Contre-Regards

par Michel SANTO

Le « virus » d’Orange.

Quel c… ce Mariani! Et quelle désolante Assemblée.Voter ainsi l’ amendement de ce député du Vaucluse légitimant la pratique de tests ADN pour des candidats à des regroupements familiaux originaires de pays où n’existent pas de registres d’état civil fiables, un amendement aussi inutile au plan pratique que dangereux au plan symbolique, et nous voilà embarqués dans  » un débat  » à la française où se mêlent, dans un vacarme médiatique inouï, préjugés moraux, manipulations idéologiques et basses manoeuvres politiciennes. Q’une majorité ait permis à cet icône de la droite la plus conservatrice de réussir son coup, me laisse encore pantois. Décidemment, Sarko a plus à craindre de ce genre d’individus que de la gauche en général et de la sienne en particulier. En attendant, il y a des jours comme aujourd’hui où je ne suis pas très fier d’être français…

Deux étoiles nous guident.

Etrange couple que celui formé par Messieurs Julès, conseiller municipal démissionnaire, et Nappez, rédacteur en chef du Midi Libre local. Le premier se réclame d’un apolitisme intransigeant pour justifier sa décision quand le second en conteste le principe pour combattre le maire en titre. Mais, par un étrange paradoxe, tous les deux finissent par se retrouver ensemble pour stigmatiser son comportement et sa gestion.Ce qui, au demeurant, est tout à fait leur droit. Un droit que n’entâche bien sûr aucune arrière pensée politique d’aucune sorte puisqu’il est admis ici qu’un journaliste libre ne peut,déontologiquement, en avoir et  qu’ un apolitique conséquent, ne saurait, philosophiquement,en posséder.Dans le ciel bien sombre et bien bas de Narbonne, deux étoiles nous guident…

Notable donc coupable.

C’est le titre de l’excellent téléfilm que je viens de voir sur la 2. Des acteurs épatants , notamment C. Berling, un scénario simple et bien construit, un montage vif et nerveux, et le tout au service d’un sujet passionnant : le pouvoir de manipulation des médias. L’histoire? Prenez deux prostitués mythomanes, un gendarme évangéliste, un tueur en série ; mettez-les dans une grande ville de province où un grand quotidien régional veut la peau de son ancien maire; agitez ces ingrédients sur un fond de sauce politicien et lancez quelques rumeurs bien salées. Enfin, après avoir laisser reposer à feu doux, lâchez la meute médiatique. Résultat: un coupable idéal ! C’est un homme politique de premier plan, il est plutôt beau gosse, a une belle femme, une belle maison et détient un pouvoir forcément pervers … Fatalement coupable… La suite demain et déjà une première leçon: la manipulation des esprits et le lynchage public sont l’inconscient collectif de ceux là mêmes qui prétendent au devoir d’informer. C’est sur une chaîne de télé du service public que cela nous est dit.Un retour sur soi lucide et salutaire, mais qui ne nous fera pas oublier sa participation à la curée médiatique dont furent victimes certaines personnalités d’une grande capitale régionale voisine…

Cox à Narbonne

 Cox
Trois jours d’Espagne à Narbonne. Comme promis, lors de mon séjour à Cox (province d’Alicante), Carmelo, son maire, et Tayo, son adjoint, sont venus à la rencontre des nombreux narbonnais d’origine espagnole venus de cette petite cité située entre Murcia et Alicante. Ils n’étaient pas seuls! Musiciens de la  » Armonica « , parents, et mon cousin Manuel Santo, les accompagnaient. Que d’émotions pendant cette fin de semaine. Surtout samedi après midi, pendant le concert, dans une salle des Synodes bondée où se massaient de nombreuses personnes qui m’ont connu enfant, leurs yeux brillants, exprimaient la joie de ces retrouvailles avec leur village, leur province.. Des Vicente, des Morales, des Rives, des Santacruz… Le début d’une relation promise à de nombreux développements, comme s’y sont engagés Michel Moynier, le maire de Narbonne, et Carmelo Fulleda, le maire de Cox. Michel Moynier qui m’avait donné « cartes blanches » pour ce faire, et qu’il convient de remercier ici. A cette heure, mes amis sont sur la route, et dans quelques minutes j’irai voir mon père. C’est son anniversaire aujourd’hui: 82 ans. Hier au soir, immobilisé sur son lit, il discutait en espagnol avec son cousin Manuel, 82 ans, comme lui aussi… Leur dernière rencontre sans doute… Étrange coïncidence… Ah! Manuel, sans le savoir, quel cadeau ! Buen viaje con todos… Gracias, Carmelo y Tayo.Y hasta pronto…