Contre-Regards

par Michel SANTO

Bayrou n’est plus de droite!

 image A propos de Ségolène Royal : « En dix mois, elle a fait ce que le PS n’a pas été capable de faire en cinq ans », juge Arnaud Montebourg, l’un de ses porte-parole. C’est vrai ! Le dernier des dogmes qui lui restait, au P.S, vient de tomber. A Montpellier. Des ministres UDF, donc de droite, dans un gouvernement présidé par Madame Royal, et des accords de désistement aux législatives pour constituer une majorité présidentielle, voilà sa dernière initiative. Gonflée ! Qu’en pensent les Verts et le P C dont la survie dépend d’un quota de sièges qui leur assurent un groupe à l’Assemblée? Les élus du P.S ont-ils le sens du sacrifice au point de satisfaire Bayrou, Buffet et Voynet en même temps ? Ce qu’il y a de sûr, c’est que le Parti et les éléphants sont sur le cul. Et, quoiqu’il arrive, après ce coup d’état et de barre à droite, plus rien ne sera comme avant, à gauche… Sauf que Bayrou n’a aucun intérêt dans cette affaire. Son objectif, en effet, est d’occuper l’espace politique que n’a pas su, ou pu, créer le PS, et que tente de réaliser par une prise de risque considérable Ségolène. La compétition est donc lancée entre Bayrou et le P.S (avec qui aux manettes ?). Dans ces conditions, le Béarnais va donc pencher objectivement vers Sarko et subjectivement vers Ségo pendant ce deuxième tour et installer un Parti Démocrate qu’il voudrait  ressemblant, clin d’œil atlantiste, à ceux de la gauche anglo-saxonne. Son pari réussira-t-il ? Intéressant, mais incertain…Incertain, mais surtout improbable… PS : J’écrivais ces lignes le Mercredi 25. Voir l’analyse de Noblecourt dans  » Le Monde  » du Jeudi 26 en cliquant sur:  » Le bing bang social-démocrate du PS »    

Narbonne la bleue?

 

Dimanche soir, Narbonne la « rose » n’en croyait pas ses yeux et le chroniqueur du « Midi Libre » ses tablettes.

Pour la première fois, en effet, hormis en 1969, la droite républicaine et son leader de l’U.M.P arrivent en tête. Sans aller jusqu’à titrer, comme son collègue de Carcassonne, qui a osé « l’Aude plébiscite (!!!) S.Royal : 30%… » (La trouille peut-être ?), l’évènement méritait quant même mieux qu’un laconique et désabusé commentaire de statisticien à la retraite.

On a beau tripatouiller les chiffres dans tous les sens et se rassurer en mélangeant l’orange et le rose avec un zeste de rouge, le reflux vers les « hautes terres » d’un  » socialisme  » aussi désuet que rétrograde est patent.

A l’évidence, le radicalisme verbal et compassionnel des socialistes départementaux ne suffit plus désormais à masquer leur profond conservatisme social et politique. A regarder en permanence et en arrière vers les Cathares et les Vignerons de 1907 tout en tendant la sébile vers l’Etat pour mieux servir une clientèle électorale vieillie et en voie de disparition, on récolte ce genre de déconvenue.

C’est donc un message clair que la partie la plus dynamique, au plan démographique et économique, du territoire audois vient d’envoyer à Lagrasse et Mouthoumet.Et qui risque d’être confirmé dans quinze jours.

Sera-t-il entendu? J’en doute.

Choisir,sans peur!

 

La crise de la représentation politique a été, pendant ces quinze dernières années, le thème à la mode chez les intellectuels de la « chose » politique.

Journalistes, sociologues, politologues et professeurs en tout genre s’en régalaient, jusqu’à l’ivresse, à longueur de colonnes. Et dimanche, vlan ! les électeurs leur ont donné une magistrale leçon de chose en leur expliquant que, si l’offre était bonne ils étaient prêts à y répondre. Massivement. Et passionnément.

Il aura suffit, pour ce faire, que les thèmes, les valeurs et les préoccupations de la campagne présidentielle soient en correspondance avec l’état réel de l’opinion et que les leaders politiques, dans les partis de gouvernement, soient enfin libérés des blocages psychologiques propres à leurs propres traditions.

Remercions donc NS, SR et FB pour avoir remis à l’honneur l’engagement civique et le goût de la politique. Et, accessoirement, d’avoir laminé les extrêmes de droite et de gauche…

A l’origine de ce grand chambardement : N.Sarkozy . C’est lui qui, sans conteste, trace le périmètre idéologique de la campagne depuis de longs mois et qui, conséquemment, par ses positions, « droitise » ses concurrents de gauche et du centre tout en vampirisant l’électorat de Le Pen.

Osons encore une dernière remarque en forme de pronostic : la blairisation du parti socialiste passe par la victoire de Sarkozy !…Dans le cas contraire, elle se fera aussi mais elle prendra plus de temps…

Dans quinze jours, le paysage politique français aura donc radicalement changé et pris un sacré coup de jeune. Tant mieux ! Entre temps, nous aurons choisi un caractère et des compétences pour aller jusqu’au bout de ce processus… Ou d’en retarder l’échéance.

Un vrai choix !

Vivement dimanche!

imagesDimanche, le choix se fera sur une personnalité et des valeurs plutôt que sur des programmes à 100 ou 150 propositions qui dépassent de toute façon l’entendement moyen du citoyen même correctement informé. Quant aux autres…

C’est aussi ce que André Fontaine développe dans son article du « Monde » d’aujourd’hui. J’en cite l’impeccable conclusion:

Le successeur du général de Gaulle et de François Mitterrand doit savoir qu’il n’aura pas la vie facile. Il lui faut un courage et une santé à toute épreuve, une vision ferme de ce qu’il peut attendre de la France, des Français et des autres, la capacité d’écouter mais aussi celle d’imposer des mesures impopulaires. Le niveau élevé d’électeurs encore indécis dans les sondages n’est-il pas le signe que c’est ce qu’attend de lui ou d’elle une grande partie de l’électorat. ? 

De qui est ce donc le portrait robot?

Nous le saurons bientôt. Si les électeurs (… trices ) l’entendent bien ainsi…

Un ciel sombre et bas.

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Comme chez l’homme, le macaque aurait 20 000 gènes répartis sur 42 chromosomes.
Comme chez le macaque, l’homme voit le monde à travers les grilles de son désespoir.
Mais, enfin, les hirondelles sont de retour.
Pour la première fois, ce matin, elles virevoltent au dessus des toits de Narbonne.
Nombreuses.
Dans un ciel sombre, et bas…
Une raison d’espérer.