Contre-Regards

par Michel SANTO

L’offense aux Rois de Majorque.

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Une image, une seule pour symboliser l’arrogante vulgarité du  » politique « . Sa paranoïa! Il paraît même que cet emplâtre est éclairé la nuit par trois grands projecteurs.Un comble! Ainsi va l’histoire qui du Palais des Rois de Majorque en fait désormais celui d’un Roitelet de Conseil Général. On n’arrête pas le progès! celui de la bêtise et de la laideur.

 

On fête quoi exactement?

 

Le 10 mai 1981, une foule en liesse, place de la Bastille, croyait qu’enfin « la vie

allait changer ». La vie, que ça ! Une vie qui ne serait plus triste comme les yeux

de celui qui de bonheur parlait. Mais les poètes ont toujours raison et ce soir là

sur cette même place Louis Aragon s’étonnait : « On fête quoi exactement ? ».

Actualité de Chateaubriand.

 

 

Mes pages :

Celle ci, de Chateaubriand. Qui n’est pas sans résonances avec l’actualité…

 

« Paris, décembre 1821. Société. – Aspect de Paris.

Lorsqu’avant la Révolution, je lisais l’histoire des troubles publics chez divers peuples, je ne concevais pas comment on avait pu vivre en ces temps-là ; je m’étonnais que Montaigne écrivît si gaillardement dans un château dont il ne pouvait faire le tour sans courir le risque d’être enlevé par des bandes de ligueurs ou de protestants. La Révolution m’a fait comprendre cette possibilité d’existence. Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes. Dans une société qui se dissout et se recompose, la lutte des deux génies, le choc du passé et de l’avenir, le mélange des mœurs anciennes et des mœurs nouvelles, forment une combinaison transitoire qui ne laisse pas un moment d’ennui. Les passions et les caractères en liberté, se montrent avec une énergie qu’ils n’ont point dans la cité bien réglée. L’infraction des lois, l’affranchissement des devoirs, des usages et des bienséances, les périls même ajoutent à l’intérêt de ce désordre. Le genre humain en vacances se promène dans la rue, débarrassé de ses pédagogues rentré pour un moment dans l’état de nature, et ne recommençant à sentir la nécessité du frein social, que lorsqu’il porte le joug des nouveaux tyrans enfantés par la licence. »

 

Inconfort moral et hypocrisie politique.

 

Ségolène Royal ce dimanche: « L’immigration clandestine, même si on aurait envie de faire plaisir à tout le monde et d’accueillir tout le monde, n’est pas possible parce que cela pèserait encore sur les conditions de travail et de vie des gens déjà les plus défavorisés de notre société. » Tout en préconisant quand même un examen au cas par cas.

Une position finalement pas si isolée au sein du Parti socialiste. Ainsi Sandrine Mazetier, la secrétaire du PS à l’immigration, préconise-t-elle un « accueil temporaire » suivi d’un traitement personnalisé des personnes immigrées…

Un modèle d’ambiguïté qui permet, dans un seul mouvement et après un grand coup de menton autoritaire : le refus de l’immigration clandestine, d’offrir un visage humanitaire et  accueillant : le traitement au  » cas par cas « .

Une posture politique aussi d’une hypocrisie absolue dans laquelle se mêlent inconfort moral et opportunisme électoral. Un mélange détonant qui décrédibilise toute parole publique. Et on feint ensuite de brandir la menace « populiste » !… (1)

Ah ! que je vous dise aussi :  »  les martinets sont de retour « . Depuis une semaine, matin et soir, ils sillonnent en bandes le ciel narbonnais…

(1)  je profite de la circonstance pour saluer ici Manuel Valls et encourager ceux qui me lisent à lire son dernier ouvrage:  » Sécurité « . Pour en avoir une idée, voir l’article que lui consacre P.Bilger sur son site.

 

Duflo ( pas la verte ) au Top Time.

 

Le magazine « Time » publie son top 100. Quatre français figurent au classement : Nicolas Sarkozy, Jean Claude Trichet, Esther Duflo et…Marine Le Pen !, qui n’est devancée (largement), dans la catégorie des femmes politiques, que par Angela Merkel. Inutile de préciser que c‘est  la première fois que cet hebdomadaire américain classe parmi les 100 personnes plus influentes dans le monde, une personnalité classée à l’extrême-droite de l’échiquier politique français. On se souvient qu’une pétition lancée récemment par quelque milliers d’intellectuels  avait réussi à sortir Céline de la liste des écrivains dont la République devait s’honorer. Je m’attendais donc à un vaste mouvement d’indignation nationale lancé par les mêmes afin d’envoyer les forces de police vider les kiosques de la capitale de tous les numéros de cet hebdomadaire aussi complaisamment flatteur à l’égard de cette sulfureuse dame. D’où mon étonnement devant le mutisme des mêmes pourtant si prompts à dévoiler chez tout réfractaire à la pensée « Joffrin », au mieux un réactionnaire à la Gallo-Finkielkraut, au pire un néo-fasciste déclaré. Mais trêve de plaisanterie, et réjouissons  nous plutôt de voir Madame Duflo, pas la verte, classée au 46 émue rang de ce Top mondial. Cette jeune économiste, si peu médiatisée dans un pays comme le nôtre où l’on confond si souvent la profondeur d’une pensée aux paillettes d’un look, est spécialisée dans la lutte contre la pauvreté et jouit dans le monde entier d’une grande estime chez ses pairs. Au point d’avoir été reçu au Collège de France pour y donner un cycle de conférences fort prisées pour une discipline aussi peu tendance. Une réputation internationale incontestée que le « Time » consacre et qui, je l’espère, la fera mieux connaître de nos concitoyens. Pour cela, et seulement pour cela, qui n’est pas rien, félicitons-nous de ce classement réalisé par le magazine américain et déplorons encore une fois l’ignorance des nôtres…

                                                                                                    

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