Contre-Regards

par Michel SANTO

Revue de presse

Les journalistes, enfin, pas tous, ceux qui font l’opinion : les quelques « grandes signatures de la presse écrite », nous prennent vraiment pour des andouilles. Les revues de presse de ce matin, à la radio et à la télé nous apprennent en effet  que le « débat » d’hier au soir organisé par le P.S pour départager Ségolène,Dominique et Laurent était ennuyeux. Les mêmes, qui, hier, tiraient à boulets rouges sur la politique spectacle se désolent aujourd’hui qu’il n’y ait pas eu de « mise à mort symbolique ». C’est ce que l’on appelle l’esprit de suite. On se «  paye » les politiques quand ils font dans la petite phrase assassine et on se les « repaye » quand ils n’en font pas… C’est le marché qui commande… Bon, cela dit, c’est vrai que c’était un peu … raide et, comment dire,… policé. Mais, au final, intéressant ! Ségolène est apparue comme une candidate à la présidence… des présidents de Région, Laurent, mal fagoté pour une fois ( était ce volontaire ?), nous a fait un remake de 2001 sans le programme commun de gouvernement et Dominique, au milieu, était bien dans la posture assumée du social-démocrate décomplexé. Il avait des airs de Clinton… Si les adhérents du P.S avaient un comportement « rationnel », c’est sur lui que devraient se rassembler leurs suffrages. Mais ! Comme disait, tonton ( je ne suis pas tout à fait sur de la formule…) : « le PS est composé de vrais petits bourgeois qui se donnent des airs de vrais-faux révolutionnaires. »

Avez-vous remarqué que derrière chacun des présidentiables se trouve un ancien jeune dirigeant trotkiste? Dray pour Ségo,Weber pour Fabius, Cambadélis pour Dominique.Et j’oubliais François (Rebsamen) derrière François (Hollande)!

PS: Ce serait bien si à l’U.M.P les primaires se déroulaient de la même manière…Quelle foire en ce moment!


 

 

 

 

Royaliste l’Aude?

Les socialistes audois sont du genre facétieux. Cet été, une de leur jeune militante faisait pleurer Jospin. C’était il y a un siècle, ils votaient non avec Fabius et Montebourg au traité constitutionnel européen. Au dernier congrès de leur parti, ils se sont prononcés pour une synthèse fourre-tout présentée par Hollande. Et, aujourd’hui, leurs dirigeants se déclarent Royalistes. Avec une Ségolène qui surfe sur l’opinion après avoir envoyé par-dessus bord « le programme qui engage le parti … » ! Comprenne qui pourra ! Nous ne sommes pas cependant au bout de nos surprises. Hier, en effet, Lionel est parti en campagne. Et la machine à distribuer des bouffes aussi…Le spectacle politicien continue. Et il promet ! A gauche comme à droite… Quant au véritable débat d’idées les citoyens patienteront.Jusqu’à quand et à quel prix? 

 

 

Tartuffes!

J’ai longtemps cru qu’il était possible de débattre sérieusement des questions relatives à la gestion des affaires publiques. Surtout quand elles concernent le quotidien narbonnais.

C’était naïvement sans compter sur les travers médiatiques locaux. Ceux,surtout, du « Nord Enchaîné ». Que nous explique en effet son rédacteur en chef à propos de l’échec annoncé de la super agglo de la Narbonnaise :1) Tout le monde est d’accord sur le fond  2) C’était une manœuvre politicienne au profit de M. Py 3) J. Bascou et ses amis de droite et de gauche ont eu raison de s’y opposer. Et il enfonce son stylo dans son billet d’humeur pour adopter un registre poujadiste au fumet inquiétant : c’est la victoire des petits, des sans grades, des médiocres, des pas intelligents etc. Ciel ! On n’est pas en 1958, tout de même!

Pourquoi ne nous explique-t-il plutôt pas en quoi cette super agglo aurait permis à M. Py de gagner les futures législatives ? Le ridicule de cette hypothèse, pourtant au coeur de son propos, aurait évidemment sauté à la figure de ses lecteurs. Comme ils ne peuvent plus ne pas constater, le lisant, que derrière le masque de l’indignation morale et des analyses au ras des préjugés se cachent de petites arrières pensées politiciennes…

Qu’on m’entende bien. Que M. Py ait eu de telles intentions, sans doute. Que Martin, Bascou et ses amis en aient eu aussi, certainement. Que certaines plumes s’y trempent consciemment ou pas, la mienne comprise, bien sur. Mais là n’est pas l’essentiel. La seule question qui m’intéresse est de savoir si cela était bon pour notre territoire et si cela pouvait être fait, maintenant.

Ma réponse est: oui! A une condition cependant : que tous les acteurs aient jeté, provisoirement, les inévitables arrières pensées politiciennes qui font le bonheur des tartuffes locaux.Que l’on me démontre, sérieusement, le contraire.

On vit au dessus d’un volcan.

Narbonne 39, Castres 17. Un score sans appel pour un match qui aurait du se terminer à la vingtième minute.

Face à un vent violent et facétieux, les joueurs narbonnais nous ont offert en effet, pendant cette première moitié du premier acte, un bien beau rugby. Un rugby inspiré et précis, limpide, qui fait de ce jeu, ainsi pratiqué, le plus beau des sports collectifs.

De là à crier au « Sublime » et au « Magique », comme Monsieur Bouldoire ( Indèp du 17 septembre, pages sports). Faut pas charrier quand même!

Ça me rappelle la remarque de R.Musil, dans l’homme sans qualité, à propos d’un cheval qualifié par un âne de génial.Après ce coup d’Etat linguistique, notre auteur n’utilisera plus ce terme.Et doutera de tout art à prétendre au génie… Si un cheval en a, alors ,à quoi bon une œuvre !

Cela dit, je préfère cette emphase, assez innocente, à celle franchement meurtrière de Monsieur Parra (Indèp du 17 septembre, page Narbonne) qui, lui" transperce, déchire, plante en plein cœur, enfonce jusqu’à la garde… désosse… " Et, pour finir : « les acheve… » Une vraie boucherie !

Un vocabulaire qui signale bien la nature essentiellement violente de tout sport collectif. Maîtrisée et disciplinée par le travail et le talent, c’est vingt minutes de bonheur. Sans principes et sans valeurs pour l’ordonner, c’est un champ de bataille : deux fois deux cartons jaunes à la 53ème et 55ème minute. Et un public au diapason : « On est chez nous, on est… »

Le rugby comme métaphore de la société.Qui me fait penser que l’on vit au dessus d’un volcan…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triangle d’Oc…

Les idées cheminent. Et l’histoire fait le tri. Les bonnes finissent par triompher. Les mauvaises tombent dans l’oubli.

Je disais récemment à un de mes amis journaliste, qui me demandait de lui résumer mon analyse de la région, que deux lignes de fractures la «  structuraient ».

La première sépare la plaine et son littoral (qui concentre les ¾ de la population et de l’emploi) de l’arrière-pays. La seconde coupe le couloir urbain entre un Est (Sète Montpellier Nîmes) bien accroché au couloir rhodanien et un Ouest (Béziers Narbonne Perpignan) dont les taux de croissance démographique et de l’emploi ne rivalisent pas avec le premier ensemble oriental.

Et ses deux principes de division se croisent… au carrefour Narbonnais Biterrois !

Conclusion : on ne peut penser la région qu’à partir de cet épicentre là. Je l’ai appelé : Triangle d’Oc. Mais peu importe le nom…

Relevons, en tout cas, que les initiatives récentes de G. Frèche, sur l’axe Sète Nîmes, et de M.Moynier et J.P Alduy, sur l’axe Narbonne Perpignan s’appuient, consciemment ou pas, sur ce constat. Et elles vont dans le bon sens. Comment ne pas s’en réjouir !

Et dire qu’au lendemain des régionales, un vice-président du conseil régional « spécialiste de l’aménagement du territoire » interrogé sur leTriangle d’Oc répondait du haut de sa récente compétence « ce territoire n’est pas pertinent. »

Brisons un secret de polichinelle. Je connais bien E. Andrieu. Je connais bien aussi, depuis plus longtemps, G. Frèche. Et je constate que le second aura, par ses propositions et ses initiatives récentes, fait œuvre de pédagogue, sans le vouloir peut-être, pour le plus grand profit du Triangle d’Oc.

Certains peuvent s’en étonner,moi pas…