Contre-Regards

par Michel SANTO

Les banlieues où on brûle des livres.

undefinedDans un ouvrage téléchargeable sur le site de la vie des idées, Denis Merklen et Numa Munard nous livre leur analyse sur la nature de ces émeutes urbaines à l’occasion desquelles leurs protagonistes mettent le feu aux bibliothèques. Je les cite:“D’une part, elle doit être observée dans le cadre des conflits entre l’État et les classes populaires et, d’autre part, comme faisant partie des clivages qui divisent les classes populaires, y compris et surtout à l’intérieur de ce que l’on appelle les banlieues”. La puissance explicative de cette hypothèse formulée dans le style marxo-pompier des années 60/80 est en effet manifeste. De sorte que,si « on” ( c’est à dire les jeunes!!! ) met le feu aux caves, aux voitures, aux poubelles, si « on » incendie les bus et brûle les livres et les filles, ce serait donc , pour reprendre une autre de leurs perles, parce qu’ils représenteraient  » aussi un objet social dont on se sert pour tracer des frontières entre les groupes et les catégories ». Voillà ce qu’aujourd’hui on publie dans la République des idées pour nous aider à comprendre ce qui, dans l’Allemagne hitlérienne, était une pratique courante des sections d’assaut ( les  S.A de sinistre mémoire ) lumpen-prolétarisées…Franchement nul,on se croirait quarante ans en arrière,en première année de socio à Vincennes…

L’ouverture du pauvre.

A Narbonne, comme partout en France, la campagne des municipales est lancée.Et, comme partout en France, l’effet  » Nicolas  » produit des effets inattendus. Ainsi, le député socialiste J.Bascou ne veut plus qu’on lui rappelle son « positionnement » à la gauche du parti de la rose. Apolitique est son mot d’ordre. Ce qui n’a plu ni aux Verts ni aux communistes qui vont, avec nos folkroristes « occitans », faire liste commune. A l’inverse cela semble beaucoup plaire à d’anciens amis du maire en place en mal de reconnaissance sociale. A Paris, pour François Hollande cette manière de faire de la politique est  du « débauchage ». On le comprend, Sarko n’a pas pris les plus nuls des socialistes dans son gouvernement. Mais ici, dans ma petite ville, si j’en crois la presse locale,on voudrait faire du neuf, sur un costume dégriffé, avec quelques pièces usées et démodées. Du « pétassage », en langage indigène. Une ouverture du pauvre en quelque sorte…

Un rêve français.

   

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Ce matin, plus de 600 journalistes à la conférence de presse de Nicolas. Un record, paraît-il. Et ce soir, les mêmes, devant leurs caméras, micros et claviers de nous exposer leur gêne ou leur mépris d’avoir à commenter l’action et la politique d’un personnage « pipolisé ». Question: « pipolisé » par qui, sinon par ceux qui se pressent à son invite? Plutôt que de cracher dans la soupe qu’ils nous préparent et nous servent tous les matins, nos journalistes feraient mieux de s’inspirer de l’action menée par les scénaristes américains. Plus un mot en effet ne sort de leurs stylos… En grève!