Contre-Regards

par Michel SANTO

Madame Taubira et le poète !

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Hier, en ouverture du débat sur le projet de loi sur « le mariage pour tous », la garde des sceaux a achevé son discours devant l’Assemblée, au demeurant de qualité, par ces vers du poète guyanais Léon-Gontran Damas ( il fut aussi député ) : « L’acte que nous avons à accomplir est beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l’aube voit s’épanouir enfin les pétales. ». Comment dire ! Quand un poète est convoqué dans ce genre de circonstances, sa poésie perd tout son pouvoir d’émancipation spirituelle. Le poète n’a besoin de rien prouver : « sa seule preuve réside dans l’intensité de son émotion » ( M. Kundera ). Et quand son souffle achève le discours d’un ( e ) professionnel ( le ) de la politique, pour orner ou clore son argumentation, il en sort, souvent, pour ne pas dire toujours,  par sa bouche, tristement ridicule. Comme un cygne hors de l’eau. Laissons donc la parole à ce même Léon-Gontran Damas pour conclure : « Citez-m’en / citez m’en un / citez m’en un / un seul de rêve / qui soit allé / qui soit allé / jusqu’au bout du sien propre. » (Névralgies : page 78, Présence Africaine). Le poète a toujours raison: le rêve est son royaume ! Laissez le donc, Madame Taubira, nous faire rêver encore.

 

Michel Sapin n’est plus de bois!

 

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C’est le ministre Sapin qui l’affirme :  « l’Etat est totalement en faillite » ! Le stress, sans doute, et sa langue n’est plus de bois. Une vérité, surtout désagréable, finit toujours par s’imposer ; et les feuilles mortes d’une novlangue faite de banalités, de clichés, de pléonasmes, d’expressions pompeuses, superflues ou redondantes de tomber. Mais Moscovici, en bon pompier, est arrivé pour éteindre ce feu qui menaçait la forêt de poncifs où vivent et prospèrent nos faiseurs d’opinions. « C’était une image, que Sapin exposait ! ». Une autre manière de dire : «  C’était pour rigoler, il ne fallait l’entendre qu’au troisième degré ».  Ainsi font, font, font nos habiles marionnettes, trois petits tours et puis s’en vont… Comme des guignols. A la télé ! 

La leçon d’une vieille et belle dame.

 

 

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Dimanche en début de soirée. Ciel gris et petite pluie. Je jette un dernier coup d’œil sur « l’actualité ». Vent du Globe, Mali, Mariage pour tous… Le téléphone sonne ! – Monsieur Santo, comment allez-vous ? ça fait quelque temps que je ne vous ai vu… et votre dame ? – Bien, madame Serre. Et vous ? – Oh moi, vous savez, à mon âge… allez… ! Une conversation de pure convenance motivée par le seul souci de s’inquiéter de ma santé ? Non ! Une adresse inattendue à mon esprit ce soir là un peu perdu dans un flux d’informations ininterromptues . Madame Serre, ma voisine aura 101 ans le 6 février ! Comment l’a remercier encore de son appel, qui m’ a soudainement ramené à la réalité. Celle d’une vie que l’on voudrait aussi longue, aussi digne, aussi pleine du souci des autres que celle de cette jeune et belle vieille dame. Une leçon de civilité aussi, au milieu du bruit monde. Inattendue. Comme un cadeau, qui ne serait pas d’anniversaire…

A Narbonne, Mouly est une « marque » !

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Dans un récent billet, je rappelais que le marché politique obéissait aux mêmes lois que les autres, les grandes marques ayant la préférence des électeurs. Peu importe en effet la « qualité » intrinsèque du produit, c’est la « marque » qui conditionne l’acte d’achat et , en l’espèce, détermine le vote pour un candidat. Une marque qui  symbolise une histoire, des référents sociaux, des personnages historiques… A Narbonne, par exemple, ce peut être le nom d’un parti : PS, UMP…, ou le nom d’une éminente personnalité : Mouly. Ce qui me faisait dire à un ami, samedi dernier, à l’heure du thé, que le sondage lancé pour apprécier le rapport des forces au sein des forces d’opposition à J. Bascou,   entre Mouly ( le fils ), l’ U.M.P et Millet serait très largement favorable au premier; et que si les élections avaient lieu demain, ce seraient Bascou et ses alliés du PS qui les gagneraient. Ce qui vient d’être provisoirement confirmé. Dans l’imaginaire narbonnais, le nom de l’ancien maire possède en effet, pour longtemps encore, une importante « valeur ajoutée » ; il est associé, à tort ou à raison, peu importe, à des principes, une méthode et des valeurs qui sont toujours d’actualité. Il suffit donc filialement, comme Didier, de le porter pour spontanément capter une part importante de la demande du marché électoral narbonnais. Il serait vain de le nier! Nouveau Narbonne ne signifie rien, mais son créateur et son nom, à l’inverse, signifient tout: c’est un capital de notoriété à forte productivité. Autant dire que pour Narbonne Oxygène et Patrice Millet, pour inverser cette tendance lourde du marché , il va lui falloir de bons vents, de solides équipiers et beaucoup ramer… 

Demain dimanche, Gide ne sera pas dans la rue!

 

 

 

 

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Demain Dimanche, les partisans du « mariage pour tous » seront dans la rue. Permettre aux couples homosexuels de convoler en justes noces devant « monsieur le maire », serait du plus grand chic progressiste, il paraît. Ce qui, indépendamment d’une juste égalité en droits revendiquée, est pour le moins, disons paradoxal. Les mêmes, ou leurs pères et leurs mères, dans les années 60 et 80, leur Marcuse et leur Gide dans la main, brocardaient en effet cette hypocrite et bourgeoise « union ». En elle, ils y voyaient le temple infernal du conservatisme le plus rance, l’origine sociale de toutes les névroses et le symbole absolu de toutes les aliénations. Comment donc aujourd’hui ne pas sourire devant ce curieux retournement de valeurs autrefois incarnées par le « beauf » de Cabu, sa baguette et son béret. Encore une ruse de l’histoire qui voit triompher la cellule mère, si je puis dire, d’un capitalisme castrateur et honni, qui fut de ce fait violemment contestée par les « progressistes » du temps passé. Demain, seront donc célébrées les noces d’ une union au libéralisme avancé, quand d’autres militent pour qu’elle soit beaucoup plus régulé: étrange situation où chaque camp, armé de solides et sonores convictions, lutte à fronts renversés ! En espérant qu’elles soient, enfin !, avec délicatesse, respect et dignité, dimanche et lundi, exprimées. Pour tous ! 

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