Contre-Regards

par Michel SANTO

Fadela plutôt que Razzy.

Razzy Hammadi est secrétaire national du PS, et voici ce qu’il nous sort après que la Marseillaise ait été conspuée par tout un stade lors du match France-Tunisie d’hier: « les sifflets sont inacceptables ». « Même si la France a eu pendant des années une politique coloniale en Tunisie, même si les Français d’origine tunisienne, et plus largement les Maghrébins ou les Français d’origine maghrébine sont trop souvent victimes de discrimination et de harcèlement policier, il n’en demeure pas moins que la République, en dépit de ses promesses non tenues, n’est pas à humilier en sifflant son hymne«  Ah! ce :  » en dépit «  Bref, je condamne du bout des lèvres et je comprends du fond du coeur cette violence symbolique exercée à l’encontre de toute une nation qui, c’est mon cas,s’est sentie profondément et injustement souillée. Car elle n’est, nous invite à penser ce Monsieur, que la conséquence d’un passé colonial et d’un présent raciste. Alors que dans ces circonstances où la bêtise jointe à la haine coagule des foules hystériques il faudrait une classe politique unie dans la condamnation ferme et sans nuances, remonte à la surface ce genre de posture où l’inconditionnalité de l’innocence sociale  » des jeunes français issus de l’immigration  » est justifiée par l’inconditionnelle responsabilité de la France. En attendant la réaction de Manuel Valls aux propos démagos de son camarade, contentons nous donc d’apprécier le parler vrai de madame Fadela Amara qui exprime dans un communiqué sa « colère devant ce qui est pour (elle) le niveau le plus élevé de la bêtise ». « C’est dégueulasse ! Assez ! Je refuse que ce comportement indigne s’installe et se banalise ». Et d’ajouter  » que l’on prenne des mesures fermes pour priver ces imbéciles du plaisir du sport « . Voilà qui est dit!

Errance politique.


Acte 1
Dès lundi soir, après la présentation du plan de 360 milliards d’euros, François Hollande, premier secrétaire du PS et Jean-Marc Ayrault, président du groupe du groupe PS à l’Assemblée,  assurent que les socialistes ne voteront pas contre.
Acte 2
Mardi matin, les deux mêmes tentent de convaincre les députés que l’heure était à l’union nationale face à la crise financière, provoquant une bronca orchestrée par Fabius.
Acte 3
François Hollande change de scénario et propose l’abstention.Sept députés la rejete, annonçant leur intention de voter le plan de sauvetage.
Epilogue
Manuel Valls: « Je regrette que nous n’assumions pas pleinement notre responsabilité de parti d’opposition. Il manque clairement aujourd’hui des hommes d’Etat au Parti socialiste »

Chers pigeons.

Max Weber et sa femme Marianne en 1893Après le haut le coeur et l’envie de vomir provoqués par l’ingestion de l’info, que j’ai toujours sur l’estomac, qui m’apprenait que Fortis s’offrait un déjeuner à 3000 euros le couvert au Louis XV, voilà que j’apprends, ce matin, juste après mon petit déjeuner, que le groupe Deixa s’est payé un raout à 200 000 euros à la même table de la principauté de Monaco. Au menu, d’après le Monde.fr: « poitrine de pigeonneau des Alpes-de-Haute-Provence, foie de gras canard et pommes de terre nouvelles sur la braise ». Au bord de la faillite et sauvés par les pouvoirs publics, ces parvenus de la finance franco-belge se goinfrent sans crainte et remords de pigeons et de canards au prix d’un paquet d’actions dévaluées. Décidemment, le temps où Weber écrivait son  » Ethique protestante et esprit du capitalisme «  pour expliquer la naissance et le développement de ce système de production en Europe est bien loin. On en vient presque à regretter ces austères patrons puritains pour qui, selon notre sévère sociologue, la possession de richesses était moins condamnable que le fait de se reposer dessus et d’en jouir. Jouissance dont ne se privent pas nos chefs de la finance à qui on reconnaîtra néanmoins un certain sens de l’humour, même involontaire, et un goût certain pour l’immoralité, parfaitement assumée…

Qui s’intéresse encore au congrès de Reims?

Eh bien le voilà le plan en 3 volets  (prises de participations dans les banques, isolement des dettes pourries et aides au marché interbancaire) coordonné au plan européen que voulait le  » marché « . Echaudés par la faillite de Lehman Brothers et la non intervention de l’administration américaine, tous les détenteurs de fonds de placement avaient vendu leurs titres placés dans le secteur  bancaire et financier. Leur objectif était de bloquer la circulation monétaire et celle des crédits pour obliger les Etats à garantir leur retour sur ce marché. C’est fait, et la purge peut commencer. Si, au plan financier le  » marché « a gagné, au plan politique, et en Europe, c’est le couple Sarko-Brown. Le second parce qu’il fut le premier à concevoir et mettre en place un plan complet de crise ( et pour cause, l’industrie financière anglaise est une des plus importantes de la planète ). Le premier,  pour s’être appuyé sur le second et l’imposer au reste de l’Europe, en deux temps et moins de 15 jours. Fallait le faire! Enfin, cerise sur le gâteau, l’opposition socialiste va probablement voter le volet français…Au fait qui s’intéresse encore au congrès de Reims?…

La bourse chute! et alors…

Toutes les bourses chutent, et alors! Le problème n’est pas là, et ce pour une raison simple: toutes les entreprises, toutes, voient leur valeur fondre et sont donc, toutes, potentiellement achetables. Et l’étant toutes aucune ne le peut, acheter. Par contre, il est bien vrai que les vendeurs d’actions qui se précipitent sur des obligations d’Etat à trois mois perdent du capital. Et alors! cette perte d’aujourd’hui est un gain dans le futur pour les nouveaux acheteurs. Toute cette masse de valeur n’est pas partie en fumée, en effet, comme se plaît à le raconter une presse paresseuse et ignare. Il s’agit tout simplement d’ un transfert de valeur entre vendeur et acheteur. Ce qui, entre parenthèses, permet à ces nouveaux entrants en général jeunes, d’accèder  à des  » biens  » jusqu’alors réservés aux  » vieux « . Non, ce qui pose surtout problème une fois la garantie des dépôts et l’absence de faillite bancaire assurées, c’est le gel des cédits interbancaires au jour le jour et l’assèchement consécutif des ménages et des entreprises pour financer leurs trésoreries et/ou leurs investissements. Les banques qui ont du casch ne prêtent plus à celles qui ont les caisses vides et les prix des produits dérivés de crédit offrant une « assurance » contre le non-remboursement d’un crédit ( de l’ordre de la dizaine de milliers de milliards) s’envolent, traduisant ainsi, tout simplement, la probabilité perçue de non-remboursement des dettes des entreprises bancaires. En conclusion, tant que les Etats ne garantiront pas, après les dépôts des particuliers et l’absence des faillites bancaires ( par le rachats d’actifs pourris et des nationalisations partielles ou totales ) ces prêts interbancaires, on ne sortira pas de la crise. La totale quoi! Un rêve de militant socialiste réalisé par des gouvernements libéraux…

Articles récents