Mieux vaut un « ave ! » qu’une volée de matraques.
Une note interne de leur direction supprime le quart de vin ou la bière lors des repas, et les CRS protestent.
Une note interne de leur direction supprime le quart de vin ou la bière lors des repas, et les CRS protestent.
Un chauffard sans permis, ivre et récidiviste, tue trois personnes au volant de son bolide. Et sur les écrans de nos téléviseurs coulent en boucle les larmes des parents et amis des victimes. Comment ne pas participer à cette douleur et résister à l’instinct commun qui réclame vengeance ? Et s’effrayer aussi d’hommes « politiques » réclamant la prison à vie, auxquels la foule, toujours insatisfaite, répond: « A mort ! ».
Un train de tunisiens bloqué en gare de Vintimille et nous voilà envahit, nous dit la rumeur publique, par des hordes barbares. Devant des micros, des voix martiales promettent un coup de frein sur l’immigration légale et un coup de pied sur la porte Schengen. Et la foule ennivrée de crier : « Qu’ils restent chez eux ! »
Cette violence rhétorique, nous allons devoir la subir pendant près de deux ans. Deux ans de schématisme, d ’hypocrisie et d’outrances propres aux campagnes électorales. Et des Ponce Pilate, comme toujours, s’en laveront les mains.
Allez ! Joyeuses Pâques pour les esprits libres !
Extrait: « Au-delà d’une conception rationaliste du vivre ensemble et du contrat social, l’émotion a sa place dans notre société. Je me suis dit que le président Sarkozy suscite tellement d’émotions et de haine que cela vaudrait le coup de voir ce qu’il y a derrière. »
Le lendemain des élections cantonales, le 23 mars précisément, j’écrivais ceci : « C’est dire que loin d’être un phénomène conjoncturel et spécifiquement français, la montée des conservatismes culturels et politiques a une dimension mondiale que le FN, entre autres, ici, exprime et exprimera encore durablement dans notre champ politique en l’absence d’un véritable sursaut républicain. Croire qu’en recentrant le discours et l’offre politique sur la gestion des déficits et la relance de l’économie et de l’emploi la bulle « Marine » se dégonflera, c’est se tromper dramatiquement sur les raisons de son expansion. Mais n’est-il pas déjà trop tard, pour 2012 ? »
Et aujourd’hui, je constate, qu’en Finlande, les conservateurs, membres de l’alliance gouvernementale sortante, ont remporté une victoire étriquée aux législatives où les nationalistes ont réalisé une percée historique en devenant la troisième force politique du pays. Sur les 200 sièges du Parlement, la commission électorale en a octroyé 44 à la Coalition nationale (conservateurs), 42 au Parti social-démocrate (SDP) qui était dans l’opposition et 39 aux nationalistes de droite Vrais Finlandais. Un résultat , pour un parti qui défend les mêmes thèses que le FN de Marine Le Pen, supérieur à celui que leur avaient laissé espérer les sondages.
Diagnostic confirmé! Et maintenant, saurons nous réagir?
Ce paragraphe extrait des Essais de Montaigne sur le bon usage des citations, que j’adresse à l’ami Gilles qui, un soir, su m’écouter:
« Qu’on regarde en ce que j’emprunte si j’ai su choisir quelque chose qui rehausse ou appuie convenablement le reste, qui lui, est bien de moi. Car je fais dire aux autres, non pas d’abord, mais ensuite, ce que je ne parviens pas à dire aussi bien, à cause de la faiblesse de mon langage, ou de mon esprit. Je ne compte pas mes emprunts : je les soupèse. Et si j’avais voulu les faire valoir par leur nombre, j’en aurais mis deux fois plus. Ils viennent tous, ou fort peu s’en faut, de noms si fameux et si anciens qu’ils me semblent se nommer d’eux-mêmes, sans avoir besoin de moi. Dans les raisonnements, comparaisons et arguments, si j’en transplante dans mon propre champ, pour les mélanger aux miens, je cache parfois volontairement le nom de leur auteur,pour freiner la témérité de ces critiques hâtives, que l’on profère à propos de toutes sortes d’écrits, et notamment récents, œuvres d’hommes encore vivants et écrites dans la langue « vulgaire », celle d’aujourd’hui, ce qui permet à tout un chacun d’en parler,et qui semble donner à penser que la conception et le dessein de l’œuvre elle-même sont, eux aussi, vulgaires. Je veux que ces gens-là croyant me donner une pichenette sur le nez la donnent en fait sur celui… de Plutarque ! Et qu’ils se ridiculisent à injurier Sénèque à travers moi. Il me faut bien dissimuler ma faiblesse sous ces grandes autorités. »