatre fois le député sortant et une seule fois Py. Avec cependant une information capitale, bien dans le style de Georgiu : « Bascou me passe les dossiers de Narbonne ». 
Après le « gentil » Andrieu, le voilà qui nous affuble Bascou d’une casquette. De facteur ! Chez cet homme, le mépris des autres est une seconde nature…
Triste d’en arriver à rechercher la caution d’un spécialiste de la provocation empoisonnée.S’il n’avait fallu qu’une seule raison de ne pas voter PS, elle vient de m’être offerte… Et le ferai savoir…

Marie-Antoinette!

La guillotine vient de tomber sur Marie Ségolène. Aux manettes, François et son bureau national. Son crime, un usage abusif du téléphone portable et du Modem…Et accessoirement une conception très royaliste du pouvoir doublée d’un mépris souverain des dirigeants socialistes.

Dimanche, d’autres têtes parmi celles de ses amis devraient tomber. Il suffit de voir celle de Julien Dray, qui en fait une de drôle, pour s’en convaincre.

Après Jeanne d’Arc, voilà madame Royal revêtue des habits de Marie-Antoinette…

 

Deux humeurs!

André Navarro, le rédacteur en chef narbonnais de l’Indépendant, est bien meilleur analyste politique que son homologue du Midi Libre.

Le second nous explique, à la manière de Coué version Royal, que Jacques Bascou (PS) est bien arrivé derrière Py (UMP) au premier tour, mais que la réserve, à droite, est vide alors qu’à gauche , elle est suffisamment abondante pour qu’elle puisse encore espérer conserver son siège. De justesse, quand même, et à condition de mobiliser les abstentionnistes. Allez Jacques !

Le premier, plus lucide, qu’on est devant le même schéma que le premier tour des présidentielles, à la différence près, cependant, que, contrairement à Ségo, c’est le candidat UMP qui vire en tête (historique en terres cathares !) et qu’il serait inexact de soutenir que la gauche aurait été plus abstentionniste que la droite. Dernière remarque corroborée en effet par un sondage commenté dans Libération, aujourd’hui : « 29 % seulement des sondés se sentant proches du PS se sont abstenus, soit dix points de moins que la moyenne nationale. C’est même un tout petit peu moins que les électeurs UMP (30 %). » Aïe ! Aïe ! Jacques !

Deux manières de voir la réalité, deux tempéraments. Deux humeurs. Le Midi Libre mobilise, et voit plutôt rose.L’Indépendant analyse, et voit plutôt bleu…

Cinq ans!

Des lendemains qui pleurent ! Et du bleu partout…C’est la gueule de bois dans la maison rose narbonnaise. Comme prévu … Et ce n’est pas fini ! Car la logique à l’œuvre est bien de faire élire Py.

Pour des raisons d’efficacité : il sera mieux entendu dans les ministères. D’équilibre du pouvoir départemental et régional : il fera taire l’arrogance des Frèche et consorts. De réaménagement du PS : il obligera ce parti à revoir son projet, son programme, sa stratégie…et ses dirigeants.

Cinq ans en salle d’étude, c’est si vite passé…