Contre-Regards

par Michel SANTO

La lumière compromise!

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Mes pages :

Paul Valéry — Regards sur le monde actuel, page 123 de cette édition électronique. Texte daté de 1939

«Parmi tant de progrès accomplis, il n’en est pas de plus étonnant que celui qu’a fait la lumière. Elle n’était, il y a peu d’années, qu’un événement pour les yeux. Elle pouvait être ou ne pas être. Elle s’étendait dans l’espace où elle rencontrait une matière qui la modifiait plus ou moins, mais qui lui demeurait étrangère. La voici devenue la première énigme du monde. Sa vitesse exprime et limite quelque chose d’essentiel à l’univers. On pense qu’elle pèse. L’étude de son rayonnement ruine les idées que nous avions d’un espace vide et d’un temps pur. Elle offre avec la matière des ressemblances et des différences mystérieusement groupées. Enfin cette même lumière, qui était le symbole ordinaire d’une connaissance pleine, distincte et parfaite, se trouve engagée dans une manière de scandale intellectuel. Elle est compromise, avec la matière sa complice, dans le procès qu’intente le discontinu au continu, la probabilité aux images, les unités aux grands nombres, l’analyse à la synthèse, le réel caché à l’intelligence qui le traque et pour tout dire, l’inintelligible à l’intelligible. La science trouverait ici son point critique. Mais l’affaire s’arrangera.» 

Norman Foster à Narbonne!

Midi Libre, ce matin : « Selon nos sources, c’est Norman Foster, architecte de renommée mondiale, qui a été retenu à l’hôtel de Région, parmi les cinq derniers candidats en lice, pour la maîtrise d’œuvre du Musée de la Romanité de Narbonne. »

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Une bonne nouvelle, quoique l’on pense de l’opportunité de ce projet. J’ai toujours défendu l’idée, sans être écouté ni entendu par ceux qui détenaient le pouvoir à l’époque, que la signature d’architectes de renommée internationale comme Foster, Nouvel, Bofill, Wilmotte ou Kurokawa  valaient, en termes de notoriété, tous les festivals Trenet du monde, par exemple.

Un « quadripôle » narbonnais!

   

« Quatre pôles ont été mis en place dans le cadre du renforcement de l’organisation et de la conduite du changement du Grand Narbonne. » C’est une gazette locale qui nous l’annonce en grande pompe, comme s’il s’agissait d’une information capitale pour l’avenir de notre territoire. Et le journaliste commentateur des actes administratifs de la Communauté d’Agglomération de nous présenter… un organigramme ! A Monsieur…, le pôle « ressources humaines », Monsieur…, celui de  «  l’aménagement du territoire », etc. Des pôles de circonstances- quatre – plutôt que d’intérêts ou de compétences nouvelles, qui masquent en réalité un petit jeu de chaises musicales pour caser un transfuge de la mairie ! Pas de quoi bouleverser l’économie locale, intensifier son dynamisme et attirer de nouvelles entreprises  créatrices d’emplois, quand même ! Cela seul nous intéresse, nom d’une pipe ! et cela seul devrait intéresser nos localiers. Quant aux mouvements du personnel de la Collectivité, son journal et son service communication suffisent largement à en faire la promotion. Comme du reste d’ailleurs ! Il est vrai que je ne le lis pas ; mais ce n’est pas une raison pour que l’Indépendant s’en fasse le relais. Non, mais !

Sur la prospective régionale.

   

Le dernier paragraphe de l’entretien accordé par J.P Volle au Midi libre de ce jour :

« La dynamique de métropole exige un cœur métropolitain de Sète à Lunel, c’est là que ça se passe tous les jours. Montpellier a su construire une image qui permet de penser qu’elle est attractive parce qu’elle a un plus. Pour cela, il faut que les entités fonctionnent en même temps. Dans le contexte politique actuel, on ne sait plus trop. L’idée de métropole doit pouvoir relancer une mécanique de débat d’idées et de projets. Dès à présent, il faut mettre en place des systèmes de gouvernance pertinents et efficaces sur les grands équipements, les grandes infrastructures et sur le fonctionnement quotidien. Si l’on continue de penser que cela se fait naturellement et que tout ira bien, je crois au contraire que tout ira mal. Cette mécanique métropolitaine permettra au Languedoc-Roussillon de se retrouver en 2030 avec une existence reconnue. »

Que j’ai commenté, en lui rappelant, Jean Paul Volle est un vieil ami, le document de prospective réalisé fin 80, dont Roger Brunet avait assuré l’animation scientifique et moi même la coordination des travaux.

 

Dans « Stratégie 2000 », donc, page 19, et ici en ligne, on peut lire également , sous le titre : Deux images du Languedoc-Roussillon en France et en Europe, ceci :

 

 

« Ces deux images ne revendiquent pas l’authenticité d’une méthode scientifique. L’ambition est plus modeste : mettre en perspective certains risques et certains atouts ; mesurer l’ampleur des défis à relever.

1 –    Le Scénario « prolongement des tendances actuelles »

 

Si les tendances constatées se prolongent sur les 15 ans à venir, dans un contexte économique international où la croissance se stabilise à son niveau actuel, et qu’aucune variable ne joue de rôle déterminant, on constatera les phénomènes suivants :

 

·      La croissance démographique, issue d’un solde migratoire positif, la création d’emplois, principalement dans le tertiaire, et la création d’entreprises se maintiennent à un rythme élevé par rapport à la moyenne française, mais l’augmentation de la population  active, corrélativement plus forte, aggrave la situation de l’emploi.

 

·      L’essentiel de la population supplémentaire, de l’emploi et des activités se fixe sur la partie orientale du littoral. La position, déjà acquise, de l’axe Montpellier-Nîmes se renforcera inéluctablement, mais dans des conditions difficiles : ségrégation spatiale emploi/habitat, problèmes d’organisation des transports, pressions foncières et sur l’environnement…

 

·      A cette augmentation du poids relatif de l’Est du littoral dans l’armature urbaine régionale, s’ajoute la poursuite du mouvement de retrait des activités et des hommes dans les zones de montagne et l’espace rural (PAC…). Les terres et villages « libérés » posent de redoutables problèmes de gestion : entretien, valorisation, protection etc…

 

En 2000-2015 les déséquilibres économiques, les divisions sociales et spatiales du Languedoc-Roussillon s’aggravent. La cohésion politique est menacée.

 

2 –    Le scénario souhaitable

 

La croissance économique nationale s’établit à un rythme plus élevé. Le mouvement de décentralisation d’institutions ou d’organismes publics d’enseignement et de recherche se poursuit et s’accélère.

 

·      La création d’emplois dans le tertiaire (du fait du maintien de la croissance démographique) et surtout la création d’emplois dans le secteur productif tendent à limiter la demande d’emploi régionale. Plus précisément, c’est le tertiaire supérieur qui connaît la croissance la plus forte et la plus rapide (chercheurs, enseignants-chercheurs…).

 

·      Dans les nouveaux arrivants, la part des personnes âgées est un peu plus importante. Des structures d’accueils (habitats), des services, et donc des emplois particuliers (santé, sport…) sont créés

 

·      L’allongement de la saison touristique et la commercialisation de nouveaux produits (tourisme culturel, tourisme rural…) induisent de nouveaux métiers… »

 

Nous sommes en 2012, et toujours, hélas, dans le premier scénario…


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